• THESE

    Analyser les opinions politiques sur internet : Enjeux théoriques et défis méthodologiques, soutenue en 2014 à Montpellier 1 sous la direction de Jean-Yves Dormagen présidée par Éric Savarese, membres du jury : Daniel Gaxie (Rapp.), Patrick Lehingue (Rapp.), Fabienne Greffet   

  • Julien Boyadjian, Jeunesses connectées: les digital natives au prisme des inégalités socio-culturelles, Presses universitaires du Septentrion, 2022, Espaces politiques, 254 p. 

    Julien Boyadjian, Samuel Hayat, Philippe Aldrin, Alice Béja, Nicolas Kaciaf [et alii], Le porte-parole: Fondements et métamorphoses d'un rôle politique, Presses universitaires du Septentrion, 2022, Espaces politiques, 380 p.   

    Julien Boyadjian, Marie Neihouser, Anaïs Theviot (dir.), Campagnes électorales et numérique: regards croisés à l'international, De Boeck Supérieur, 2022, 202 p. 

    Julien Boyadjian, Anaïs Theviot, Alexandre Borrell, Rémi Lefebvre, Jacques Gerstlé, Médias et élections: les campagnes 2017 primaires, présidentielle et législatives françaises, Presses universitaires du Septentrion, 2020, Espaces politiques, 256 p.   

    Julien Boyadjian, Aurélie Olivesi, Julien Velcin (dir.), Le Web politique au prisme de la science des données, Editions La Découverte, 2017, 246 p.   

    Julien Boyadjian, Analyser les opinions politiques sur internet: enjeux théoriques et défis méthodologiques, Dalloz, 2016, Nouvelle Bibliothèque de Thèses, 381 p.      

    La thèse de Julien Boyadjian [...] apportera aux lecteurs de nombreuses informations inédites sur le réseau social Twitter et constitue un travail précurseur sur le plan méthodologique dans un nouveau champ appelé, sans doute, à se développer rapidement : celui des approches à partir de grandes bases de données numériques en science politique.Si le développement d'Internet a produit de profonds bouleversements dans de nombreux domaines d'activités économiques et sociales, il offre également des opportunités d'innovations méthodologiques encore largement inexploitées dans le domaine de la recherche en sciences sociales. Jusqu'à présent, les objets d'étude et, plus encore, les méthodes de recherche offerts par le numérique avaient principalement été explorés par les spécialistes universitaires du marketing, de la communication ou des sciences du langage, mais très peu par les chercheurs en science politique, y compris d'ailleurs dans le monde anglo-saxon. Pourtant, la science politique dispose avec les réseaux sociaux numériques d'un nouveau terrain accessible via des méthodes totalement inédites pour observer et étudier les pratiques, les comportements ou les opinions relevant de la politique.Dans cette perspective, la thèse de Julien Boyadjian doit être appréhendée comme un travail de pionnier. Lorsqu'il s'est engagé, en 2010, dans une thèse dont le sujet était Twitter et qu'il s'agissait d'étudier tout au long de la campagne présidentielle à venir, le réseau social n'avait que quatre ans d'existence et la littérature scientifique était sur cet objet quasi-inexistante. Tout était encore à imaginer, depuis la conceptualisation de l'objet jusqu'aux méthodes à déployer pour l'analyser dans une perspective scientifique. C'est sur ce second point que cette thèse apporte une contribution importante à la recherche en sciences sociales. Elle est en effet d'abord et avant tout une précieuse entreprise de réflexion sur les méthodes à mettre en oeuvre pour étudier les opinions politiques via des matériaux numériques. Julien Boyadjian s'emploie tout au long de l'enquête qu'il consacre au réseau social Twitter à objectiver les avantages méthodologiques des outils numériques, mais aussi leurs limites et même les risques que leur utilisation peut faire encourir à la recherche en sciences sociales. [4eme de couverture]

  • Julien Boyadjian, Anaïs Theviot, « Les modalités de suivi d’une campagne électorale inédite : Usages et exposition aux (nouveaux) médias lors de la primaire de la droite et du centre de novembre 2016 », Médias et élections, Presses universitaires du Septentrion, 2019  

  • Julien Boyadjian, « La confiance médiatique : Une question socialement et politiquement située », Réseaux, Réseaux, 2026, n°254, pp. 239-274   

