• THESE

    Le concept de voile d'ignorance dans la philosophie de John Rawls, soutenue en 2004 à Paris EHESS sous la direction de Monique Canto-Sperber 

  • Speranta Dumitru, Ekrame Boubtane, Aurore Flipo, Flore Gubert, Céline Mouzon, Les migrations au-delà des fantasmes, Alternatives économiques, 2019, 112 p. 

    Speranta Dumitru (dir.), Les sciences sociales sont-elles nationalistes ?, Presses de Sciences Po, 2014, 169 p. 

    Speranta Dumitru (dir.), D'après Rawls, Presses de Sciences Po, 2009, 177 p. 

    Speranta Dumitru, Marc Rüegger (dir.), Choisir ses immigrés ?, Presses de Sciences Po, 2007, 245 p. 

    Speranta Dumitru (dir.), Libertarisme de gauche, Presses de Sciences Po, 2006, 236 p. 

    Speranta Dumitru, Monique Canto-Sperber, Le concept de voile d'ignorance dans la philosophie de John Rawls, 2004, 344 p.  

    John Rawls (1921-2002) a soutenu que les principes de la justice doivent être choisis derrière un "voile d'ignorance", c'est-à-dire sans que personne ne connaisse ni sa place dans la société, ni ses talents ni sa conception du bien. Cette thèse montre que fonder la justice sur l'idée du voile d'ignorance est une entreprise tant vaine que problématique. Premièrement, son inutilité tient à l'impossibilité de dériver les deux principes de Rawls et, plus généralement, de soutenir une position égalitaire. Aux démonstrations des économistes, cette thèse ajoute une observation épistemologique : pour que l'ignorance puisse constituer une prémisse pour la dérivation des principes, elle doit toujours être traduite en une forme de savoir. Comme les arguments fondés sur l'ignorance sont indirects, la justification des principes serait plus solide si elle procédait à partir de ce savoir même. En second lieu, on montre que le voile d'ignorance rawlsien a un caractère problématique si l'on juge selon les intuitions qu'il engage. Cette dissertation montre, par exemple, que l'idée selon laquelle la répartition des talents serait le fruit du "hasard naturel", malgré son apparence intuitive, est difficilement défendable. De même, il n'est pas suffisant, selon les arguments présentés ici, de choisir les principes de la justice derrière un voile d'ignorance pour garantir leur équité.

  • Speranta Dumitru, « Migration », in Aurélia Bardon, Benjamin Boudou (dir.), Théorie politique, Bruylant, 2025  

    Speranta Dumitru, « Pandémies: le nationalisme est mauvais pour la santé », in Hirsch, Emmanuel (dir.), Pandémie 2020 - Éthique, société, politique, Cerf, 2020   

    Speranta Dumitru, « Nationalisme méthodologique », in Patrick Savidan (dir.), Dictionnaire des inégalités et de la justice sociale, Presses Universitaires de France, 2018   

    Speranta Dumitru, « Czy świat bez paszportów to utopia? », Migranci, migracje. O czym warto wiedzieć, by wyrobić sobie własne zdanie, 2017   

    Speranta Dumitru, Caroline Caplan, « POLITIQUES D'IRREGULARISATION PAR LE TRAVAIL : LE CAS DE LA FRANCE », Coherence and Incoherence in Migration Management and Integration - Cohérence et incohérence dans la gestion des migrations et de l'intégration, Les Editions Thémis, 2017   

    Speranta Dumitru, « Qu'est-ce que le libéralisme égalitaire? Comprendre la philosophie de Macron », Trois ans de Conversation: l'actu vue par les chercheurs, The Conversation, 2017, pp. 49-54   

    Speranta Dumitru, « Un monde sans passeports serait-il utopique ? », in Hélène Thiollet (dir.), Migrants, migrations, Armand Collin, 2016, pp. 59-61   

    Speranta Dumitru, « Care drain : le piège sexiste du nationalisme », in Caponio et al (dir.), World Wide Women: Globalizzazione, Generi, Linguaggi, CIRSDe Università degli Studi di Torino, 2011, pp. 51   

    Speranta Dumitru, « Are Rawlsians Entitled to Monopoly Rights? », in Axel Gosseries, Alain Marciano, Alain Strowel (dir.), Intellectual Property and Theories of Justice, Palgrave Macmillan, 2008, pp. 57-72 

