• THESE

    La controverse autour de l'embryon en France de l'apparition de la fécondation in vitro en 1978 au vote des lois de bioéthique de 1994 : une approche argumentativiste des croyances éthiques, soutenue en 2008 à Paris Institut détudes politiques sous la direction de Jean-Marie Donegani 

  • David Smadja, Luc Semal, Mathilde Szuba, Lire la pensée écologique, SciencesPo, Les Presses, 2023, 104 p. 

    David Smadja, Laurent Robert Godmer (dir.), Penser le politique par le film, Éd. de la Maison des sciences de l'homme, 2015, 91 p. 

    David Smadja (dir.), Cinématographie du politique, Presses de Sciences Pô, 2010, 139 p. 

    David Smadja, Bioéthique, aux sources des controverses sur l'embryon, Dalloz, 2009, Nouvelle bibliothèque de thèses (Science politique), 501 p. 

    David Smadja, La controverse autour de l'embryon en France: de l'apparition de la fécondation in vitro en 1978 au vote des lois de bioéthique de 1994, une approche argumentativiste des croyances éthiques, Atelier national de reproduction des thèses, Université de Lille 3, 2009, Lille-thèses 

    David Smadja, Jean-Marie Donegani, La controverse autour de l'embryon en France de l'apparition de la fécondation in vitro en 1978 au vote des lois de bioéthique de 1994: une approche argumentativiste des croyances éthiques,, 2008, 612 p.  

    Après la première fécondation in vitro en 1978, une controverse apparaît au sujet de la situation des embryons conçus in vitro, et plus particulièrement des embryons surnuméraires, dont le destin est plus problématique dans la mesure où ils ne sont pas destinés à être réimplantés. La question, formellement énoncée dès 1984 par le Comité consultatif national d’éthique, passe au premier plan avec son avis de décembre 1986 qui estime que «le fondement et la mesure du respect dû à l’embryon peuvent être argumentés en raison». Enfin, entre 1992 et 1994, lors de l’examen des lois de bioéthique, députés et sénateurs placent cette question au cœur du débat parlementaire et décident de restreindre la liberté de disposer des embryons in vitro. Notre recherche s’attache à expliquer le processus sociopolitique qui aboutit au vote de ces lois en éclairant les mécanismes délibératifs par lesquels s’articulent des croyances qui ressortissent à la sphère privée et, ce faisant, à rendre compte de la fabrique du modèle français de bioéthique, en tant qu’il constitue une réponse politique au contexte inédit issu de l’innovation de 1978. Plus précisément, nous visons à mettre à jour un «schéma éthique» qui associe valorisation de la protection de l’embryon et reconnaissance du caractère indécidable de sa situation. A cette fin, à l’aide du modèle argumentativiste introduit par Chaïm Perelman, nous formons l’hypothèse selon laquelle la confrontation des croyances relatives à l’embryon in vitro revêt un caractère spécifiquement rhétorique en prenant la forme d’une interaction argumentative, puis nous la vérifions partir de l’analyse des productions du CCNE consacrées à l’embryon et des débats parlementaires qui ont accompagné l’examen des lois de 1994.      

    David Smadja, Droit et argumentations à l'épreuve des situations extraordinaires, 2000 

    David Smadja, Hobbes: l'individu et le contrat social, l'auteur, 1993, 108 p. 

  • David Smadja, « « Judaïsme et pensée politique du féminin : de Levinas à Akadem. » », in Presses Universitaires de Rennes. (dir.), Les autorités religieuses face aux questions de genre. Reconfigurations contemporaines des mondes confessionnels autour des nouvelles questions sexuelles. Romain Carnac, Diletta Guidi, Guillaume Roucoux (dir.), 2019 

    David Smadja, « La mise en controverse des idées politiques : vers une histoire sociale et pragmatique de la pensée politique ? », in Les Presses du Septentrion (dir.), Vers une histoire sociale des idées politiques sous la direction de C. Gaboriaux et de A. Skornicki, Presses Universitaires du Septentrion, 1917. , 2017 

    David Smadja, Laurent Godmer, « Avant-propos : penser le politique par le film », Quaderni. Communication, technologies, pouvoir, Les éditions de la Maison des sciences de l’Homme    

    En proposant de s’intéresser aux rapports entre politique et cinéma, ce numéro aborde un champ de recherche original peu défriché en science politique. Ce dossier se situe dans le prolongement des publications de dossiers consacrés à cette question notamment dans les revues Politix en 2003 et Raisons politiques en 2010. Au vu des travaux menés dans le cadre de la 58e Section thématique du XIIe congrès de l’Association française de science politique (AFSP) qui a été organisée à Paris le 8 et l...