    La question de la confiance des citoyens dans les médias fait l’objet, ces dernières années, d’une attention accrue, tant dans la sphère médiatique qu’académique. Ce regain d’intérêt s’inscrit dans un contexte marqué par la numérisation des pratiques informationnelles, la circulation des fake news, et la polarisation de l’espace public. Dans la littérature académique internationale, la baisse de confiance envers les médias est souvent appréhendée à partir d’indicateurs mesurant la confiance de manière globale, sans toujours tenir compte de l’hétérogénéité des médias ni de celle des publics. Cet article propose de répondre à cet enjeu en offrant une approche sociologique de la confiance médiatique. À partir d’une enquête par sondage, nous avons analysé la confiance accordée à 14 marques médiatiques. Il ressort que l’orientation politique est le principal facteur déterminant le niveau de confiance médiatique et que les différentes fractions de l’espace social n’accordent pas leur confiance aux mêmes médias.

    Julien Boyadjian, « Dominique Boullier, Propagations. Un nouveau paradigme pour les sciences sociales », Sociologie, Sociologie, 2024, n°15, pp. 479-481  

    Julien Boyadjian, « Un éclectisme informationnel ? : Les logiques sociales de consommation des applications et sites internet d’actualité en France », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2024, n°73, pp. 259-277   

    Internet constitue un moyen privilégié des Français pour s’informer. Cette réalité nouvelle génère un certain nombre d’inquiétudes (risques de désinformation, de polarisation du débat public, etc.). Cette note de recherche entend déconstruire certaines de ces prénotions en mettant au jour les logiques sociales de consommation des applications et pages Web d’actualité en mobilisant les données du panel « Internet Audience Global » de Médiamétrie, composé de 25 000 individus représentatifs de la population internaute française. Si la consommation informationnelle des citoyens sur Internet semble a priori éclectique et moins attentive à la légitimité des sources consultées, elle reste cependant structurée selon des logiques sociales que cette note propose d’éclairer.

    Julien Boyadjian, Liz Carey-Libbrecht, « The social structuring of the French internet audience », Réseaux, Réseaux, 2024, n°o 243, pp. 67-101   

    This article examines the social structuring of the audiences of the 500 websites and applications generating the most traffic in France. The analysis focuses on unpublished data from Médiamétrie’s ‘Audience Internet Global’ panel, which uses dedicated software to measure the browsing practices of a panel of 25,000 individuals aged two and over, representative of the French internet-using population. The article highlights the three ‘heavy’ variables that explain the distribution of digital audiences: gender, age, and social position of internet users. While inequalities in internet access and in digital skills have been well documented in the literature, this research highlights a less frequently studied dimension of the ‘digital divide’: inequalities in internet users’ browsing habits. Rather than evoking a ‘third generation’ digital divide, it postulates the existence of a structural homology between the digital world and ‘real’ social world.

    Julien Boyadjian, Stéphanie Wojcik, « Militer dans et aux lisières des organisations partisanes : Une première analyse de l’activité en ligne des militants Reconquête, RN, LREM et LFI durant la présidentielle 2022 », Politiques de communication, Politiques de communication, 2023, n°19, pp. 153-186   

    Cet article questionne les logiques de l’engagement numérique des supporters des quatre principaux candidats à l’élection présidentielle française du printemps 2022 (Reconquête, RN, LREM et LFI). Un ensemble d’entretiens menés auprès de membres de chacune de ces formations permet de déterminer leurs motivations, leurs pratiques et leurs représentations, en particulier sur les terrains numériques. En les interrogeant sur leur rapport aux consignes partisanes, le temps passé à militer, ainsi que la manière dont ils gèrent leur identité en ligne, l’enquête met en lumière un premier résultat : le numérique favorise, renforce et rend davantage visible une tendance à l’individuation de l’engagement. Par ailleurs, les pratiques militantes en ligne présentent un caractère relativement artisanal, assez éloigné de l’image d’un militantisme numérique qui serait organisé à partir du recueil et de l’exploitation de données massives sur l’électorat ou mû par une quelconque intelligence artificielle. L’image du militant numérique « ordinaire » s’éloigne ainsi quelque peu des desseins des stratèges de campagne, se rapprochant davantage de celle dépeinte par la sociologie du militantisme.