    Speranta Dumitru, Alain Leplège, « La course aux brevets dans la médecine personnalisée : une étude de cas », in Emmanuel Hirsch (dir.), Traité de Bioéthique, Eres, 2007 

    Speranta Dumitru, « Le certificat de magyar et l’émergence du consensus par recoupement », in Ionescu, Alexandra, Tomescu-Hatto, Odette (dir.), Politiques et société dans la Roumanie contemporaine, L'Harmattan, 2004 

    Speranta Dumitru, « La fragmentation du peuple et le nationalisme post-communiste », in Desbrousses, Hélène, Peloile, Bernard, Raulet, Gérard (dir.), Le peuple, figures et concepts : entre identité et souveraineté, François-Xavier de Guibert, 2003 

  • Speranta Dumitru, « Droit des étrangers : il faut abolir l’autorisation de travail », France Forum, Institut Jean Lecanuet, 2025, n°3, pp. 60-62   

    Speranta Dumitru, « Droit des étrangers : il faut abolir l’autorisation de travail », France Forum, France Forum, 2025, n°421, pp. 60-62  

    Speranta Dumitru, Ettore Recchi, « The French Exception on the European Migration Scene », Metropolitics.eu, , 2024   

    Speranta Dumitru, Ettore Recchi, « L’exception française sur la scène migratoire européenne », Métropolitiques, Métropolitiques, 2024   

    Speranta Dumitru, « Abolir les passeports ? Les gouvernements contre l’opinion », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, Association Paul Langevin, 2023, n°158   

    Speranta Dumitru, « L’abolition des passeports : une revendication de gauche ou de droite ? », Hommes & Migrations, Hommes & Migrations, 2023, n°1341, pp. 168-176   

    Le régime international des passeports obligatoires, tel qu’il existe aujourd’hui, est un legs de la Grande Guerre. Après l’Armistice, deux « Conférences des passeports » organisées par la Société des Nations envisagent de l’abolir. Ces conférences rencontrent un écho inégal dans la presse française de l’entre-deux-guerres. Les quotidiens qui publient le plus d’articles sont de droite ou de centre-droit. Mais les journaux analysés semblent davantage intéressés par la suppression des passeports que par les efforts de la SDN en la matière.

    Speranta Dumitru, « The ethics of immigration: How biased is the field? », Migration Studies , Oxford University Press, 2023, n°1, pp. 1-22   

    Speranta Dumitru, « L’abolition des passeports : une revendication de gauche ou de droite ? », Hommes & migrations, Musée de l’histoire de l’immigration, 2023, n°1341   

    Speranta Dumitru, « La Théorie de la justice de Rawls est-elle biaisée par le nationalisme méthodologique? », Dianoia. Rivista di Filosofia, Dipartimento di Filosofia e Comunicazione dell'Università di Bologna, 2021, n°2   

    Speranta Dumitru, « Travailleuses domestiques et autres stéréotypes sur les femmes migrantes », L'Économie politique, L'Économie politique, 2019, n°84, pp. 59-71  

    Speranta Dumitru, « Travailleuses domestiques et autres stéréotypes sur les femmes migrantes », L'Économie politique, Scop-Alternatives économiques, 2019   

    Speranta Dumitru, « How neo-Marxism creates bias in gender and migration research: evidence from the Philippines », Ethnic and Racial Studies, Taylor & Francis (Routledge), 2018, n°15   

    Speranta Dumitru, « La production de l’immigration irrégulière en France : une question d’insécurité humaine », Migrations Société, Migrations Société, 2018, n°171, pp. 35-48  

    Speranta Dumitru, « La production de l’immigration irrégulière en France : une question d’insécurité humaine », Migrations Société, CIEMI (Centre d'information et d'études sur les migrations internationales) , 2018, n°1   

    Speranta Dumitru, « ‪Féminisation de la migration qualifiée : les raisons d’une invisibilité‪ », Hommes & Migrations, Hommes & Migrations, 2017, n°1317-1318, pp. 146-153  

    Speranta Dumitru, « Féminisation de la migration qualifiée : les raisons d’une invisibilité », Hommes & migrations, Musée de l’histoire de l’immigration, 2017   