  • David Smadja, « Lire la pensée écologique », Raisons politiques, , 2023, n°2, pp. 5-11 

    David Smadja, « 1990-2000 : une autre réception française de Leo Strauss. Corine Pelluchon et Daniel Tanguay », Archives de Philosophie, Centre Sèvres, 2023, n°2 

    David Smadja, « Politiques de l'éthique, hégémonie médicale et pratiques de décodage des acteurs subalternes », Participations - Revue de sciences sociales sur la démocratie et la citoyenneté, De Boeck Supérieur, 2015 

    David Smadja, « La distinction public-privé à l’épreuve du débat bioéthique : le cas de la controverse sujet des embryons in vitro », Quaderni, Éditions de la Maison des Sciences de l'Homme, 2015, n°88 

    David Smadja, Laurent Godmer, « Penser le politique par le film (avec David Smadja), hiver 2014-2015, n°86, p. 5-7. », Quaderni, Éditions de la Maison des Sciences de l'Homme, 2015 

    David Smadja, « Penser la rationalisation informatique du soin : entre domination et institution », Ethica Clinica, FIHW, Namur, 2015, n°80 

    David Smadja, « Le groupe de réflexion éthique comme dispositif participatif et ordre négocié », Négociations, De Boeck Supérieur, 2014, n°21, pp. 79-91 

    David Smadja, « La boîte noire de la controverse », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2012, pp. 5-11 

    David Smadja, Laurent Godmer, Bruno Latour, « L'œuvre de Bruno Latour : une pensée politique exégétique », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2012, n°47 

    David Smadja, Laurent Godmer, « Pierre Rosanvallon : une pensée critique paradoxale ?, n°44, novembre 2011, p. 163-172. », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2011 

    David Smadja, Laurent Godmer, « Entretien avec Pierre Rosanvallon : parcours de recherche, n°44, novembre 2011, p. 173-200. », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2011 

    David Smadja, « La distinction public-privé à l’épreuve du débat bioéthique : le cas de la controverse au sujet des embryons in vitro », Quaderni. Communication, technologies, pouvoir, Les éditions de la Maison des sciences de l’Homme    

    Depuis une vingtaine d’années, le débat bio-éthique s’est durablement installé dans l’espace public des démocraties occidentales. En effet, à partir de la fin des années 1980, après une période de tâtonnement et d’hésitation, les pays d’Europe – Royaume-Uni et France au premier plan – ont suivi les États-Unis (Merchant, 2005), en inscrivant les questions relatives à la dispo­sition médicale du corps et du vivant humain sur l’agenda politique et législatif. Puis, la décennie 1990 a été ponctué...

  • David Smadja, « Notice Peuple », in P. Pascal Mbongo, François Hervoüet, Carlo Santulli, (dir.), Dictionnaire encyclopédique de l’Etat. P. Pascal Mbongo, François Hervoüet, Carlo Santulli, (dir.)., Berger-Levrault, 2014 

    David Smadja, « Notice République », P. Pascal Mbongo, François Hervoüet, Carlo Santulli, (dir.), Dictionnaire encyclopédique de l’Etat., Berger-Levrault, 2014 

  • David Smadja, L’histoire des idées politiques en débat : les enjeux épistémologiques de la contextualisation, Lecture critique sur A. Skornicki, J. Tournadre, La nouvelle histoire des idées politiques, Paris, La Découverte, 2015 (coll. Repères et. Ellen Meiksins Wood, Des citoyens aux seigneurs, une histoire sociale de la pensée politique de l’Antiquité au Moyen Âge, Lux Editeur, 2013. Ellen Meiksins Wood, Liberté et propriété, une histoire sociale de la pensée politique occidentale de la Renaissance aux Lumières, Lux Ed, Presses de Sciences Po, 2016 

  • David Smadja, « Du Néolibéralisme au Néonationalisme ? », le 28 novembre 2024  

    Journée d'études organisée par le LIPHA, UPEC

    David Smadja, « Representation, legitimacy and deliberation », le 30 septembre 2022  

    Organisé par l'Ecole Internationale d'Etudes Politiques et le Laboratoire LIPHA, Université Paris-Est Créteil.

