• THESE

    Les hommes dans les mouvements féministes français (1870-2010). Sociologie d'un engagement improbable., soutenue en 2011 à Paris EHESS sous la direction de Rose-Marie Lagrave, membres du jury : Christine Bard (rapporteure), Olivier Fillieule (rapporteur), Rose-Marie Lagrave (Directrice de thèse), Catherine Marry (examinatrice) et Olivier Schwartz (président)   

  • Alban Jacquemart, Claude-Danièle Échaudemaison, Franck Bazureau, Serge Bosc, Jean-Pierre Cendron [et alii], Dictionnaire d'économie et de sciences sociales et politiques: bac & post-bac spécialités SES - HGGSP, Nathan, 2025, 639 p.  

    Pour comprendre l'économie et le monde contemporain. Pour bien comprendre son cours, réviser son Bac, réussir les concours... Un dictionnaire accessible et pratique : une édition entièrement mise à jour : plus de 2 000 définitions incluant de nombreux mots nouveaux ; des schémas explicatifs, des tableaux de synthèse et des données statistiques ; les grands courants de pensée et les principales lois de l'économie ; tous les domaines traités : économie, sociologie, science politique, droit, finance, comptabilité, démographie, etc. Des cahiers thématiques : Un monde en mouvement : 7 synthèses illustrées pour analyser les transformations du monde depuis la fin du XVIIIe siècle ; Un monde éclaté : 7 synthèses illustrées pour mettre en valeur la diversité du monde actuel sous l'angle social, démographique et économique. Un cahier de schémas et de données chiffrées. L'éco en schémas de synthèse illustrant certains mécanismes économiques : Concurrence parfaite et imparfaite ; Externalité positive ou négative ; Besoins ou capacités de financement des agents économiques ; Défaillances du marché ; L'innovation chez Schumpeter ; Les différentes approches de la croissance économique ; Comment l'État réduit-il les inégalités ? La France en chiffres : les principales statistiques de la France : Balance des paiements ; Budget général ; Le chômage en France ; Les entreprises en France ; La pyramide des âges. Des annexes utiles : l'analyse de 64 grandes oeuvres de l'économie et de la sociologie ; les outils statistiques et calculs de base ; les prix Nobel d'économie ; un lexique anglais-français.

    Alban Jacquemart, Marion Charpenel, Reguina Hatzipetrou-Andronikou, Catherine Marry, Le genre des carrières. Inégalités dans l’administration culturelle: Inégalités dans l'administration culturelle, Ministère de la culture, Secrétariat général, département des études, de la prospective, des statistiques et de la documentation, 2022, Questions de culture, 216 p.    

    Dans l'administration française, les carrières des femmes évoluent toujours sous le plafond de verre. Le ministère de la Culture, souvent perçu comme spécifique parce que très féminisé, ne fait pas exception à la règle. Comment expliquer que les politiques d'égalité au travail peinent, même là, à contrer ce phénomène ? Fondé sur l'analyse de récits de vie de 65 membres de l'encadrement supérieur du ministère, cet ouvrage confirme le caractère très genré de leur parcours professionnel. Si les trois quarts des hommes interrogés ont une trajectoire ascendante, plus de la moitié des femmes rencontrées font l'expérience du plafonnement. Cette inégalité est à comprendre dans les logiques mêmes de la haute fonction publique et dans les règles, formelles et informelles, qui y prévalent pour faire carrière. Mais elle est aussi le fruit de mécanismes propres au secteur culturel

    Alban Jacquemart, Marion Charpenel, Marion Demonteil, Reguina Hatzipetrou-Andronikou, Le genre des carrières , 2022   

    Dans l’administration française, les carrières des femmes évoluent toujours sous le plafond de verre. Le ministère de la Culture, souvent perçu comme spécifique parce que très féminisé, ne fait pas exception à la règle. Comment expliquer que les politiques d’égalité au travail peinent, même là, à contrer ce phénomène ? Fondé sur l’analyse de récits de vie de 65 membres de l’encadrement supérieur du ministère, cet ouvrage confirme le caractère très genré de leur parcours professionnel. Si les trois quarts des hommes interrogés ont une trajectoire ascendante, plus de la moitié des femmes rencontrées font l’expérience du plafonnement. Cette inégalité est à comprendre dans les logiques mêmes de la haute fonction publique et dans les règles, formelles et informelles, qui y prévalent pour faire carrière. Mais elle est aussi le fruit de mécanismes propres au secteur culturel.Sommaire : Pages de début (p. 1-5)| Introduction générale (p. 7-31)| Chapitre 1. Ascensions et plafonnements : des modèles genrés de carrière (p. 33-58)| Chapitre II. Des socialisations plurielles au monde de l’administration culturelle (p. 59-82)| Chapitre III. La fabrique genrée des dirigeant·es (p. 83-118)| Chapitre IV. Conjugalité et parentalité : entre écarts à la norme et avantages masculins (p. 119-147)| Chapitre V. La réception tempérée des politiques d’égalité femmes-hommes (p. 149-190)| Conclusion générale. Une culture des inégalités femmes-hommes (p. 191-195)| Bibliographie (p. 197-207)| Remerciements (p. 208)| Pages de fin (p. 209-216).

    Alban Jacquemart, Claude-Danièle Échaudemaison, Franck Bazureau, Serge Bosc, Jean-Pierre Cendron [et alii], Dictionnaire d'économie et de sciences sociales, Nathan, 2021, 639 p. 