    Speranta Dumitru, Abdeslam Marfouk, « ‪Existe-t-il une féminisation de la migration internationale ?‪ : Féminisation de la migration qualifiée et invisibilité des diplômes », Hommes & Migrations, Hommes & Migrations, 2016, n°1311, pp. 31-41   

    La « féminisation de la migration internationale » constitue la nouvelle formule magique de nombreuses études migratoires. Or, depuis un demi-siècle, la part des femmes dans la migration internationale n’a pas vraiment augmenté. En revanche, les femmes représentent aujourd’hui plus de la moitié des migrants diplômés de l’enseignement supérieur dans les pays de l’OCDE. Pourtant, cette féminisation de la migration qualifiée est moins souvent discutée. Comme si les diplômes des femmes migrantes devaient rester aussi invisibles dans la recherche que sur le marché du travail.

    Speranta Dumitru, « “Care drain”. Explaining bias in theorizing women’s migration », Romanian Journal of Society and Politics, Faculty of Political Science, National University of Political Science and Public Administration, 2016, n°2, pp. 7-24   

    Speranta Dumitru, Marfouk Abdeslam, « Existe-t-il une féminisation de la migration internationale? Féminisation de la migration qualifiée et invisibilité des diplômes », Hommes & migrations, Musée de l’histoire de l’immigration, 2015, pp. 31-41   

    Speranta Dumitru, « De quelle origine êtes-vous ? Banalisation du nationalisme méthodologique », Terrains/Théories, Université Paris Nanterre, 2015, n°3   

    Speranta Dumitru, Idil Atak, « Penser l'ouverture des frontières », Éthique publique : Revue internationale d'éthique sociétale et gouvernementale, École nationale d’administration publique du Québec (ÉNAP). Observatoire de l'administration publique (Canada) , 2015, n°1  

    Speranta Dumitru, Idil Atak, « Pourquoi penser l’ouverture des frontières », Éthique publique : Revue internationale d'éthique sociétale et gouvernementale, École nationale d’administration publique du Québec (ÉNAP). Observatoire de l'administration publique (Canada) , 2015, n°1   

    Speranta Dumitru, « Éditorial », Raisons politiques, Raisons politiques, 2014, n°54, pp. 5-7  

    Speranta Dumitru, « Qu'est-ce que le nationalisme méthodologique ? : Essai de typologie », Raisons politiques, Raisons politiques, 2014, n°54, pp. 9-22   

    Résumé Cet article montre qu’il existe au moins trois versions différentes de nationalisme méthodologique que nous appellerons stato-centriste (la prééminence injustifiée accordée à l’État-nation dans les sciences sociales), territorialiste (penser l’espace comme découpé en territoires) et groupiste (comprendre la société comme la société de l’État-nation). Si ces trois versions sont logiquement distinctes, comme nous le montrerons, cette typologie représente un outil pour mieux évaluer le poids du nationalisme méthodologique dans les sciences sociales. Divisé en trois parties, cet article a pour objectif de montrer que : 1) les trois versions sont toutes présentes dans la littérature sur le nationalisme méthodologique, sans toujours être distinguées ; 2) le problème épistémologique que pose le nationalisme méthodologique est parfois confondu avec des questions ontologiques ou normatives concernant la mondialisation et les frontières étatiques ; 3) les trois versions de nationalisme méthodologique sont logiquement indépendantes les unes des autres, ce qui peut être illustré par quelques exemples.

    Speranta Dumitru, « Wihtol de Wenden (Catherine) – Le droit d’émigrer. – Paris, CNRS Éditions, 2013 (Débats). 58 p. Bibliogr. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2014, n°64, p. -  

    Speranta Dumitru, « From “brain drain” to “care drain” : Women's labor migration and methodological sexism », Women's Studies International Forum, Elsevier, 2014   

    Speranta Dumitru, « From Birthright Citizenship to Open Borders? Some Doubts », Ethical perspectives / Catholic University of Leuven ; European Centre for Christian Ethics, Peeters Publishers, 2014, n°4   

    Speranta Dumitru, « Qu’est-ce que le nationalisme méthodologique? Essai de typologie », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2014, n°2, pp. 9-22   

    Speranta Dumitru, « Les sciences sociales sont-elles nationalistes? », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2014, n°54   