    David Smadja, Mariana Netto, Jean-Marie Burkhardt, Eric Fiat, Michèle Guilbot, « Les nouvelles technologies au service des mobilités. Une approche prospective pour un développement éthique et socialement responsable », La ville en transformation - Approches pluridisciplinaires et nouveaux défis, Séminaire du Projet Fédérateur Ville 2050, Marne-la-Vallée, le 01 janvier 2020 

    David Smadja, « La question de l’articulation entre textes philosophiques et situations historiques: le cas d’un texte de H. Jonas produit à l’aube du développement de la bioéthique étasunienne », Congrès de l’Association française de science politique de Bordeaux, juillet 2019, BORDEAUX, le 01 juillet 2019 

    David Smadja, « Communication Dépasser la dichotomie interne-externe en histoire des idées : une proposition socio-pragmatique . », Séminaire du LIER (Laboratoire interdisciplinaire d’étude des réflexivités) La dimension idéelle de la vie sociale, organisé à Oléron en septembre 2019., OLÉRON, le 01 janvier 2019 

    David Smadja, « La place de la controverse dans les études du politique », le 18 décembre 2017  

    Colloque IDEP 2017 organisé par le LIPHA-Paris-Est

    David Smadja, « L’expérimentation démocratique vue de l’hôpital ou une participation qui ne dit pas son nom : le cas d’une association d’étudiants en formation continue en éthique dans le colloque », Colloque Les expérimentations démocratiques aujourd’hui du GIS, Participations et démocratie, Saint-Denis, le 01 janvier 2017 

    David Smadja, « La santé connectée en contextes : regard de politiste sur un outil de gestion communicationnel », Colloque IDEP 2016 "La gouvernance multiniveaux au carrefour des disciplines", Université Paris-Est , Champs-sur-Marne, le 01 janvier 2016 

    David Smadja, « Acteur et observateur de la participation éthique à l’hôpital, regard extérieur et immersion en milieu participatif », Congrès des Associations francophones de science politique (CosPof 2015), Congrès annuel de l’Association suisse de science politique (ASSP), 9 février 2015 à l’université de Lausanne (UNIL). Section thématique « Politiques publiques et management public » organisée par D. Giauque et J Fortin., Lausanne Switzerland, le 01 janvier 2015 

    David Smadja, « Pratiques de l’employabilité au prisme d’un groupe de formation continue en éthique, Nouveau management public (NMP) et éthique managériale », Congrès triennal de l’Association belge de science politique "Politiques de crise, crises du politique", Section thématique « Crise de la démocratie et nouveau management public – Discours, pratique, instrument » organisé par C. Fallon et J. Ficet., Liège Belgium, le 01 janvier 2014 

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Zaia Gomez, La chambre d'isolement en psychiatrie,symbole de l'Etat providence pour garantir les libertés, thèse en cours depuis 2025  

    Objet de controverses, la chambre d'isolement en psychiatrie, par le caractère coercitif qu'elle aurait, interroge à première vue la liberté de circuler et la dignité du patient. Ce projet de recherche s'intéresse à ces questions et aussi à la fonction politique de la chambre d'isolement. En effet, elle est le paradigme par lequel nous découvrons la place de l'hôpital psychiatrique, en tant qu'institution publique, dans le contrat social contemporain, c'est-à-dire dans la gestion de la maladie mentale et de l'ordre public. Depuis 2016, trois lois se sont succédées à son sujet, pour protéger les droits de la personne face à un compromis entre la liberté et la sûreté, et ont fini par introduire les contrôles judiciaire puis administratif. Si la chambre d'isolement reste, en psychiatrie, une pratique légale de dernier recours, dans un contexte d'auto ou d'hétéro-agressivité, réel ou potentiel, si des mesures alternatives ont échoué, la motivation thérapeutique est devenue une non-conformité et fait l'objet d'une mainlevée prononcée par le juge. Il s'agit alors de rechercher quelle place occupe une chambre d'isolement dénoncée comme délétère, et quel rôle peut aussi tenir l'hôpital psychiatrique. Par ailleurs, tenter de comprendre la fonction non thérapeutique de la chambre d'isolement dans un Etat social ne peut se réaliser sans situer la psychiatrie contemporaine et son changement de paradigme, le rétablissement en santé mentale, et sans rechercher la commande publique qui garantit la liberté du malade. Autrement dit, dans quelle mesure la chambre d'isolement en psychiatrie, sous le prisme du rétablissement, serait-elle le symbole contemporain de l'Etat providence, gardien des libertés ? Ce projet de recherche s'articule autour de trois dimensions, historique, parlementaire et locale. Les approches clinique et politique de l'isolement et de la contrainte, depuis le XIXème siècle, dévoileront de quoi la chambre d'isolement est l'héritière. Les analyses lexicale et du discours des débats des assemblées, au moment de la conception des lois sur l'isolement, et l'enquête sur l'appropriation des articles par le trinôme médico-juridico-administratif, révèleront la fonction de la chambre d'isolement, sous le prisme du rétablissement, et comment dans la continuité, l'institution psychiatrique est assignée à préserver la sûreté.