    Alban Jacquemart, Catherine Marry, Laure Bereni, Sophie Pochic, Le plafond de verre et l'État: La construction des inégalités de genre dans la fonction publique, Armand Colin, 2020, 228 p.      

    A travers une centaine de portraits d'hommes et de femmes élaborés lors d'une enquête dans quatre directions ministérielles, les sociologues reviennent sur la question des inégalités de carrières entre les sexes dans le milieu des élites administratives. ©Electre 2018

    Alban Jacquemart, Claude-Danièle Échaudemaison, Gérard Péhaut, Jean-Yves Le Tessier, Robert Soin, Introduction à la pensée politique économique et sociologique: des clés pour comprendre le monde d'aujourd'hui, Nathan, 2019, Guide, 415 p. 

    Alban Jacquemart, Catherine Achin, Sandrine Lévêque, Marion Paoletti (dir.), Présidentielle 2017, Éditions La Découverte, 2018, 260 p. 

    Alban Jacquemart, Catherine Marry, Laure Bereni, Sophie Pochic, Le plafond de verre et l'état , 2017   

    Dans le sillage des lois sur la parité des années 2000, la rareté des femmes aux sommets des organisations professionnelles est devenue un problème public, objet de lois et de dispositifs de plus en plus contraignants (quotas). Qu’en est-il dans la haute fonction publique  ?Ce livre, issu d’une enquête approfondie dans quatre directions ministérielles, offre des pistes d’interprétation originales. Au-delà des discours récurrents sur l’« autocensure » et les « choix » des femmes, les récits de vie des cadres supérieur.es et dirigeant.es dévoilent la fabrique quotidienne de l’avantage masculin au cur même des organisations. Les horaires extensifs et rigides, la faible légitimité du droit au congé maternité, l’opacité des critères de promotion ou encore le sexisme de l’environnement professionnel, sont autant de sources d’inégalités.Le plafond de verre n’est toutefois ni homogène, ni immuable. Les ministères et directions sont diversement féminisés et conciliants. Les destins professionnels des femmes et des hommes varient selon leurs titres scolaires, leur origine sociale, leur histoire conjugale et familiale. Les politiques d’égalité professionnelle ont des effets limités, mais sont aussi le support de la dénonciation des inégalités et de la valorisation de nouvelles identités dirigeantes, pour les femmes comme pour les hommes.Sommaire : Pages de début (p. 3-6)| Remerciements (p. 7)| Introduction (p. 9-25)| 1. L’héritage et le concours (p. 27-63)| 2. Au cœur des organisations : la fabrique des inégalités de carrières (p. 65-107)| 3. Des ministères peu conciliants (p. 109-153)| 4. Ignorer, faire avec ou s’indigner : la réception des politiques d’égalité (p. 155-200)| Conclusion (p. 201-208)| Bibliographie (p. 209-220)| Pages de fin (p. 221-222).

    Alban Jacquemart, Les hommes dans les mouvements féministes: socio-histoire d'un engagement improbable, Presses universitaires de Rennes, 2015, Archives du féminisme, 324 p.  

    "Comment des hommes deviennent des militants féministes ? Dépassant l'apparent paradoxe de la question, ce livre y répond en développant une sociologie historique et politique de cet engagement statistiquement minoritaire et socialement improbable. À partir d'entretiens biographiques avec des militants et de sources d'archives diversifiées, il analyse ainsi les contextes historiques et militants et les trajectoires sociales qui ont rendu possibles ces engagements féministes en France, depuis les débuts de la Troisième République jusqu'à la période contemporaine. Cette approche socio-historique des « carrières militantes » permet alors de distinguer deux principales modalités d'engagement des hommes dans des collectifs féministes : le registre humaniste, qui fonde les revendications au nom d'un individu universel, et le registre identitaire, mobilisé à partir d'un refus des assignations de genre. Dans l'un et l'autre cas, l'engagement des hommes n'est possible qu'au prix d'une appréhension du féminisme comme un mouvement désindexé de la seule expérience des femmes et de trajectoires sociales spécifiques. Au-delà d'un regard original sur les mobilisations féministes, ce livre contribue ainsi à enrichir la compréhension des engagements militants, invitant à saisir les dimensions genrées et les ressorts identitaires du militantisme et à prendre en compte les effets du sujet politique des mouvements sociaux sur les logiques d'engagement." [Source : 4e de couv.]

    Alban Jacquemart, Viviane Albenga, Laure Bereni (dir.), Appropriations ordinaires des idées féministes, De Boeck, 2015, 175 p. 

    Alban Jacquemart, Agnès Netter, Françoise Thibault (dir.), Orientations stratégiques pour les recherches sur le genre: rapport, novembre 2012, Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, 2013, 51 p. 

    Alban Jacquemart, Rose-Marie Lagrave, Les hommes dans les mouvements féministes français (1870-2010): sociologie d'un engagement improbable,, 2011, 480 p.    

