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Boris Gobille

Maître de conférences, Science politique.

Triangle : Action, Discours, Pensée Politique et Économique — TRIANGLE
Ecole Normale Supérieure de LyonTriangle : Action, Discours, Pensée Politique et Économique

Actualités scientifiques

Colloque
16 nov. 2017 · Lyon
Colloque
23 mai 2017 · Paris

Publications scientifiques

  • Thèse

    THESE
    Crise politique et incertitude : régimes de problématisation et logiques de mobilisation des écrivains en mai 68, soutenue en 2003 à Paris EHESS sous la direction de Bernard Pudal 

    La thèse propose une contribution à l'analyse des événements de mai-juin 1968 en France. Sous l'angle d'une socio-histoire du temps court, elle prend pour objet les répertoires et les logiques d'action collective des écrivains dans la crise, en les resituant à la fois par rapport à la dynamique spécifique des événements et par rapport aux trajectoires et aux positions sociales, politiques et littéraires des auteurs engagés. En construisant la notion d'événement comme " rupture d'intelligibilité ", elle place au cœur de l'analyse la rencontre entre l'incertitude de la vie d'écrivain, mise en lumière par la sociologie des professions artistiques, et l'incertitude tactique et cognitive caractéristique des crises politiques. Elle entend ainsi repérer les imaginaires lettrés et la critique artiste qui façonnent à la fois le sens que les écrivains confèrent à des événements largement inattendus et les formes qu'ils donnent à leurs mobilisations.

  • Ouvrages

    Boris Gobille, Le mai 68 des écrivains: crise politique et avant-gardes littéraires, CNRS éditions, 2024, Culture & société, 400 p.  

    Mai-Juin 68 : la contestation saisit des pans entiers de la société française, des lycéens aux étudiants, des ouvriers aux employés, des cadres aux acteurs de la culture. Facultés, usines, institutions occupées se transforment en une immense scène où tout est passé au crible de la critique : exploitation, aliénation, gaullisme, normes sociales, hiérarchies, domination, autorité. Cette gigantesque prise de parole est marquée par une créativité inédite. « Tous créateurs ! », dit d'ailleurs un slogan, « Écrivez partout », renchérit un autre. Roland Barthes célèbre la « parole sauvage » de Mai, Michel de Certeau observe qu'« une foule est devenue poétique ». Difficile pour les écrivains, en particulier d'avant-garde, de rester à l'écart de ce grand ébranlement de l'ordre symbolique... C'est à ces avant-gardes littéraires qu'est consacrée l'étude de Boris Gobille. Durant ces semaines de fièvre, elles descendent dans la rue, multiplient les prises de position publiques, forment des collectifs et expérimentent de nouvelles articulations entre écriture et « révolution »... Autant d'enjeux explorés dans cet ouvrage qui revisite la question de l'engagement de la littérature et de la responsabilité des écrivains face aux événements politiques de leur temps. On y croisera des surréalistes, des existentialistes, des structuralistes, des communistes, des « gauchistes », des revues comme Tel Quel, Change, Action poétique, Les Lettres Françaises, La Nouvelle Critique, mais aussi Sartre, Beauvoir, Aragon, Sollers, Faye, Roubaud, Pingaud, Blanchot, Duras, Mascolo - parmi tant d'autres plus ou moins obscurs, plus ou moins renommés, tous acteurs de cette singulière aventure qui vit les écrivains s'emparer de 68 et 68 s'emparer des écrivains

    Boris Gobille, Ludivine Bantigny, Quentin Deluermoz, Laurent Jeanpierre, Eugenia Palieraki (dir.), Une histoire globale des révolutions, La Découverte, 2023, Histoire-Monde, 1197 p.  