    Balbine Wandji, Racialisation et Dynamiques professionnelles, thèse en cours depuis 2025  

    Ce projet de thèse de doctorat en Science Politique a pour ambition de pallier un manque de la littérature scientifique en abordant un angle mort de la recherche académique française. Il se concentre sur le racisme envers les soignants Noirs. Il se focalise sur l'étude du racisme au sein des relations à la fois intra et interprofessionnelles dans le système de santé français. La thèse explore une tension fondamentale : celle de l'engagement professionnel humaniste des soignants face à la réalité des processus de racialisation qui opèrent entre collègues. L'analyse s'articulera autour de trois piliers théoriques, en mobilisant des concepts de la Science Politique et une approche de philosophie politique : la racialisation, le racisme, et le concept de double conscience (W.E.B Du Bois). Ces concepts sont au cœur de l'expérience vécue des soignants Noirs. Le racisme y sera analysé comme la manifestation concrète d'un contrat racial (Mills). Autrement dit, comme un principe implicite qui non seulement organise une hiérarchie au sein des établissements de santé, mais aussi contredit l'idéal universaliste de la profession. Sur le plan méthodologique, ce projet s'appuie sur une approche qualitative et compréhensive. Il combine une étude documentaire sur les processus d'intégration des soignants Noirs de France sur la période de 1960 à 1980 (Bumidom), et la collecte des récits d'expériences vécues par le biais d' entretiens semi-directifs. La recherche explora en particulière les stratégies d'adaptation développées par les soignants face à des formes de racisme ordinaire, les plaçant dans des situations affectant leur engagement et leur dignité professionnelle. L'objectif final est de rendre visible un phénomène souvent tu, afin d'en élucider les mécanismes sociaux, contribuant ainsi à l'avancement des connaissances académiques et à la formulation de recommandations pour l'action publique.

    Camille Riviere, Le soignant confronté à la grande pauvreté , thèse en cours depuis 2024  

    Le soignant confronté à la pauvreté fait face à de situations désespérées et désespérantes. Le désespoir dont nous voulons parler ici est un état existentiel qui renvoit chaque homme à son impossibilité d'être lui-même, c'est-à-dire dans la situation qui nous préoccupe, condamnant le patient à une vie misérable et maladive et renvoyant le soignant à son incapacité d'action soignante comme citoyenne. Dans notre pratique du soin dans la grande précarité, le soignant va faire, pour ainsi dire, le diagnostic de la misère en même temps que celui du désespoir qui y est attaché. Nous voudrions montrer dans notre travail que ce constat n'est pas sans issue et que le soin dans la grande précarité est porteur d'un espoir individuel et collectif. En effet, faire ce diagnostic nous fera nous mettre à l'école de sociologues et analyser la misère sous la prisme de l'habitus révélateur d'injustice et condamnant à une certaine immuabilité. En cela nous pourrons faire un parallèle avec les penseurs existentialistes pour qui l'état universel de l'homme est un désespoir tout aussi incompressible. Si l'espérance se devine en creux de la pensée des existentialistes, de même la possibilité de l'émancipation transpire chez certains sociologues. L'espoir ne serait pas si loin. Cet espoir inhérent au soin est particulièrement révélé par les situations de grande pauvreté. Il est espoir d'émancipation pour le soigné mais aussi pour le soignant. Cela vient plus largement questionner la notion de juste soin : ajusté au face à face singulier qui relie le médecin et le malade et équitable car inscrivant dans une système de santé garantissant une certaine justice.