    Julien Boyadjian, Marie Neihouser, Anaïs Theviot, «  Campagnes électorales et numérique : regards croisés à l’international  – Avant-propos », Revue internationale de politique comparée, De Boeck, 2022, n°23, pp. 7-29 

    Julien Boyadjian, « Que peuvent apporter le numérique et les  big data  à la politique comparée ? », Revue internationale de politique comparée, Revue internationale de politique comparée, 2022, n°29, pp. 31-49   

    La révolution numérique et le phénomène des « big data » invitent les sciences sociales à questionner sous un jour nouveau leur rapport à la connaissance et au savoir. Cette note de recherche propose d’élargir ce débat au champ de la politique comparée, en discutant des apports épistémologiques de ces nouvelles approches numériques. L’article invite dans le même temps à questionner les enjeux et limites de ces nouveaux terrains et outils, en les réinscrivant dans certains débats scientifiques inhérents à la politique comparée.

    Julien Boyadjian, Marie Neihouser, Anaïs Theviot, «  Campagnes électorales et numérique : regards croisés à l’international  – Avant-propos », Revue internationale de politique comparée, Revue internationale de politique comparée, 2022, n°29, pp. 7-29  

    Julien Boyadjian, « Le capital culturel structure-t‑il (toujours) les goûts ? L’exemple des préférences cinématographiques des 18-20 ans », Sociologie, Sociologie, 2021, n°12, pp. 61-76   

    La théorie de l’homologie structurale entre l’espace social et l’espace des styles de vie est régulièrement remise en question par des travaux soulignant l’atténuation des facteurs dispositionnels – capital culturel, capital économique, origine sociale, etc. – dans la structuration des goûts, au profit de la variable générationnelle notamment. Les jeunes générations en particulier sont suspectées d’être beaucoup moins sensibles et attentives aux normes de la légitimité culturelle. Cet article propose de discuter cette remise en cause de l’homologie structurale en s’appuyant sur les résultats d’une enquête réalisée auprès d’une population de 1351 jeunes – pour la très grande majorité étudiants – âgés de 18 à 20 ans, recrutés dans différentes régions de l’enseignement supérieur (BTS, IUT, AES, IEP, etc.). En interrogeant cette population sur ses préférences cinématographiques à travers une question ouverte, l’enquête permet de questionner de manière originale le niveau de légitimité culturelle des œuvres visionnées, à partir de leur labellisation « Art et essai », et de démontrer que le capital culturel hérité continue de structurer fortement les goûts culturels de cette population juvénile.

    Julien Boyadjian, « Les rapports socialement différenciés des publics jeunes à la participation politique en ligne », Pôle Sud, Pôle Sud, 2020, n°53, pp. 117-134   

    Dans les travaux sur la participation politique en ligne, les jeunes apparaissent comme la catégorie la plus nombreuse et la plus active. Tout laisse ainsi à penser que le numérique constituerait un levier à l’engagement politique des jeunes, qui trouveraient avec les médias sociaux des outils ajustés à leurs engagements. Cet article propose de questionner cette hypothèse, à partir d’une enquête multiméthodes réalisée auprès de 1 370 jeunes, aux origines sociales diversifiées. Il apparaît que les jeunes qui participent politiquement en ligne ne constituent qu’une petite minorité, dont l’activisme dissimule des rapports plus contrariés et distants à la participation politique.

    Julien Boyadjian, « Misinformation, noninformation, or information overload? Logics of news exposure in the student population », Réseaux, Réseaux, 2020, n°o 222, pp. 21-52   

    It seems that social media sites are now the primary source of news for young adults. This new reality has, however, raised a number of concerns, widely aired and debated in the political and media spheres. It is assumed that young people are exposed to unverified or manipulated information or “fake” news, or that they are trapped in “filter bubbles” that isolate them from any opinions that conflict with their own. This article seeks to move away from these assumptions by analyzing these new practices in terms of questions arising from media sociology, using a multi-method field survey (questionnaire, online observation, and interviews) conducted among groups of young people from different social and cultural backgrounds. The findings show that young people from working-class backgrounds are at greater risk of noninformation than misinformation, and that students from elite institutions are exposed to a broader spectrum of content on social media than elsewhere.