    Cette thèse prend pour objet un militantisme statistiquement minoritaire et socialement improbable: l'engagement des hommes dans les mouvements féministes en France, depuis leur émergence politique à l'aube de la Troisième République jusqu'à la période contemporaine (1870-2010). À partir d'entretiens biographiques avec des militants et de sources d'archives diversifiées, elle se propose d'analyser ces engagements à la lumière de la sociologie du genre et de la sociologie du militantisme. En mobilisant la notion de « carrière militante », ce travail montre que le militantisme féministe des hommes se saisit à partir de l'articulation de dispositions individuelles, d'expériences de socialisation, de positions dans des réseaux et de contextes organisationnels. L'analyse permet alors de distinguer deux principales modalités d'engagement des hommes dans des collectifs féministes : le registre humaniste, qui fonde les revendications au nom d'un individu universel, et le registre identitaire, mobilisé à partir d'un refus des assignations de genre. Dans l'un et l'autre cas, l'engagement des hommes n'est possible qu'au prix d'une appréhension du féminisme comme un mouvement désindexé de la seule expérience des femmes. Cette thèse contribue ainsi à la compréhension du sujet politique du féminisme, mais aussi plus largement, du sujet politique des mobilisations identitaires

  • Alban Jacquemart, « Une normalisation par les hommes ? Mixité et non-mixité dans les études féministes depuis les années 1970 », Photo de famille : penser des vies intellectuelles d’un point de vue féministe, 2022 

    Alban Jacquemart, « La sociologie depuis les années 1960 », Introduction à la pensée politique, économique et sociologique, 2020 

    Alban Jacquemart, Catherine Achin, Céline Bessière, Gwénaëlle Mainsant, « Emergence et essor des études de genre », 50 ans de recherche à Dauphine. Hier, aujourd'hui et demain. 1968/2019, 2019 

    Alban Jacquemart, Danièle Trancart, « De l’école aux premiers emplois : analyse des ségrégations sexuées », Rendement éducatif, parcours et inégalités dans l’insertion des jeunes. Recueil d'études sur la Génération 2010, 2017 

    Alban Jacquemart, « Les idées féministes en mouvement », La vie intellectuelle en France. Tome II, De 1914 à nos jours, 2016 

    Alban Jacquemart, François Sarfati, « Genre et rapport subjectif au travail à l’université », Les femmes dans le monde académique, perspectives comparatives, 2016 

  • Alban Jacquemart, Marianne Robinot Cottet-Dumoulin, « Diversifier la haute fonction publique reste un défi structurel », Servir, Servir, 2025, n°540, pp. 37-37  

    Alban Jacquemart, Nathalie Lapeyre, « Des hommes dans les métiers féminisés : une avancée pour l’égalité ? », Travail, genre et sociétés, Travail, genre et sociétés, 2025, n°54, pp. 135-138  

    Alban Jacquemart, « Une pratique égalitaire », Revue Projet, Revue Projet, 2023, n°396, pp. 45-49   

    Les réunions entre femmes constituent des piliers des mobilisations féministes. Revenir sur l’histoire de ces pratiques militantes permet de dépasser les idées reçues qui persistent à leur sujet.

    Alban Jacquemart, Clémence Ledoux, Lorena Poblete, « Droit et ethnographie du rapport au temps dans le travail de care : Introduction à la traduction de  Work-Time Technology and Unpaid Labour in Paid Care Work: A Socio-Legal Analysis of Employment Contracts and Electronic Monitoring  de Lydia J. B. Hayes », Terrains & travaux, Terrains & travaux, 2023, n°42, pp. 49-50  

    Alban Jacquemart, Clémence Ledoux, Lorena Poblete, « Gouverner le social care, des catégories institutionnelles aux expériences intimes », Terrains & travaux, Terrains & travaux, 2023, n°42, pp. 5-26  

    Alban Jacquemart, Lucie Bargel, Marion Charpenel, Camille Masclet, « Chronique bibliographique sur le genre », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2023, n°72, pp. 805-806  

    Alban Jacquemart, Fanny Gallot, « Quelles pratiques féministes de la non-mixité ? », Travail, genre et sociétés, Travail, genre et sociétés, 2023, n°49, pp. 161-164  

    Alban Jacquemart, Lucie Bargel, Marion Charpenel, Camille Masclet, « Chronique bibliographique : Sur le genre », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2021, n°71, pp. 119-120  

    Alban Jacquemart, Lucie Bargel, Marion Charpenel, Camille Masclet, « Chronique bibliographique »: Sur le genre, Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2021, n°1, p. 119 

    Alban Jacquemart, Marion Charpenel, Marion Demonteil, Reguina Hatzipetrou-Andronikou, « Ascensions et plafonnements. Les modèles genrés des carrières des cadres du ministère de la Culture », Culture études, , 2021, n°1, pp. 1-16 

    Alban Jacquemart, Anne Revillard, Laure Bereni, « Gender quotas in the French bureaucratic elite: the soft power of restricted coercion », French Politics, Palgrave Macmillan, 2020, n°12, pp. 50-70   

    Alban Jacquemart, Nathalie Lapeyre, Rachel Silvera, « Retraites,  toutes des gagnantes  ? », Travail, genre et sociétés, Travail, genre et sociétés, 2020, n°44, pp. 145-149  

    Alban Jacquemart, « L’engagement au risque des sentiments : Souffrances et bonheurs dans les trajectoires de militants féministes », Sensibilités, Sensibilités, 2020, n°7, pp. 40-53   

    Cet article interroge la façon dont les sentiments et les émotions affectent les carrières militantes d’hommes engagés dans des collectifs féministes depuis les années 1970 en France. À partir d’une enquête par entretiens et archives, il montre que les « dispositifs de sensibilisation » et le « travail émotionnel » de certains collectifs féministes contribuent à comprendre le passage à l’engagement et le maintien du militantisme. Mais si les sentiments des hommes, et en particulier la souffrance, constituent un puissant moteur à l’engagement, ils peuvent aussi nourrir les processus de désengagement. Cette attention à la place des sentiments dans les carrières militantes ne prend néanmoins sens qu’en restituant les engagements dans les contextes historiques et organisationnels et en les ré-encastrant dans les positions et trajectoires sociales.