    Michelle Van den bergh, En quête d'un rythme, thèse en cours depuis 2024 en co-direction avec Eric Fiat  

    La notion de rythme apparaît comme élément central d'un soin, et pourtant, il est rarement évoqué. Ce travail vise donc à éclaircir l'influence du rythme dans un geste de soin, que ce soit une technique parfois douloureuse comme la pose d'une perfusion ou la réfection d'un pansement, ou bien un geste de soin plus général, comme écouter et réassurer. Du simple fait de l'ambiguïté sémantique du mot rythme, il existe un mélange qui marque le lien entre des opposés. En effet, nos gestes de soin évoluent continuellement entre des ambiances différentes afin de les rendre plus délicats et sans à-coups : entre les contraintes et les moments agréables, entre le besoin d'intervenir et la possibilité d'attendre. C'est la perception de ces intensités variables qui facilite le rapprochement entre notre rythme de soin et les autres rythmes. Cependant, la considération d'un rythme qui diffère demande un effort : il faut à la fois être capable de se concentrer sur notre rythme particulier et en même temps être capable de percevoir ce qui est singulier. S'accorder entre ces différents rythmes est le point de départ d'un geste de soin. Cela permet non seulement de trouver l'intérêt d'un balancement rythmique mais également d'en faire une habitude pour tous les autres gestes de soin. Cette conscience rythmique incite à interroger notre regard dans un miroir mythologique où les tendances contraires tentent d'harmoniser leurs réponses. Dans ce projet de thèse de philosophie pratique, nous analysons la nécessité du rythme dans un contexte tel que le bloc opératoire, où, malgré la fragmentation et la technicité des actions, les individus doivent inévitablement associer leurs différences. Cette étude vise donc à rendre visible ce mouvement réfléchi qui transcende l'action individuelle pour devenir une action partagée. Cette union ne résulte ni d'une imposition, ni d'une contrainte, mais plutôt d'un désir réfléchi d'enrichir ses habitudes avec des éléments nouveaux apparus lors d'une action commune. Ainsi, nous souhaitons montrer que le rythme ne se limite pas à un concept abstrait, mais qu'il se manifeste concrètement comme une habitude contractée, c'est-à-dire une manière d'être qui ne peut rester que dynamique.

    Pierre Moy, Analyse des influences multiples dans l'argumentation du discours politique , thèse en cours depuis 2024  

    Cette thèse propose une étude des contenus argumentatifs prenant comme contexte d'énonciation le dispositif délibératif de la Convention Citoyenne Étudiante de l'université paris-est-créteil. L'ambition de cette recherche pluridisciplinaire est de mettre l'idéal délibératif au contact de sa mise en pratique, telle qu'elle se manifeste dans les délibérations. Le sujet d'étude de l'argumentation dans son cadre délibératif pourra mettre en lumière les ressorts argumentatifs de l'exercice délibératif attendu des participants, ainsi que les bagages épistémiques et politiques que ces derniers apportent avec eux et qui conditionnent leurs argumentations. En somme, ce travail porte son attention sur les processus d'obtention du consensus dans le contenu argumentatif des délibérations, ainsi que sur l'émergence d'un système d'occurrence des dissensus. Tous ces angles de recherche convergeront vers la question directrice qui est la suivante : Que peut nous apprendre l'analyse du contenu argumentatif des délibérations, sur les manières par lesquelles les citoyennes comprennent, raisonnent et argumentent les enjeux politiques, dans un processus conditionné par les circonstances de la délibération ?