    « La révolution est terminée. » À la fin du siècle dernier, la formule a fait date. Mais rien n'était plus faux. Il suffit, pour s'en convaincre, de déplacer le regard hors des régions occidentales, à Tunis, Alger, Hong Kong ou Téhéran. Étendre dans l'espace mais aussi dans le temps, bien avant le XVIIIe siècle, l'enquête sur les révolutions, en montrer les dynamiques transnationales, les échos, les reprises, les « modèles » comme les singularités, telle est l'ambition de cette histoire globale.Rédigés par des spécialistes du monde entier, ses chapitres explorent la richesse de l'histoire révolutionnaire, mettent en lumière des révolutions moins connues et arpentent des géographies inédites traversant tous les continents. La Révolution française, les révolutions atlantiques et le Printemps des peuples côtoient les révoltes anticoloniales indiennes, les mouvements populaires de Corée ou du Japon et les grands soulèvements latino-américains ; les Révolutions russe et chinoise ne font pas oublier les révolutions d'indépendance, notamment africaines, ni les rebellions multiples qui émaillent un monde en perpétuelle effervescence.Affranchie de ses bornes classiques, l'archive révolutionnaire livre des interrogations neuves et des recherches fructueuses. Le rôle de la spiritualité et de la religion, des empires et des nationalismes, de l'économie et de l'État, de l'environnement et du climat, est ainsi exposé à des lumières plus vives, tout comme les protagonistes, notamment les femmes, la paysannerie, le monde ouvrier... Et dès lors, comment passe-t-on à l'acte ? Comment vivent dans l'extraordinaire des jours de soulèvement, celles et ceux qui y participent ?Au terme du parcours, les jugements péremptoires et polarisés sur les vertus et les vices de la révolution ressortent fragilisés ; le bilan des révolutions acquiert des contours plus nets - et leur avenir même peut être mieux apprécié

    Boris Gobille, Pascal Bonnard, Dorota Dakowska (dir.), Faire, défaire la démocratie: De Moscou, Bogota et Téhéran au Conseil de l’Europe, Editions Karthala, 2022, 342 p.  

    Cet ouvrage part d'un paradoxe d'une brûlante actualité : alors que les régimes autoritaires tendent à se durcir et que les libertés publiques sont de plus en plus remises en question dans les démocraties libérales, le formalisme démocratique (norme électorale, expression de la « société civile », dispositifs participatifs, etc.) continue d'être très largement mobilisé comme source de légitimation interne et internationale. À partir d'enquêtes menées sur les pratiques d'une grande diversité de pays (Algérie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Colombie, France, Iran, Pologne, Russie, Turquie), les contributions rassemblées ici donnent à voir comment la norme démocratique, tout en demeurant incontournable, se trouve dans bien des cas affaiblie sinon vidée de sa substance à mesure qu'elle recouvre des formes plus ou moins raffinées de surveillance et de contrôle. Apparaît ainsi le brouillage contemporain de la frontière entre autoritarisme et démocratie, auquel les démocraties et les organisations internationales prêtent parfois leur concours lorsqu'elles sont amenées à en rabattre sur leurs standards

    Boris Gobille, Brigitte Gaïti, Nicolas Mariot, Thomas Bénatouïl, François Buton [et alii], Intellectuels empêchés: ou comment penser dans l'épreuve, ENS Éditions, 2021, Sociétés, espaces, temps, 288 p.  

    Boris Gobille, Ludivine Bantigny, Déborah Cohen (dir.), La chair du politique, Anamosa, 2020, 175 p. 

    Boris Gobille, Bruno Frère, Sébastien Fontaine, Patrick Italiano, Marc Jacquemain [et alii], Mai 68 et les sciences sociales: la lutte continue hommages à Marc Jacquemain, Presses Universitaires de Liège, 2020, Série sciences politiques et sociales, 171 p. 

    "Ce livre rassemble des contributions inédites sur la révolution "Mai 68". On y retrouve des historiens, philosophes, sociologues ou politologues spécialistes de longue date de l'événement qui écrivent cette fois avec un demi-siècle de recul. Le monde dans lequel nous vivons, constatent-ils, a depuis radicalement changé. Certains thèmes, chers aux soixante-huitards, font aujourd'hui partie du lexique classique du cadre moderne, à l'aise dans la mondialisation (la créativité, l'innovation, la réalisation de soi, l'anticonformisme, etc.). Mais d'autres thèmes s'avèrent difficilement digérables par le capitalisme et réémergent dans les expériences très contemporaines qu'évoquent nos auteurs : Zones d'autonomie à défendre, Gilets Jaunes, nouvelles luttes féministes (phénomène "me-too", etc.). Ainsi en est-il par exemple de la critique de l'exploitation des ressources (qu'elles soient "humaines" ou naturelles) et de la course à la croissance. Les crises récentes (comme celle de 2008) ont aussi stimulé la plume de certains contributeurs, là ou d'autres encore se sont penchés sur les inflexions progressistes que les mouvements sociaux inspirés de "l'esprit 68" ont permis dans le droit (des femmes, des minorités sexuelles ou raciales, etc.). En un mot comme en cent, cet ouvrage scrute les traces encore vives de Mai 68. Mais il le fait sans pour autant ignorer que bien des dimensions de la contestation soixante huitarde servent aujourd'hui la libéralisation sauvage de tous les marchés, l'affaiblissement de l'Etat "social" et la soumission de toutes choses au marketing (l'art, les loisirs, la culture...). Son principal intérêt, outre qu'il ne verse ni dans l'angélisme ni dans la critique réactionnaire de "Mai 68", est probablement de faire en permanence le lien entre l'événement et des phénomènes sociaux, politiques ou économiques récents tout à fait majeurs. Ce qu'aucun ouvrage sur ce thème n'a plus fait depuis longtemps. Or, indéniablement, Mai 68 est à inscrire dans l'histoire des grands événements démocratiques, aux côtés de la révolution de 1789, de la Commune de Paris ou encore des Printemps arabes, dont notre époque reste l'écho."