    Alban Jacquemart, « La non-mixité féministe : pour les femmes ou contre les hommes ? », Métropolitiques, Métropolitiques, 2020 

    Alban Jacquemart, « L’engagement au risque des sentiments. Souffrances et bonheurs dans les trajectoires de militants féministes », Sensibilités. Histoire, critique et sciences sociales, , 2020, n°7 

    Alban Jacquemart, Jacqueline Laufer, « Monique Dental, féministe en ruptures », Travail, genre et sociétés, Travail, genre et sociétés, 2019, n°42, pp. 5-22  

    Alban Jacquemart, Soline Blanchard, Marie Perrin, Alice Romerio, « La résistible institutionnalisation de la cause des femmes », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, Editions du Seuil, 2018, n°223, pp. 4-87 

    Alban Jacquemart, Anne Revillard, Laure Bereni, Sophie Pochic, « Gender, class and bureaucratic power. The production of inequalities in the French civil service », Revista Internacional de Organizaciones, , 2018, n°20, pp. 39-57   

    Alban Jacquemart, Lucie Bargel, Marion Charpenel, « Chronique bibliographique : Sur le genre », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2018, n°68, pp. 1113-1114  

    Alban Jacquemart, Catherine Achin, Sandrine Lévêque, Marion Paoletti, « Présidentielle 2017 : des femmes, des hommes et des votes », Travail, genre et sociétés, L'Harmattan - Armand Colin - La Découverte |2009-....], 2018, n°40, pp. 23-25  

    Alban Jacquemart, Soline Blanchard, Marie Perrin, Alice Romerio, « The women’s cause in the institutions », Actes de la recherche en sciences sociales, Actes de la recherche en sciences sociales, 2018, n°o 223, pp. 4-11  

    Alban Jacquemart, Laure Bereni, « Diriger comme un homme moderne : Les élites masculines de l’administration française face à la norme d’égalité des sexes », Actes de la recherche en sciences sociales, Actes de la recherche en sciences sociales, 2018, n°223, pp. 72-87   

    Cet article explore les manières dont les élites masculines de l’administration s’ajustent aux nouvelles normes égalitaires portées par les politiques publiques. Il montre d’abord que le modèle du « bon dirigeant » continue de rétribuer fortement la position que les hommes, plus particulièrement ceux des fractions supérieures de l’espace social, occupent dans le système de genre. Ensuite, si la plupart des cadres expriment une adhésion de principe à la rhétorique d’égalité portée par les élites réformatrices, ils manifestent à son encontre des résistances multiformes. Enfin, le regard placé sur la minorité de cadres des plus jeunes générations qui affirment ouvertement leur attachement à l’égalité met au jour les contradictions et les limites de la « masculinité égalitaire ». L’enquête montre que leurs aspirations démocratiques ne remettent que marginalement en cause les privilèges qu’ils tirent du système de genre, et souligne les avantages associés à l’expression de cet ethos dirigeant dans le contexte de « modernisation » de l’administration et de diffusion des principes égalitaires.

    Alban Jacquemart, Camille Masclet, Anne R. Epstein, « Women-only and mixed groups in the French feminist movements of the 1970s: A re-evaluation », Clio. Women, Gender, History, Clio. Women, Gender, History, 2018, n°o 46, pp. 221-247   

    Looking beyond the standard perspective ( i.e. turning from the MLF – Women’s Liberation Movement – to a wide range of feminist mobilizations; from Paris to other French cities; from theory to practice) this paper proposes a socio-historical analysis of the exclusion of men from feminist activism during the 1970s in France. Far from being a universally employed form of activism in the early days of the movement, women-only groups gradually became the norm only during the second half of the 1970s, after a period of learning and adjustment (1970-1975). Focusing on what happened in practice, this article seeks to understand the historical processes by which the exclusion of men from meetings became symbolic of post-1968 feminisms.

    Alban Jacquemart, Milena Jakšić, « Droits des femmes ou femmes sans droits ? Le féminisme d’État face à la prostitution », Genre, sexualité & société, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, 2018, n°20 

    Alban Jacquemart, Laure Bereni, « Diriger comme un homme moderne. Les élites masculines de l’administration française face à la norme d’égalité des sexes », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, Editions du Seuil, 2018, n°223 

    Alban Jacquemart, Soline Blanchard, Marie Perrin, Alice Romerio, « La cause des femmes dans les institutions », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, Editions du Seuil, 2018, n°223 

    Alban Jacquemart, Catherine Achin, Sandrine Lévêque, Marion Paoletti, « Présidentielle 2017. Des femmes, des hommes et des votes », Travail, genre et sociétés, L'Harmattan - Armand Colin - La Découverte |2009-....], 2018, n°40, pp. 23-25 