    Bernadette Pyzik, LA PROFESSION D'INFIRMIERE , thèse en cours depuis 2024  

    L'objet de cette recherche consiste à tenter de comprendre le phénomène et le fonctionnement de la profession d'infirmière dans sa dimension sociale et politique, et la manière dont elle cherche sa reconnaissance ; la problématique se situant autour des enjeux de reconnaissance - reconnaissance à la fois avérée et en même temps visée comme un objectif à atteindre dans le cadre d'un processus de profesionnalisation et/ou en réponse à un contexte de déni de reconnaissance. Ces éléments correctement compris pourront conduire à l'élaboration d'un diagnostic et ensuite une proposition de stratégie politique. Autrement dit, que faire à partir de l'existant pour bâtir un projet politique ? Nous savons que l'acquisition d'une reconnaissance répond à un processus qui passe par des étapes incontournables : l'identification et la définition de spécificités, procédés, techniques et d'un langage propre à la profession, l'instauration d'une relation singulière de confiance avec le public, la confrontation obligée avec la critique des élites, la reconnaissance officielle par l'Etat et de manière juridique, enfin, la théorisation de l'art et l'universitarisation de la discipline. Ce projet de recherche s'appuie sur une stratégie de recherche diversifiée afin d'appréhender l'opérationnalisation de l'enquête de terrain et décrire de manière processuelle comme un travail collectif et continu de construction d'une nouvelle « juridiction » professionnelle. Il est saisi à travers d'une part les rapports existants entre les infirmières, leur représentation ordinale et leur environnement - leur public, les élites médicales qui les entravent ou les soutiennent et l'Etat, et d'autre part l'histoire sociale des pratiques du métier, des programmes d'enseignement, pour rendre compte des modalités de transmission des savoirs et des savoirs-faire infirmiers et des modes de recrutement.

    Genevieve Fahd, Gouvernance mondiale en santé , thèse en cours depuis 2022  

    La crise sanitaire a touché l'ensemble de la population mondiale de manière équivalente, mais a renforcé les inégalités d'accès à la santé entre les pays riches et les pays en développement, mettant en échec la santé mondiale, comme bien commun de l'humanité. Des questions relatives à la gouvernance mondiale de la santé, aux interactions entre les organisations internationales de la santé (OMS, Banque Mondiale…), les entreprises pharmaceutiques, les organisations non gouvernementales et les organismes philanthropiques ont émergé. La gestion de l'accessibilité des vaccins anti-covid aux populations les moins riches a été l'un des exemples de l'imbrication complexe entre les différents acteurs. L'humanité n'est pas à l'abri d'une nouvelle crise de la même envergure. En effet, le Forum économique de Davos qui publie depuis 2005 une cartographie des risques, classe, dans son rapport intitulé «The Global Risk Report 2022», les risques auxquels le monde pourrait face dans les 10 prochaines années, en fonction de leur gravité. Les pandémies arrivent en 6ème position, alors que les risques environnementaux arrivent en tête, autour des questions liées au climat et à la biodiversité. Toutefois, il est établi que la multiplication des maladies virales est liée à l'action de l'homme sur l'environnement, avec la dynamique de forte urbanisation, accompagnée d'une déforestation croissante, le tout dans le cadre d'une économie mondialisée. Compte tenu de ces enjeux, la sécurité sanitaire mondiale passe nécessairement par une mise en commun de l'expertise entre les différents secteurs et les différents pays.

    Olivier Aroul, LA POLITIQUE DE GESTION PUBLIQUE DES RESSOURCES RARES EN SANTE DANS LE CADRE DE LA MALADIE RENALE CHRONIQUE, thèse en cours depuis 2022  