    Julien Boyadjian, « Au-delà des nomenclatures de genres : Une analyse comparative des goûts musicaux des publics étudiants », Politiques de communication, Politiques de communication, 2020, n°13, pp. 97-125   

    Si les étudiants apparaissent comme une catégorie particulièrement « omnivore » en matière de consommation musicale, leur répertoire d’écoute fait cependant peu de place aux genres « savants » (opéra, musique classique, jazz). Les pratiques et goûts culturels de cette population sembleraient donc bien échapper aux hiérarchies de genres et aux normes de la légitimité culturelle. Cet article propose de nuancer quelque peu ce constat, en adoptant une analyse centrée sur les artistes – et non uniquement sur les genres musicaux – écoutés des étudiants, tout en tenant compte de la diversité de cette population. Il ressort alors de l’enquête la persistance de logiques distinctives et d’inégalités culturelles en matière de consommation musicale au sein de la jeunesse étudiante.

    Julien Boyadjian, « Menger (Pierre-Michel), Paye (Simon), dir., Big data et traçabilité numérique. Les sciences sociales face à la quantification massive des individus, Paris, Collège de France, 2017, 218 p. », Politix, Politix, 2019, n° 122, pp. 234-237  

    Julien Boyadjian, David Gouard, Julien Audemard, Christèle Marchand-Lagier, « The three electorates of the French right-wing primary : Mobilization and voting at the edge of political endogamy », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2018, n°67, pp. 1113-1130   

    This article assesses the social and political motivations for mobilization during the French “Right and Centre” primary election of November 2016 through an exit-poll administered in seven departments of metropolitan France. Beyond the requirement that voters pay a fee to participate in this election, our survey emphasises the diversity of voters’ motivations. Whereas some of them mobilized because of their proximity to the main right-wing party (“Les Républicains”) and its networks, others went to vote mainly owing to their social characteristics. The landslide victory of François Fillon in this election can be interpreted as a twofold ability to meet the expectations of this part of the right-wing electorate and to use local partisan networks.

    Julien Boyadjian, « Les conditions de scientificité des Big Data en science politique », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2018, n°67, pp. 919-929   

    RésuméCet article propose de prolonger le débat initié par Dominique Boullier concernant l'influence des big data en sciences sociales. Sans remettre en cause l'idée selon laquelle l'analyse des phénomènes numériques peut nécessiter la constitution d'un nouveau courant épistémologique, on souhaite exposer, de manière complémentaire, un autre point de vue : les big data peuvent également permettre d'articuler les différentes traditions épistémologiques existantes des sciences sociales, à condition, premièrement, de combiner les nouvelles technologies numériques avec les méthodes d'enquête « traditionnelles » et, deuxièmement, de mobiliser les notions et concepts canoniques des sciences humaines et sociales pour analyser les phénomènes numériques.

    Julien Boyadjian, Aurélie Olivesi, Julien Velcin, « Le Web politique au prisme de la science des données », Réseaux : communication, technologie, société, Lavoisier, La Découverte, 2017, n°204 

    Julien Boyadjian, Aurélie Olivesi, Julien Velcin, « Le web politique au prisme de la science des données : Des croisements disciplinaires aux renouvellements épistémologiques », Réseaux, Réseaux, 2017, n°204, pp. 9-31   

    Cet article interroge l’influence réciproque de la science des données et des sciences sociales pour analyser le Web politique. En fournissant des outils (partiellement) automatisés de collecte et d’analyse des corpus numériques, la science des données apporte une aide précieuse aux chercheurs en sciences sociales se trouvant confrontés aux problématiques du « big data ». Et par leur retour d’expérience et leurs usages critiques de ces outils, les chercheurs en sciences sociales contribuent à enrichir les résultats de la science des données. Ce croisement disciplinaire fait se confronter des méthodologies structurées de part et d’autre, notamment lors des phases de constitution du corpus, d’analyse des données et d’extrapolation des résultats. Pour chacune de ces étapes de la recherche, nous montrons les spécificités heuristiques et techniques des terrains numériques, les problèmes méthodologiques et épistémologiques qui leur sont intrinsèquement liés et la façon dont la science des données peut y répondre.