    Alban Jacquemart, Lucie Bargel, Marion Charpenel, « CHRONIQUE BIBLIOGRAPHIQUE Sur le genre », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2018 

    Alban Jacquemart, « Massimo Prearo, Le moment politique de l’homosexualité. Mouvements, identités et communautés en France : Presses universitaires de Lyon, Lyon, 2014, 330 pages », Travail, genre et sociétés, Travail, genre et sociétés, 2017, n°38, pp. 226-229  

    Alban Jacquemart, « Une histoire genrée des mouvements suffragistes », Vingtième siècle. Revue d'histoire, Presses de Sciences Po, 2017, n°133 

    Alban Jacquemart, Camille Masclet, « Mixités et non-mixités dans les mouvements féministes des années 1968 en France », Clio. Femmes, Genre, Histoire, Belin, 2017, n°46 

    Alban Jacquemart, « A gendered history of the women’s suffrage movement », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 2016, n°o 133, pp. 3-14   

    Adopting a gender perspective, this article traces the evolution of the women’s suffrage movement within the broader landscape of French feminist movements from the late 19th century to the 1930s. By focusing on gender relations within activist groups, it demonstrates that the issue of women’s political rights gave rise to the first demands for female autonomy in mixed-gender feminist groups at the end of the 19th century. Likewise, women’s growing role in the struggle for their own emancipation helped to disseminate suffragist demands throughout feminist movements during the early 20th century.

    Alban Jacquemart, Lucie Bargel, Marion Charpenel, « Présentation », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2016, n°66, pp. 321-321  

    Alban Jacquemart, Fanny Le Mancq, Sophie Pochic, « Femmes hautes fonctionnaires en France : L’avènement d’une égalité élitiste », Travail, genre et sociétés, Travail, genre et sociétés, 2016, n°35, pp. 27-45   

    Portées par la diffusion d’une « grammaire paritaire », des politiques d’égalité professionnelle se sont récemment développées dans la fonction publique. À partir d’une enquête dans des services de Bercy, cet article met en évidence les opportunités sélectives de promotion offertes par le tournant élitiste de ces politiques : une petite minorité de femmes, homogènes socialement, souvent énarques, peut réussir à percer le plafond de verre, à condition de faire leurs preuves de leur dévouement à l’administration, au management public et d’accepter des postes chronophages ; dans le même temps, les réformes de l’État et la compétition renforcée pour les postes fragilisent les possibilités d’ascension professionnelle de femmes cadres dans les services déconcentrés, non énarques et issues de milieux sociaux moins favorisés.

    Alban Jacquemart, Fanny Le Mancq, Sophie Pochic, « Femmes hautes fonctionnaires en France, l’avènement d’une égalité élitiste », Travail, genre et sociétés, L'Harmattan - Armand Colin - La Découverte |2009-....], 2016, n°35, pp. 27-45 

    Alban Jacquemart, Lucie Bargel, Marion Charpenel, « PRÉSENTATION, Chronique bibliographique sur le genre », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2016 

    Alban Jacquemart, Viviane Albenga, « Pour une approche microsociologique des idées politiques : Les appropriations ordinaires des idées féministes », Politix, Politix, 2015, n° 109, pp. 7-20   

    En prenant appui sur les travaux de plusieurs sous-champs des sciences sociales, cet article plaide pour une microsociologie des appropriations des idées politiques à travers l’exemple des idées féministes. La notion d’appropriation, empruntée à la socio-histoire de la lecture, permet d’envisager les reformulations et transformations des idées politiques à l’occasion de leurs circulations dans différents espaces sociaux. Elle conduit également à prêter une attention particulière aux conditions et modalités de réception ordinaire des idées politiques et aux logiques de politisation au principe de ces processus. À ce titre, les idées féministes constituent un terrain d’investigation particulièrement éclairant au regard de la multiplicité des formes de diffusion dont elles ont fait l’objet depuis les années 1970.

    Alban Jacquemart, Catherine Marry, Laure Bereni, Fanny Le Mancq, « Le genre des administrations. La fabrication des inégalités de carrière entre hommes et femmes dans la haute fonction publique », Revue française d'administration publique, Revue française d'administration publique, 2015, n°153, pp. 45-68   

    Résumé L’article s’intéresse aux inégalités sexuées de carrière de l’encadrement dans quatre directions générales de deux ministères – économiques et financiers d’une part, sociaux de l’autre – contrastées du point de vue de leur féminisation et des types de carrière. L’enquête s’appuie sur une centaine de récits de vie de femmes et d’hommes. Au-delà de l’éducation familiale et d’un inégal accès à la voie royale de l’ÉNA, les blocages de carrières des femmes sont décelés au cœur des administrations, à travers des règles de disponibilité, de mobilité géographique, de cooptation homophile qu’elles s’imposent. Les politiques d’égalité professionnelle peinent à les modifier mais font émerger une plus grande conscience des inégalités.