    Il existe une tension structurante, une contradiction ou un conflit de logiques, permanent et fondamental, qui organise en profondeur la politique des greffes en France. Cette tension ne se résout pas facilement : elle structure durablement les décisions politiques, les débats éthiques, les pratiques professionnelles, et parfois même les controverses bioéthiques. En d'autres termes, ce n'est pas une simple difficulté passagère ou une opposition ponctuelle, mais une tension constitutive du fonctionnement même du système des greffes en France. Elle est à la fois source de conflits et de régulations, de débats et d'arbitrages constants. En effet, dans le cas des greffes rénales, se révèle une tension structurante entre éthique et efficacité. Cette tension ne semble pas soluble et par conséquent elle oblige l'État, les médecins et les institutions à faire des choix sous contrainte morale et matérielle. Dans l'action publique de santé, cette tension structurante oppose la logique centrale de pilotage et de régulation par l'État (normes et objectifs) et la logique locale de soin pratiques hospitalières et cas particuliers). Cela génère des frictions constantes entre les acteurs par des contradictions de fond, stables dans le temps, qui façonne les choix, les normes, les conflits et les compromis dans ce domaine. Elle ne se résout pas, mais elle oblige les acteurs à négocier, arbitrer, justifier en permanence leurs décisions. La gestion publique des greffons rénaux en France est donc traversée par une tension structurante entre les principes éthiques de justice, d'égalité et d'utilité, les logiques politiques de priorisation des ressources rares, et les contraintes opérationnelles propres aux établissements hospitaliers. Cette tension, constitutive du champ de la santé en contexte de pénurie, ne se résout pas mais impose aux acteurs – décideurs publics, professionnels de santé, associations de patients – des arbitrages permanents, souvent conflictuels, entre normes prescrites et réalités vécues. La question de l'allocation des greffons rénaux engage donc une tension structurante irréductible entre des principes éthiques concurrents – justice distributive, égalité d'accès, utilité médicale – qui s'inscrivent dans une double exigence : garantir la légitimité morale des choix collectifs tout en assurant leur efficacité. Dans un contexte de rareté, cette tension ne peut être tranchée de manière définitive : elle façonne au contraire les dilemmes éthiques récurrents auxquels se heurtent les institutions publiques et les soignants, révélant l'écart persistant entre l'idéal normatif et les conditions concrètes de mise en œuvre. Cette recherche part du constat que la régulation publique des greffons rénaux, en tant que ressource rare en santé, repose sur une tension structurante entre principes bioéthiques (justice, égalité, utilité), exigences politiques de gestion des priorités, et réalités hospitalières marquées par des contraintes organisationnelles et territoriales fortes. Loin d'être conjoncturelle, cette tension traverse l'ensemble du champ de la greffe : elle en organise les controverses, en oriente les réformes, et cristallise les rapports de force entre institutions, professionnels et associations de patients. Mais alors, comment l'allocation des greffons rénaux, en tant que ressource rare en santé, incarne-t-elle une tension structurante entre les principes éthiques de justice, d'utilité et d'égalité, les logiques politiques de priorisation dans l'action publique, et les pratiques hospitalières concrètes ? Ou comment l'action publique organise-t-elle la régulation des greffons rénaux en France, à l'intersection de tensions bioéthiques, d'inégalités territoriales, de pressions associatives et d'innovations médicales, dans un contexte de pénurie structurelle et de reconfiguration des rapports entre institutions sanitaires, professionnels de santé et usagers ? Et dans quelle mesure la gestion publique des greffons rénaux en France révèle-t-elle les tensions entre les principes éthiques de justice et d'égalité, les log

  • Camille Collin, Gouverner les morts ordinaires : une théorie de la justice post mortem, thèse soutenue en 2024 à Paris Institut détudes politiques sous la direction de Astrid von Busekist, membres du jury : Ryoa Chung (Rapp.), Anne Carol et Alice Le Goff   

    Cette thèse explore le sens de la justice post mortem, c’est-à-dire les principes qui guident les politiques publiques dans la prise en charge des corps défunts. Alors que de nombreux travaux dénoncent les inégalités dans la mort et les hiérarchies du deuil, peu s’intéressent à ce que serait un juste gouvernement des morts. Cette recherche pallie ce manque par une reconstruction théorique des conceptions de la justice post mortem, à partir d’une analyse des débats parlementaires et des dispositifs publics dans trois domaines : la politique funéraire, l’encadrement du don d’organes post mortem et du don de corps à la science.Le premier chapitre critique la dépolitisation du traitement des morts et propose d’intégrer les pratiques funéraires dans les réflexions sur la justice sociale, en soulignant l’inégalité d’accès à une « bonne mort ». Les chapitres suivants décrivent trois idéaux du gouvernement des morts : utilitariste, libéral, et républicain. Chaque conception est évaluée quant à ses avantages et limites. Le dernier chapitre propose une nouvelle approche égalitariste, inspirée des théories du care et de la reproduction sociale, visant à mieux répartir ce qui est appelé la charge des morts, qui englobe les activités physiques, matérielles, émotionnelles et morales nécessaires à l’organisation du traitement des morts.

  • Ali Choukroun, Gouverner le risque épidémique : une socio-histoire des politiques publiques de lutte contre les maladies infectieuses émergentes (MIE) en France (1990 – 2021), thèse soutenue en 2024 à Lyon 2 sous la direction de Emmanuel Taïeb présidée par Philippe Zittoun, membres du jury : Romy Sauvayre (Rapp.), Michel Dubois et Gwenola Le Naour      