    Julien Boyadjian, Julien Velcin, « ‪L’analyse quantitative des médias sociaux, une alternative aux enquêtes déclaratives ?‪ : La mesure de la popularité des personnalités politiques sur Twitter », Questions de communication, Questions de communication, 2017, n°31, pp. 111-135   

    L’article présente les premiers résultats d’une recherche interdisciplinaire dont l’objectif est d’identifier les logiques sociales de production des messages politiques sur Twitter. Cette recherche vise précisément à démontrer l’intérêt d’une approche interdisciplinaire de l’objet. Il s’agit, d’une part, d’élaborer des algorithmes permettant d’analyser de manière supervisée et non supervisée un très grand nombre de messages politiques afin d’en identifier la polarité et la cible et, d’autre part, de comparer ces informations à des données de sondages d’opinion afin de mieux saisir les relations (ou l’absence de relations) entre les dynamiques d’opinion en ligne et hors ligne.

    Julien Boyadjian, « Hersh (Eitan D.) – Hacking the Electorate. How Campaigns Perceive Voters. – New York, Cambridge University Press, 2015. x + 262 p. Figures. Annexes. Bibliogr. Index », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2017, n°67, p. -  

    Julien Boyadjian, Aurélie Olivesi, Julien Velcin, « Le web politique au prisme de la science des données », Réseaux : communication, technologie, société, Lavoisier, La Découverte, 2017, n°4 

    Julien Boyadjian, David Gouard, Julien Audemard, Christèle Marchand-Lagier, « Les trois électorats de la primaire de la droite et du centre: Mobilisation et production des votes aux limites de l’entre-soi. », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2017, n°6  

    Julien Boyadjian, « Les usages politiques différenciés de Twitter : Esquisse d’une typologie des  twittos politiques  », Politiques de communication, Politiques de communication, 2016, n°6, pp. 31-58   

    Les propriétés sociales et les usages politiques des utilisateurs de Twitter – les « twittos politiques » – demeurent encore mal connus des chercheurs. Afin d’établir une sociologie de cette population, nous avons mené une enquête par questionnaire auprès d’un échantillon aléatoire d’usagers, que nous avons ensuite complété par une analyse qualitative de leurs comptes. À partir de l’analyse croisée de ces deux jeux de données, nous proposons d’esquisser une typologie des « twittos politiques ».

    Julien Boyadjian, « La science politique face aux enjeux du big data et de la protection des données personnelles sur internet », Revue du droit public, Revue du droit public, 2016, n°Javier, pp. 7-16  

    Julien Boyadjian, « Twitter, un nouveau  baromètre de l'opinion publique  ? », Participations, Participations, 2014, n°8, pp. 55-74   

    L’article interroge l’hypothèse selon laquelle Twitter serait devenu un espace privilégié pour étudier, mesurer voire « prédire » l’opinion publique. Selon certains travaux, ce serait la forte présence de « leaders d’opinion » sur le réseau qui expliquerait son caractère « prédictif ». Afin de discuter cette hypothèse, nous avons constitué un panel de 1 228 individus dont nous avons suivi l’activité durant quatre mois. Le principal résultat est que la majorité des enquêtés, bien que fortement dotés en capitaux culturels, ne parlent que très rarement de politique : seule une minorité peut être apparentée à des « leaders d’opinion ».

  • Julien Boyadjian, « Internet et les nouvelles formes de participation politique », le 28 mars 2019  

    Colloque organisé par le projet ANR APPEL (ANR-14-CE29-0010), avec le soutien du CERAPS (Université de Lille), du CEDITEC (UPEC), du CEVIPOL (Université Libre de Bruxelles) et du CReSPo (Université Saint-Louis-Bruxelles)

    Julien Boyadjian, « Méthode, intégrité scientifique & données », le 16 février 2018  

    Organisé par l’Equipe MSH Sud CommonData

    Julien Boyadjian, « Porter la parole. Modalités, contraintes et métamorphoses d'un rôle politique », le 11 janvier 2018  

    Organisé par Cédric Passard et Nicolas Kaciaf, Maîtres de conférences en science politique à Sciences Po Lille et Samuel Hayat, Chargé de recherche au CERAPS-CNRS

    Julien Boyadjian, Jean-Yves Dormagen, « The concentration of Political Audience on Twitter », 24th IPSA World Congress of Political Science “Politics in a World of Inequality.”, Poznan Poland, le 23 juillet 2016 

    Julien Boyadjian, Marie Neihouser, Jean-Yves Dormagen, «  Why and How to Create a Panel of Twitter Users », American Political Science Association (APSA) Annual Meeting 2015, San Francisco United States, le 03 septembre 2015 