    Alban Jacquemart, Catherine Marry, Laure Bereni, Fanny Le Mancq, « Le genre des administrations »: La fabrication des inégalités de carrière entre hommes et femmes dans la haute fonction publique, Revue française d’administration publique, Institut international d'administration publique - École nationale d'administration (ENA) - Institut national du service public (INSP) , 2015, n°153, pp. 45-68   

    Alban Jacquemart, Viviane Albenga, « Pour une approche microsociologique des idées politiques. Les appropriations ordinaires des idées féministes », Politix, De Boeck Supérieur, 2015, n°109, pp. 7--20 

    Alban Jacquemart, « L'engagement féministe des hommes, entre contestation et reproduction du genre », Cahiers du Genre, Cahiers du Genre, 2013, n°55, pp. 49-63   

    À partir d’une enquête auprès d’hommes engagés dans des collectifs féministes, cet article propose une analyse des réponses collectives et individuelles face à la reproduction, même partielle, des rapports sociaux de sexe au sein des groupes féministes. Il montre ainsi que l’engagement des hommes implique des ajustements organisationnels visant à réduire l’expression de la domination masculine. Du côté des militants, la prise en compte de leur exercice individuel de la domination masculine est potentiellement déstabilisatrice de l’engagement : l’euphémisation de leur participation à la reproduction des rapports sociaux de sexe permet alors d’assurer le maintien de l’engagement tandis que la volonté affichée de s’y confronter fragilise le militantisme et conduit, bien souvent, au désengagement.

    Alban Jacquemart, « Anne Cova, Féminismes et néo-malthusianismes sous la IIIe République :  La liberté de la maternité , Paris, L’Harmattan, 2011, 293 p. », Revue historique, Revue historique, 2013, n°665, pp. 173-230  

    Alban Jacquemart, « Au-delà du paradoxe : l’engagement masculin dans les mouvements féministes (France, 1870-2010) », St Etienne : Presses universitaires de Saint-Étienne (PUSE) et PERSÉE : CNRS & ENS de Lyon, 2013, pp. 237-249   

    Cette contribution explore les logiques sociales à l’œuvre dans l’engagement d’hommes dans les mouvements féministes en France, depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui. La comparaison entre les différentes époques et les diverses organisations féministes permet ainsi, au-delà des spécificités contextuelles, de mettre en évidence des traits récurrents dans les dispositions, positions et trajectoires des militants féministes. À partir de nombreuses archives et d’un corpus de 36 entretiens d’hommes ayant milité ou militant dans des associations ou groupes féministes, trois grands facteurs sont distingués pour comprendre, selon des combinaisons variables, les ressorts de ces engagements a priori paradoxaux. Ainsi, l’engagement féministe de ces hommes est appréhendé par leurs positions et dispositions sociales, leur insertion dans des réseaux politiques et intellectuels proches des mouvements féministes et les rétributions matérielles et/ ou symboliques retirées de leur militantisme.

    Alban Jacquemart, « Du registre humaniste au registre identitaire : La recomposition du militantisme féministe masculin dans les années 1970 », Sociétés contemporaines, Sociétés contemporaines, 2012, n°85, pp. 65-83   

    RésuméEn interrogeant les variabilités de l'engagement féministe des hommes au cours des années 1970, cet article s'intéresse aux interactions entre individus et organisations pour comprendre le processus d'engagement. L'étude montre alors que la légitimité militante des hommes dans les groupes féministes au cours de la décennie est l'objet de profondes transformations. Ainsi, l'expression d'un registre humaniste, qui appréhende le féminisme comme une sous-partie d'une lutte politique plus large, est mise à mal par le renouveau féministe, notamment incarné par le MLF. Progressivement, c'est un registre identitaire, fondé sur un rejet des normes de genre, qui est imposé par les militantes féministes comme la modalité d'engagement féministe masculin légitime. Ce renouvellement des formes de militantisme féministe a alors des effets non seulement sur le nombre d'hommes engagés mais également sur le profil social des militants.

    Alban Jacquemart, « Thiers-Vidal (Léo) – De  L’Ennemi Principal  aux principaux ennemis. Position vécue, subjectivité et conscience masculines de domination. – Paris, L’Harmattan, 2010 (Savoir et formation. Genre et éducation). 274 p. Bibliogr. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2011, n°61, p. -  

    Alban Jacquemart, « Fassin (Éric) – Le sexe politique. Genre et sexualité au miroir transatlantique. – Paris, Éditions de l’EHESS, 2009 (Cas de figure). 316 p. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2010, n°60, p. -  

    Alban Jacquemart, « Quand le militantisme trouble l'identité de genre : L'expérience des  groupes d'hommes  dans les années 1970 (entretien) », Terrains & travaux, Terrains & travaux, 2006, n°10, pp. 77-90  

  • Alban Jacquemart, Anne Revillard, Sophie Pochic, Fanny Le Mancq, Le plafond de verre dans les ministères : une analyse de la fabrication organisationnelle des dirigeant.e.s., 2014   

    Alban Jacquemart, Agnès Netter, Françoise Thibault, La recherche sur le genre, état de la question et propositions, 2012   

  • Alban Jacquemart, « Les femmes dans le corps préfectoral », le 08 novembre 2021  

    Organisée pour le CERSA, Université Panthéon-Assas / CNRS et l'IHEMI par Natacha Gally, Maîtresse de conférences à l'Université Panthéon-Assas (Paris2), CERSA et Pierre André Peyvel, Préfet honoraire, IHEMI.