    Boris Gobille, Christelle Dormoy-Rajramanan, Érik Neveu (dir.), Mai 68 par celles et ceux qui l'ont vécu, Éditions de l'Atelier / Editions ouvrières, 2018, 477 p. 

    Boris Gobille, Mai 68, La Découverte, 2018, Repères (Histoire), 127 p.  

    Boris Gobille, Ludivine Bantigny, Eugenia Palieraki (dir.), Les années 1968: circulations révolutionnaires, Presses Universitaires de Rennes, 2017, 269 p. 

    Boris Gobille, Quentin Deluermoz (dir.), Protagonisme et crises politiques, De Boeck, 2015, 259 p. 

    , Ce que les crises font (faire) aux sciences sociales: débat du 5 février 2015, École des hautes études en sciences sociales, 2015, 1 p.  

    Boris Gobille, Mai 68, La Découverte, 2011, Repères, 120 p.  

    Boris Gobille, Sophie Béroud, Abdellali Hajjat, Michelle Zancarini-Fournel (dir.), Engagements, rébellions et genre dans les quartiers populaires en Europe, 1968-2005, Éditions des archives contemporaines, 2011, 212 p. 

    Boris Gobille, Dominique Damamme, Frédérique Matonti, Bernard Pudal (dir.), Mai-juin 68, Les Éditions de l'Atelier, 2008, 445 p. 

    Boris Gobille, Dominique Viart, Écrire, mai 68, Argol, 2008, Écritures, 299 p. 

    Boris Gobille, Bernard Pudal, Crise politique et incertitude: régimes de problématisation et logiques de mobilisation des écrivains en mai 68,, 2003, 814 p. 

    La thèse propose une contribution à l'analyse des événements de mai-juin 1968 en France. Sous l'angle d'une socio-histoire du temps court, elle prend pour objet les répertoires et les logiques d'action collective des écrivains dans la crise, en les resituant à la fois par rapport à la dynamique spécifique des événements et par rapport aux trajectoires et aux positions sociales, politiques et littéraires des auteurs engagés. En construisant la notion d'événement comme " rupture d'intelligibilité ", elle place au cœur de l'analyse la rencontre entre l'incertitude de la vie d'écrivain, mise en lumière par la sociologie des professions artistiques, et l'incertitude tactique et cognitive caractéristique des crises politiques. Elle entend ainsi repérer les imaginaires lettrés et la critique artiste qui façonnent à la fois le sens que les écrivains confèrent à des événements largement inattendus et les formes qu'ils donnent à leurs mobilisations.

  • Articles

    Boris Gobille, « La parabole du Fils retrouvé. Remarques sur le deuil de 68 et la génération 68 », Lyon : ENS Editions, PERSÉE : Université de Lyon et CNRS & ENS de Lyon, 1998, pp. 27-41  

    LA PARABOLE DU FILS RETROUVE. REMARQUES SUR LE « DEUIL DE 68 » ET « LA GENERATION 68 » Dans « Port-Soudan », l'ех-maoïste Olivier Rolin explore deux figures du deuil de Mai 68. A travers leurs itinéraires de reconversion, il accomplit son propre travail de deuil et s'efforce de pacifier une identité tiraillée, hantée par l'hypothèse de la trahison. Sa figure biographique, reprise par une large réception critique, est celle du renoncement sans reniement. Une entreprise de célébration du « Fils retrouvé » s'enclencherait-elle ?