    Julien Boyadjian, Leila Khouas, Caroline Brun, Anne Peradotto, Jean-Valère Cossu, « Etude de l’image de marque d’entités dans le cadre d’une plateforme de veille sur le Web social. », 22ème Conférence sur le Traitement Automatique des Langues Naturelles, Caen, le 22 juin 2015 

    Julien Boyadjian, Marie Neihouser, « Why and How to Create a Panel of Twitter UsersA Hybrid Method for Measuring Opinion », 2nd Inter­na­tional Con­fer­ence on e-​Democracy and Open Gov­ern­ment (CeDEM) Asia 2014,, Hong Kong Hong Kong SAR China, le 04 décembre 2014 

    Julien Boyadjian, Marie Neihouser, « Les différences de genre entre blogueurs et twittos politiques », 1er congrès des « Etudes de genre en France », Lyon, le 03 septembre 2014 

    Julien Boyadjian, Jean-Yves Dormagen, Marie Neihouser, « Panel Random and Digital Networks », Facing an unequal word : challenges for global sociology, Yokohama Japan, le 13 juillet 2014 

    Julien Boyadjian, Caroline Brun, Jean-Yves Dormagen, Young-Min Kim, Claude Roux, « Investigating the Image of Entities in Social Media: Dataset Design and First Results », 9th International Conference on Language Resources and Evaluation, Reykjavik Iceland, le 26 mai 2014 

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Romain Fargier, Youtubeurs de droite radicale et d’extrême droite : les nouveaux professionnels de la politique ?, thèse soutenue en 2024 à Université de Montpellier 2022 sous la direction de Jean-Yves Dormagen présidée par Guillaume Marrel, membres du jury : Fabienne Greffet (Rapp.), Vincent Tiberj (Rapp.), Anaïs Theviot      

    Ce travail de recherche explore le rôle et l'impact des youtubeurs de droite radicale et d'extrême droite sur la scène politique. L'analyse se concentre sur la professionnalisation de ces vidéastes. Deux axes principaux sont étudiés : d'une part, l’analyse de leur discours politique, véhiculant des idéologies nationalistes et conservatrices, influencées par des courants tels que la Nouvelle Droite et les tactiques de l'Alt-Right ; d'autre part, leur approche professionnelle, révélant des stratégies sophistiquées et leur permettant de créer des niches idéologiques et de monétiser leur influence. L'approche qualitative adoptée combine une observation empirique de six vidéastes sélectionnés et une contextualisation de leur environnement. Les résultats montrent que, bien qu'influents, ces youtubeurs ne peuvent être qualifiés de véritables « professionnels de la politique » au sens wébérien. Leur activité s'inscrit davantage dans une dynamique d'auto-promotion et de marketing d'influence que dans un engagement politique traditionnel..

    Manon Berriche, Tu crois que c'est vrai ? : diversité des régimes d'énonciation face aux fake news et mécanismes d'autorégulation conversationnelle, thèse soutenue en 2024 à Université Paris Cité sous la direction de Sophie Pène et Dominique Cardon présidée par Christine Barats, membres du jury : Dominique Pasquier (Rapp.), Arnaud Mercier (Rapp.), Cyril Lemieux et Claire Balleys      