    Alban Jacquemart, Catherine Achin, Mélissa Blais, Christine Guionnet, « Quels apports scientifiques d’une réflexion relative aux rapports ordinaires au genre ? », Rapports ordinaires au genre, Rennes, le 01 octobre 2018 

    Alban Jacquemart, « Quelles pédagogies pour l’étudiant juriste ? », le 20 janvier 2011 

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Lucie Longuet, La réception des politiques de lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans l'enseignement supérieur , thèse en cours depuis 2021 en co-direction avec Lucie Bargel  

    À l'ère « post-MeToo », les violences sexuelles et sexistes ont récemment connu un fort regain de visibilité dans l'espace public, médiatique et politique, et notamment dans l'Enseignement supérieur et de la Recherche : bien que ces violences soient dénoncées par des collectifs militants depuis le début des années 2000, la reconnaissance de leur existence dans le monde universitaire est assez récente. Néanmoins, la montée en puissance des discours féministes a permis l'émergence de réponses militantes et institutionnelles, tant au niveau national qu'à l'échelle des établissements, ce qui signale la constitution de ce phénomène en problème public. Mais si l'action publique contre ces violences existe et s'est renforcée ces dernières années, les contours de son institutionnalisation – c'est-dire son intégration dans les pratiques et discours des institutions universitaires [Blanchard et alii, 2018] – présentent des variations (parfois fortes) d'un établissement à l'autre. Cette institutionnalisation obéit à une double-dynamique : si elle est souvent synonyme d'une distanciation par rapport aux enjeux militants initiaux, elle contribue aussi à la diffusion de ce type de discours au sein des populations étudiantes. Il s'agira donc d'interroger la réception des politiques de lutte contre les violences sexistes et sexuelles par les populations étudiantes, à travers l'analyse qualitative croisée de 2 groupes établissements d'enseignement supérieur se différenciant à la fois par leurs caractéristiques et par la ligne politique adoptée en la matière. Cela permettra plus largement de saisir les modalités de construction d'un « espace de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles » [Bereni, 2012] au sein des établissements.

  • Lucia de los Angeles Valdivia Ramirez, Continuités et renouvellements de l’engagement féministe : le cas du Planning familial en Rhône-Alpes, thèse soutenue en 2025 à Lyon 2 sous la direction de Lilian Mathieu présidée par Éléonore Lépinard, membres du jury : Maud Simonet (Rapp.), Sandrine Lévêque (Rapp.), Michelle Zancarini-Fournel   

    Cette thèse de doctorat en science politique analyse les continuités et renouvellements de l’engagement féministe au sein des associations départementales du Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF) en Rhône-Alpes. Ancrée dans une perspective sociohistorique, la recherche vise à comprendre comment les militantes du MFPF, une organisation fondée en 1956 et centrale au sein du féminisme français, maintiennent et renouvellent leur engagement face aux changements sociaux et politiques.L’étude s’appuie sur une méthodologie mixte, combinant des observations participantes, des entretiens biographiques avec les militantes actuelles et anciennes, des questionnaires en ligne, et un dépouillement d’archives. Cette approche permet de comparer les trajectoires des générations militantes, de l’ « ancienne » à la « nouvelle » garde, et d’analyser les formes distinctes de socialisation politique, les identités collectives et les carrières militantes façonnées au sein du MFPF.Un des points centraux de l'analyse est de comprendre comment ces militantes, issues de contextes sociaux et politiques variés, intègrent et adaptent leur engagement féministe en fonction des transformations institutionnelles, culturelles et sociopolitiques. À travers une étude des processus de socialisation primaire et secondaire, ainsi que des mécanismes d'institutionnalisation du militantisme au sein du MFPF, la recherche met en lumière les effets biographiques et les capitaux militants mobilisés pour perpétuer cet engagement.Le travail montre également l'importance de la professionnalisation des structures militantes et des coalitions inter-organisationnelles. Ces évolutions contribuent à la pérennité du mouvement tout en posant des défis liés à la formalisation et à l'évolution des pratiques militantes.L’analyse, intégrant des niveaux micro, méso et macro-sociologiques, vise à enrichir les théories des mouvements sociaux féministes en France, en apportant un éclairage sur la persistance et le renouvellement de l’activisme dans une organisation emblématique comme le Planning familial. Elle interroge les conditions de survie d'un tel mouvement dans des contextes de backlash antiféministe, tout en mettant en avant les facteurs de maintien et de renouvellement de l'engagement militant.

    Alix Sponton, Se montrer présent : réception du congé de paternité, parentalités et masculinités de la grossesse à la petite enfance, thèse soutenue en 2023 à Paris Institut détudes politiques sous la direction de Marta Dominguez Folgueras et Ariane Pailhé, membres du jury : Laura Bernardi (Rapp.), Agnès Martial (Rapp.), Olivia Samuel      

    Les congés destinés aux pères sont considérés comme des leviers d’action clefs pour réduire les inégalités de genre. À partir d’enquêtes quantitatives et d’entretiens auprès d’hommes avant et après la naissance de leur premier enfant, cette thèse questionne dans quelle mesure, et par quels procédés, le congé de paternité de deux semaines (2002-2021) favorise effectivement la participation masculine aux tâches parentales et ménagères en France. Elle croise sociologie de l’action publique, de la famille et du genre. Alors que la littérature s’est d’abord intéressée aux effets de la durée des congés, cette thèse montre que la période de recours révèle des interprétations et usages variés de la politique, qui n’ont pas les mêmes implications. Lorsqu’il est posé dès la naissance, le congé entraine un pic d’engagement paternel. A plus long terme, les hommes qui ont posé un congé participent légèrement plus aux tâches les plus valorisées, mais leurs compagnes ne réduisent pas leur investissement temporel. Ainsi, sans la mise en place d’autres arrangements professionnels durables, le recours perturbe peu la division genrée des rôles parentaux. Par ailleurs, le suivi des trajectoires parentales souligne que la façon dont les pères s’approprient la politique préfigure, plus qu’elle n’influence, différents « styles de paternité ».Finalement, le recours au congé est particulièrement emblématique des normes de « présence paternelle » actuelles, en ce qu’il permet à la plupart des pères de rendre visible un intérêt pour l’enfant sans compromettre l’activité professionnelle. Le prestige lié à la démonstration de l’implication paternelle n’est cependant pas également accessible à tous.