    Cette thèse explore le gouvernement contemporain du risque épidémique à travers l’étude de la circulation du terme « maladies infectieuses émergentes » (MIE) dans les sphères scientifiques et politiques. Initialement forgé par divers spécialistes de la lutte contre les épidémies aux États-Unis, ce concept a émergé suite à l'apparition inattendue du sida et de la maladie à virus Ebola, malgré les avancées techniques de la fin du XIXème siècle et du XXème marquées par l'éradication de la variole en 1979. En France, la théorie des MIE, d'abord négligée, a été intégrée par le secteur de la biosécurité avant de s'imposer, à partir de la fin des années 2000, sous l’impulsion d’une communauté épistémique influente. La pandémie de covid-19 (2020-2022), marquée par la création d’une agence de recherche sur les MIE (ANRS-MIE), a en effet mis en lumière l'engagement proactif d’entrepreneurs scientifiques et la dimension agonistique de leur intervention dans l’action publique de lutte contre les épidémies.

  • Laudine Grapperon, Repenser la conciliation entre liberté individuelle et prospérité à l’ère néolibérale : réflexions à partir des enjeux éthiques et économiques associés à l'instauration d'un revenu de base inconditionnel dans les démocraties libérales, thèse soutenue en 2024 à Paris 12 sous la direction de Sylvie Thoron présidée par Claude Gamel, membres du jury : Herrade Igersheim (Rapp.), Marc Fleurbaey (Rapp.), Yannick Vanderborght      

    La présente thèse propose un éclairage réciproque des enjeux relatifs au revenu de base inconditionnel (RBI) et au néolibéralisme, dans une approche de philosophie économique. Elle se veut une contribution au débat concernant le premier, tel que celui-ci a actuellement cours dans plusieurs pays occidentaux. Dans une première partie, l'analyse contextualisée de ce débat met en évidence deux écueils majeurs le concernant : le flou idéologique entourant la proposition et les inquiétudes sociales et économiques suscitées par sa « transgressivité » – c’est-à-dire par son caractère transgressif vis-à-vis de la « norme du travail-emploi ». En vue de contribuer à leur résolution, la seconde partie de la thèse explore les affinités que le néolibéralisme est susceptible d’entretenir avec la proposition, en particulier du point de vue de cette « transgressivité ». À travers une analyse approfondie des aliénations néolibérales et des opportunités que la transgressivité du RBI offre pour les surmonter, elle aboutit aux trois conclusions suivantes. Tout d'abord, compte tenu des tensions entre la transgressivité du RBI et les conditions du maintien de la « rationalité néolibérale », il s’avère difficile de concevoir que l'introduction d'un RBI d'un montant « suffisant » puisse concourir à la perpétuation du « néolibéralisme réellement existant ». Ensuite, une fois considérés les mécanismes d'autorégulation qui pourraient avoir cours dans une société démocratique libérale « désaliénée », le RBI apparaît économiquement viable. Enfin, ces réflexions suggèrent la possibilité que le RBI puisse jouer un rôle essentiel dans l’émergence d’un nouveau (néo)libéralisme post-productiviste.

    Bernard Hory, De la technomédecine : la fin de vie de l'homme artificiel, thèse soutenue en 2019 à Paris Est sous la direction de Éric Fiat présidée par Alain de Broca, membres du jury : Emmanuel Taïeb (Rapp.), Yves Matillon (Rapp.), Chantal Delsol    

    Technique et technologie, tirant leur origine de la science moderne selon Heidegger, arraisonnent la phusis. Dans une première partie, nous découvrons l’actualité de l’arraisonnement dans la technopraxis médicale contemporaine : prélèvements d’organes ou de tissus, création de bio-banques stockant toutes sortes de tissus, de cellules et de séquences géniques. Dans une deuxième partie, guidés par les interrelations entre médecine et politique conceptualisées dans le biopouvoir par Foucault, nous analysons les formes de pouvoirs qui s’exercent dans la technomédecine. Posant l’hypothèse de l’existence d’une pluralité de pouvoirs s’exerçant sur le vivant, plutôt que celle d’un biopouvoir foucaldien unique, nous décrivons quatre bio-technopouvoirs individualisés, dont le jeu s’organise dans le cadre de la démocratie sanitaire au sein des espaces publics habermassiens : le biopouvoir gouvernemental, le biopouvoir des médecins, le biopouvoir économique de l’industrie pharmaceutique et des nouvelles technologies et enfin le biopouvoir des patients. Les travaux de Jürgen Habermas et de Hans Jonas nous conduisent à proposer les fondements d’une éthique politique de la technomédecine