    Speranta Dumitru, « Des visas, pas de l’aide ! De la migration comme substitut à l’aide au développement », Éthique publique : Revue internationale d'éthique sociétale et gouvernementale, École nationale d’administration publique du Québec (ÉNAP). Observatoire de l'administration publique (Canada) , 2013, n°2, pp. 77-98   

    Speranta Dumitru, « Migration qualifiée, développement et égalité des chances. Une critique de la taxe Bhagwati », Revue de philosophie économique, Revue de philosophie économique, 2012, n°13, pp. 63-91   

    RésuméAu regard du vieux débat sur la « fuite des cerveaux », le devoir de promouvoir le développement des pays pauvres semblait incompatible avec le droit humain à l’émigration. A l’encontre de cette idée, Jagdish Bhagwati a proposé dans les années 70 une mesure qui permettait au personnel qualifié de quitter les pays pauvres, tout en taxant leur revenu au bénéfice de leurs pays d’origine. Cet article discute (et rejette) trois justifications possibles de la taxe Bhagwati. Il conclut qu’une telle mesure ne peut être défendue ni comme une compensation pour ce que le pays aurait gagné si les diplômés n’avaient pas émigré, ni comme une obligation de réciprocité basée sur l’investissement dans l’éducation, ni comme une mesure de diminution de l’inégalité entre les opportunités des migrants et de ceux qui restent au pays. Si la mobilité géographique va de pair avec la mobilité sociale, taxer les migrants revient à taxer la mobilité sociale, plutôt que les hauts revenus eux-mêmes.

    Speranta Dumitru, « Skilled Migration: Who Should Pay for What? A Critique of the Bhagwati Tax », New Diversities, Max Planck Institute for the Study of Religious and Ethnic Diversity, 2012, n°1, pp. 9-23   

    Speranta Dumitru, « Migration and Equality: Should Citizenship Levy Be a Tax or a Fine? », Les ateliers de l'éthique, , 2012, n°2, pp. 34-49   

    Speranta Dumitru, « Migration qualifiée, développement et égalité des chances »: Une critique de la taxe Bhagwati, Revue de Philosophie Economique / Review of Economic Philosophy, Vrin ; De Boeck, 2012, n°2, pp. 63-91 

    Speranta Dumitru, « Editorial », Raisons politiques, Raisons politiques, 2011, n°43, pp. 5-9  

    Speranta Dumitru, « Libres... plus ou moins »: Mesures et concepts de la liberté, Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2011, n°43, p. 5 

    Speranta Dumitru, « Consentement présumé, famille et équité dans le don d'organes », Revue de métaphysique et de morale, Revue de métaphysique et de morale, 2010, n°67, pp. 341-354   

    Cet article propose une évaluation éthique des institutions qui organisent la transplantation avec donneurs décédés, au travers du rôle qu’ elles accordent à la famille survivante. Son objectif est double. Il s’ agit, premièrement, de montrer que la famille possède un pouvoir de décision considérable en matière de prélèvement posthume bien que les législations soient habituellement décrites comme fondées sur le consentement ou l’ opposition des personnes concernées. Deuxièmement, il s’ agit de montrer que les politiques qui octroient un tel pouvoir aux familles manquent à un devoir d’ équité, en négligeant les intérêts à la fois des personnes concernées et des malades en attente de greffe.

    Speranta Dumitru, « CONSENTEMENT PRÉSUMÉ, FAMILLE ET ÉQUITÉ DANS LE DON D'ORGANES », Revue de Métaphysique et de Morale, Presses Universitaires de France, 2010, n°3   

    Speranta Dumitru, « L’éthique du débat sur la fuite des cerveaux », Revue Européenne des Migrations Internationales, Université de Poitiers, 2009, n°1   

    Speranta Dumitru, « Editorial », Raisons politiques, Raisons politiques, 2009, n°33, pp. 5-7  

    Speranta Dumitru, « L'éthique du débat sur la fuite des cerveaux », Revue européenne des migrations internationales, Revue européenne des migrations internationales, 2009, n°25, pp. 119-135   

    Cet article analyse les engagements éthiques qui pèsent sur la méthodologie des recherches sur « la fuite des cerveaux » et qui conduisent les participants au débat public à remettre en cause le droit fondamental d’émigrer pour les personnes qualifiées. Nous identifions cinq présupposés de ce débat : au conséquentialisme, au prioritarisme et au nationalisme, nous ajoutons les biais que nous appelons « sédentaristes » et élitistes. Cette analyse nous permettra de montrer que même si l’émigration des plus talentueux représentait une perte pour le pays d’origine, cette perte n’est pas une raison suffisante pour exiger que les migrants qualifiés la compensent, que ce soit par le paiement d’un impôt (la taxe Bhagwati) ou par un refus du droit d’émigrer. En outre, voir l’investissement public dans l’éducation comme une source d’obligation pour les migrants, c’est considérer l’éducation comme une source de dividendes, plutôt qu’un accès à l’opportunité que les générations présentes doivent aux générations qui les suivent.