    Hélène Demilly, La mixité en ordre de marché : genre et modernisation dans une banque coopérative, thèse soutenue en 2023 à Paris 10 sous la direction de Valérie Boussard et Laure Bereni présidée par Sophie Pochic, membres du jury : Pascale Moulévrier (Rapp.), François Sarfati (Rapp.), Charles Gadéa    

    Cette thèse porte sur les politiques managériales de « mixité » et leurs appropriations dans les organisations à partir d’une enquête monographique menée dans une banque mutualiste, les Caisses Populaires Kairmonys. Interrogeant la transformation des inégalités de genre en lien avec le développement de dispositifs de capitalisme « vertueux », elle combine une sociologie genrée des organisations avec une étude de l'appropriation de la norme d'égalité des sexes et des idées féministes, dans le contexte de l’émergence du mouvement #MeToo. Grâce à des méthodes ethnographiques, elle se situe à la croisée de trois champs de recherche, portant sur le genre des organisations, les politiques managériales d’égalité et les appropriations des idées féministes. Montrant comment la mixité se construit en étroite relation avec un impératif de « modernisation » de l’organisation, cette recherche étudie la manière dont, par le biais de leurs politiques internes, les entreprises contribuent à façonner le sens de l’égalité.

    Cécile Talbot, Lever le rideau sur les rapports sociaux : l'engagement pour l'égalité femmes-hommes comme rapport au travail et à la valeur dans le monde du spectacle, thèse soutenue en 2023 à Université de Lille 2022 sous la direction de Anne-Cécile Douillet, membres du jury : Laure Bereni (Rapp.), Marie Buscatto (Rapp.), Emmanuelle Bouilly et Eve Meuret-Campfort    

    La thèse porte sur le rapport dévalorisé des femmes au travail, à travers l'étude d'une mobilisation pour l'égalité femmes-hommes dans le domaine du spectacle vivant. À partir d'une enquête par entretiens et observation participante, auprès d'un réseau d'associations mixtes de professionnel-les du spectacle vivant engagé-es pour l'égalité femmes-hommes, elle examine les trajectoires des militant-es ainsi que le travail militant des associations, sous le prisme du rapport au travail et de la construction de l'identité professionnelle. L'analyse montre comment, dans le cadre hiérarchisé du théâtre public français, la perception de la division sexuelle du travail et du capital artistiques construisent chez les femmes une identité professionnelle fragile et illégitime. Elle examine les conditions de possibilité de la transformation du sentiment d'injustice en moteur de mobilisation : en observant le rapport subjectif au travail, et aux possibilités d'accès au capital artistique, elle montre que la conscience de classe de sexe alimente tout autant qu'elle contraint la mobilisation, individuellement comme collectivement.

    Rosario López Robles, Imaginaires associatifs féministes : l'engagement militant à l'épreuve de la professionnalisation au sein des associations du Planning Familial (France) et l'União de Mulheres Alternativa e Resposta (Portugal), thèse soutenue en 2020 à Reims sous la direction de Emmanuelle Leclercq présidée par Charles Gadéa, membres du jury : Matthieu Hély (Rapp.), Françoise Laot    

    Cette thèse analyse l'engagement associatif du Planning Familial, mouvement féministe et d'éducation populaire en France, et de l'UMAR, l'União de Mulheres Alternativa e Resposta, organisation féministe au Portugal. Ces deux associations sont définies comme des imaginaires associatifs féministes, concept central de la thèse, qui montre des espaces collectifs comme étant marqués par les controverses, stratégies militantes et tensions résultant des différentes formes d'articulation entre les processus de militantisme et les processus de professionnalisation.La recherche s'appuie sur une démarche analytique qualitative par l’exploitation, de sources historiques, d’observations ethnographiques, de recueil de récits militants, à travers la réalisation d'une quarantaine d'entretiens approfondis et d'une vingtaine d'entretiens courts de bénévoles et de salarié.e.s. Cette recherche se compose de trois parties. Dans un premier temps, l’analyse socio-historique éclaire les processus de construction d'une action militante féministe, mais montre également l'entrée et la consolidation progressives des processus d'institutionnalisation et de professionnalisation dans les différents contextes associatifs. La deuxième partie étudie les dimensions militantes de l'engagement associatif, incluant les parcours d'engagement, les paradigmes et les positionnements féministes portés par les militant.e.s et les groupes associatifs, ainsi que leurs représentations individuelles et collectives. Dans un troisième temps, les approches et les actions professionnelles à caractère politisé sont analysées dans les deux associations, notamment en ce qui concerne la sexualité et l'égalité.