    Boris Gobille, « La mémoire à demi-mots. Analyses d'une commémoration impossible », Paris : Éditions Belin, PERSÉE : Université de Lyon et CNRS & ENS de Lyon, 1997, pp. 95-110  

    ■ Boris Gobille: La mémoire à demi- mots. Analyses d'une commémoration impossible À partir du compte rendu d'une enquête ethnographique menée à Ivry-sur-Seine en 1995, l'auteur montre comment l'enquête impose un double déplacement d'objet: de la mémoire ouvrière de mai 1968, l'intérêt s'est porté sur la mémoire des anciens ouvriers de SKF, centrée sur la reprise de l'usine par les CRS en juin 1985 ; partie du concept polysémique de mémoire, l'enquête a conduit à l'analyse des diverses modalités pratiques de la remémoration qui se révèlent au cours des entretiens et lors d'une cérémonie officielle. La commémoration observée le 3 juin 1995 fait elle-même l'objet d'une double lecture: l'analyse des menues interactions qui peuplent le stand SKF; le rappel des conflits de juin 1985 qui rendent impossibles les récits indigènes de cet événement.

  • Comptes rendus

    Boris Gobille, Luc Boltanski, Eve Chiapello, Le Nouvel Esprit du Capitalisme, Paris : Éditions Belin, PERSÉE : Université de Lyon et CNRS & ENS de Lyon, 2000, pp. 166-167  

    Gobille Boris. Luc Boltanski, Eve Chiapello, Le Nouvel Esprit du Capitalisme. In: Genèses, 38, 2000. Figures de l'exil, sous la direction de Francine Soubiran-Paillet. pp. 166-167.

  • Communications

    Boris Gobille, « La démocratie à l'épreuve de l'autoritarisme », le 16 novembre 2017 

    Organisé sous la coordination scientifique de Pascal Bonnard, UJM, Triangle ; Dorota Dakowska, Lyon 2, IUF, Triangle ; Boris Gobille, ENS de Lyon, Triangle, avec l’appui de Marie Laure Geoffray, Université Sorbonne Nouvelle – IHEAL

    Boris Gobille, « Des idées et des partis », le 23 mai 2017 

    Sous la responsabilité scientifique de Thibaut Rioufreyt, Docteur en science politique, Laboratoire Triangle/Lyon

  • Multimédia

    Boris Gobille, Boris Gobille, ENS de Lyon, (2008, 22 mai), 02 - Ouverture du colloque Mai 68 en quarantaine, in Mai 68 en quarantaine, [Vidéo], Canal-U, https://doi.org/10.60527/3eme-tn94, (Consultée le 26 octobre 2025).  

    Boris Gobille, Boris Gobille, ENS de Lyon, (2008, 24 mai), 38 - Clôture du colloque Mai 68 en quarantaine, in Mai 68 en quarantaine, [Vidéo], Canal-U, https://doi.org/10.60527/enpp-gz67, (Consultée le 26 octobre 2025).  

    Boris Gobille, Boris Gobille, Mattei Dogan, Xavier Vigna, ENS de Lyon, (2008, 22 mai), 05 - Discussion, in Mai 68 en quarantaine, [Vidéo], Canal-U, https://doi.org/10.60527/hx8x-zk42, (Consultée le 26 octobre 2025).  

    Boris Gobille, Boris Gobille, ENS de Lyon, (2008, 22 mai), 07 - Quand des paysans deviennent soixante-huitards ., in Mai 68 en quarantaine, [Vidéo], Canal-U, https://doi.org/10.60527/asps-tj19, (Consultée le 26 octobre 2025).  

    Boris Gobille, Boris Gobille, Catherine Achin, Delphine Naudier, Isabelle Sommier, ENS de Lyon, (2008, 22 mai), 09 - Discussion, in Mai 68 en quarantaine, [Vidéo], Canal-U, https://doi.org/10.60527/t4q4-fr40, (Consultée le 26 octobre 2025).  

    Boris Gobille, Boris Gobille, ENS de Lyon, (2008, 22 mai), 14 - La question de l’autorité et la restauration symbolique, in Mai 68 en quarantaine, [Vidéo], Canal-U, https://doi.org/10.60527/27sv-6458, (Consultée le 26 octobre 2025).  