    Les transformations provoquées par le numérique sur la circulation et la consommation de l'information ont conduit de nombreux acteurs du débat public à dépeindre l'écosystème informationnel contemporain comme infesté de fake news et les utilisateurs des réseaux sociaux comme des individus crédules. Pourtant, les constats empiriques issus de la littérature académique montrent que les fakes news occupent une place négligeable dans les habitudes de consommation médiatique des publics et que leur impact sur les croyances, attitudes et comportements des individus reste à ce jour mal évalué. Comment expliquer cette faible propension des utilisateurs des réseaux sociaux à consommer et partager des fake news, alors que la publication de contenus en ligne n'est pas soumise à un contrôle éditorial, ni à des règles de déontologie journalistique ? Et comment expliquer l'intensification de divers enjeux contemporains, tels que la polarisation politique ou l'hésitation vaccinale, alors que les utilisateurs des réseaux sociaux ne semblent pas si vulnérables face aux fake news ? Pour répondre à ces deux questions, deux enquêtes de réception ont été conduites auprès d'utilisateurs francophones de Twitter et Facebook. Chacune de ces deux enquêtes articule des analyses quantitatives de traces numériques, à des observations en ligne et des entretiens. Ce dispositif méthodologique hybride a permis de ne pas réduire les utilisateurs étudiés au fait d'avoir réagi à une fake news sur un réseau social particulier et d'examiner plus largement la variété de leurs pratiques (informationnelles comme conversationnelles) au sein de différentes situations d'interactions (en ligne comme hors-ligne), tout en identifiant certaines de leurs caractéristiques socio-démographiques. Trois résultats principaux ressortent de la thèse. Premièrement, le partage de fake news est loin d'affecter de façon égale et indifférenciée l'ensemble des utilisateurs des réseaux sociaux, mais n'est en réalité observable que pour un groupe restreint d'internautes dont la particularité n'est pas d'être moins éduqués ou moins dotés en compétences cognitives que les autres, mais davantage politisés et défiants à l'égard des institutions. Bien que minoritaires, ces utilisateurs sont cependant susceptibles de faciliter la mise à l'agenda des opinions défendues par leur camp politique dans le débat public en raison de leur hyperactivité en ligne et des très nombreuses informations d'actualité qu'ils partagent. Deuxièmement, les utilisateurs des réseaux sociaux exposés à des fake news sont en mesure de déployer des formes de distance critique, de façon plus ou moins importante, selon leur position dans l'espace social et les contraintes énonciatives des situations d'interactions (familiales, professionnelles, etc.) dans lesquelles ils se trouvent, soit en faisant preuve de "prudence énonciative", soit en exprimant des points d'arrêt", c'est-à-dire en intervenant dans le flux d'une conversation pour contester la crédibilité d'un énoncé. Troisièmement, ces formes de distance critique observées au cours d'échanges conversationnels permettent rarement l'émergence de véritables débats délibératifs, pas plus que l'expression d'un pluralisme agonistique, mais donnent plutôt lieu à des dialogues de sourds entre une minorité d'utilisateurs particulièrement actifs en ligne. Nos conclusions invitent les futures études académiques, ainsi que le débat public, à se décentrer de la seule question des fake news afin de ne pas négliger d'autres troubles de l'information et de la communication, comme la manipulation de l'agenda politique ou la brutalisation du débat public par une minorité d'utilisateurs, et les mécanismes de spirale du silence qui en découlent.

    Muhammad Umer Gurchani, Political Homophily and the Role of Retweeters in the French Twitter Network, thèse soutenue en 2021 à Montpellier sous la direction de Jean-Yves Dormagen présidée par Guillaume Marrel, membres du jury : Fabienne Greffet (Rapp.), Camille Roth      

    Dans cette thèse, j'ai séparé le réseau Twitter français du réseau Twitter mondial et j'ai détecté la structure communautaire au sein de ce réseau dans le but de mesurer l'évolution des niveaux d'homophilie concernant les identités des communautés. Je voulais savoir si le fait d'être sur Twitter et de faire partie d'une communauté politique sur Twitter encourage tous les types de communautés à s'isoler de plus en plus des autres communautés, rendant ainsi difficile pour le réseau Twitter d'agir comme une " sphère publique " au sens habermassien. Deuxièmement, j'ai voulu vérifier la caractéristique unique du " retweet " sur Twitter afin d'enquêter sur l'identité de ces retweeters et si le retweet politique peut être considéré comme un pont entre les élites et les masses, ce qui confirmera la nature profondément hiérarchique du réseau Twitter et donc la notion de Habermas de " refeudalisation de la sphère publique ". Dans cette recherche, j'ai découvert que le seul groupe qui s'est progressivement écarté au fil du temps du reste de la sphère publique appartient aux utilisateurs ayant des valeurs nationalistes extrêmes et appartient généralement à des partis politiques tels que le Rassemblement National et (certains groupes de) Les Républicains. L'effet de la présence sur Twitter n'est donc pas uniforme sur tous les groupes politiques. Dans la deuxième partie de la thèse, j'ai examiné de près le rôle du retweet politique et j'ai découvert que le retweet dans le cas des utilisateurs de Twitter du Rassemblement National est généralement utilisé pour le renforcement idéologique de manière descendante plutôt que pour la diffusion d'idées au grand public. Cette observation nous permet de voir que l'isolement d'une communauté par rapport au réseau global peut conduire à la formation de clusters avec des niveaux élevés de renforcement idéologique, qui se fait également de manière hiérarchique descendante.