    Boris Gobille, Boris Gobille, ENS de Lyon, (2008, 22 mai), 16 - Débat autour du thème de la question de l'autorité et la restauration symbolique, in Mai 68 en quarantaine, [Vidéo], Canal-U, https://doi.org/10.60527/wqcv-xf87, (Consultée le 26 octobre 2025).  

Encadrement doctoral

  • Membre du jury

    Gil Daniel, Ateliers populaires, impression artisanale, militante, collective et anonyme pendant le printemps 1968 et ses suites, soutenue en 2023 à Rennes 2 sous la direction de Leszek Brogowski présidée par Catherine de Smet, membres du jury : Valérie Mavridorakis (Rapp.), Laurence Corbel   

    Dès le début du mois de mai 1968 se développait un vaste mouvement d'occupation des lieux d'étude et de travail, bases d'appuis de la plus grande grève de l'histoire du pays. À l'École des beaux-arts de Paris on installait presque immédiatement un atelier d'impression artisanale - l'atelier populaire - qui y a produit plus de trois cents affiches différentes, inondant les rues du Quartier Latin et les lieux du mouvement. On y accueillait des dizaines de personnes : artistes, étudiants et étudiantes en architecture et en peinture, grévistes de différentes corporations, membres de la bohème, révolutionnaires maoïstes ou anarchistes, etc. Tous et toutes participaient, à des degrés divers, à la production ou à la diffusion des tirages. L'organisation y était collective, la signature individuelle abolie, les gestes partagés dessinaient une façon particulière de créer. Sans tarder, d'autres groupes s'installaient sur son modèle et prolongeaient cette dynamique de production d'affiches partout en France. L'événement modifia durablement les pratiques des artistes et des groupes militants et inscrivit dans le temps l'impression artisanale dans le répertoire d'action des organisations de base du mouvement social. L'enjeu de ce travail est de dessiner les contours de cette pratique et, ce faisant, de définir l'expression « atelier populaire » et ses enjeux. Pour cela, il faut comprendre quel était le fonctionnement des ateliers, leurs démarches politiques, leurs compositions, et la répartition des tâches en leur sein, ainsi que le rôle qu'ils avaient dans le large paysage des formes d'expression du mouvement.

    Antoine Aubert, Devenir(s) révolutionnaire(s) : enquête sur les intellectuels marxistes en France (années 1968 - années 1990) contribution à une histoire sociale des idées, soutenue en 2020 à Paris 1 sous la direction de Frédérique Matonti présidée par Laurent Jeanpierre, membres du jury : Annie Collovald (Rapp.), Jean-Numa Ducange (Rapp.), Gisèle Sapiro   

    Comment expliquer que les idées « révolutionnaires » soient devenues si influentes dans les années ouvertes par la crise de Mai-Juin 1968 ? Et comment expliquer leur effondrement ? Qui furent les « intellectuels marxistes » en France au cours des années 1968-1981 ? Et que sont-ils devenus au cours des années 1980, traditionnellement décrites comme celles de la « crise » et du grand retournement ? Cette thèse, qui se revendique de l’histoire sociale des idées politiques, entend apporter des réponses à ces questions à travers une enquête reposant à la fois sur des entretiens, sur des archives (d’intellectuels, d’éditeurs, d’institutions, privées), sur l’analyse de nombreux ouvrages et sur des analyses statistiques. Plus précisément, le choix opéré a été d’étudier principalement trois éditeurs « marxistes » de la période : Maspero, Anthropos, et les Éditions Sociales. En prenant cette porte d’entrée pour saisir la réalité de la vie intellectuelle « révolutionnaire » entre les années 1968 et ses évolutions jusque dans les années 1990, cette thèse s’intéresse à la réalité de la production de 1700 ouvrages « marxistes », à la circulation et à la réception des idées « révolutionnaires » dans les années 1968-1981, à la sociologie de 813 intellectuels « révolutionnaires » et à leurs modalités d’engagements. Dans le même temps, en étudiant le « destin » de cette population d’intellectuels au cours des années 1980, ce travail se donne les moyens d’étudier précisément les devenirs révolutionnaires et les « vies ultérieures » des années 1968, à savoir les façons dont ces idées et ces engagements se transforment dans l’après-1981. En tenant ensemble ces deux décennies à partir de la même population de 813 intellectuels « révolutionnaires », ce travail contribue à écrire une histoire sociale des marxismes français.