    Speranta Dumitru, « DEUX FAÇONS DE MESURER LA LIBERTÉ DE PROCRÉATION », Raison Publique, : Presses universitaires de Rennes, 2009   

    Speranta Dumitru, Insa Breyer, « Undocumented immigrants have the right to have rights : A discourse ethics approach », Raisons politiques, Raisons politiques, 2007, n°o 26, pp. 125-147   

    The aim of this article is to show that refusing to legalize the status of undocumented immigrants who have been long-term residents is a serious violation of human rights. The "right to have rights" ­ a term coined by Hannah Arendt and developed by Sheila Benhabib ­ should be construed first and foremost as the right to a legal existence. We take issue with consequentialists who warn that legalizing the status of undocumented aliens will encourage further undesirable immigration, for withholding legal status in order to deter illegal newcomers is neither efficacious nor just. We conclude that "selective" as opposed to "endured" immigration policies are ethically untenable.

    Speranta Dumitru, Marc Rüegger, « Editorial », Raisons politiques, Raisons politiques, 2007, n°26, pp. 5-9  

    Speranta Dumitru, Insa Breyer, « Les sans-papiers et leur droit d'avoir des droits: Une approche par l'éthique de la discussion », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2007, n°2   

    Speranta Dumitru, « Steiner et la propriété des ressources génétiques », Raisons politiques, Raisons politiques, 2006, n°23, pp. 145-162   

    RésuméCet article a pour objet le conflit entre la propriété de soi-même et le droit aux fruits de son travail qui affaiblit la doctrine libertarienne lorsque l’engendrement des enfants est pris en compte. Hillel Steiner a fourni une solution à ce paradoxe « de la propriété de soi universelle », en arguant que l’information génétique est une ressource naturelle qui exclut originellement tout droit de propriété. Il limite ainsi la propriété des parents sur leurs enfants jusqu’à leur majorité. Cet article montre premièrement que cette solution conduit à ce qui peut être appelé « le paradoxe des premiers propriétaires d’eux-mêmes » : si jamais on pouvait montrer qu’il existe des premiers propriétaires d’eux-mêmes, ceux-ci devraient avoir le droit d’utiliser leurs parents comme des ressources naturelles, y compris pour les faire se reproduire, à condition de payer une taxe sur l’usage de ces ressources naturelles. Deuxièmement, nous montrons que la théorie de la justice génétique de Hillel Steiner souffre de certains défauts, notamment parce qu’elle s’appuie seulement sur les transferts intergénérationnels.

    Speranta Dumitru, « Éditorial », Raisons politiques, Raisons politiques, 2006, n°23, pp. 5-8  

    Speranta Dumitru, « Libertarisme de gauche »: Editorial, Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2006, n°23, pp. 5-8   

    Speranta Dumitru, « Steiner et la propriété des ressources génétiques », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2006, n°23 

    Speranta Dumitru, « La raison publique : une conception politique et non épistémologique ? », Archives de philosophie du droit, Dalloz , 2005, n°49   

    Speranta Dumitru, « Liberté de procréation et manipulation génétique. Pour une critique d'Habermas », Raisons politiques, Raisons politiques, 2003, n°12, pp. 31-54   

    Résumé Cet article prend position contre l’idée, récemment élaborée par J. Habermas, d’un droit à un héritage génétique non modifié. Deux thèses semblent particulièrement problématiques. La première est qu’il y aurait une compréhension universelle de la nature humaine, qui soutiendrait le caractère intouchable du génome. Incompatibles avec une vision moderne, les fondements jadis trouvés dans la nature humaine sont aujourd’hui plus susceptibles d’être saisis dans un équilibre d’une pluralité des valeurs : l’autonomie reproductive, l’intérêt de l’enfant, la justice sociale. La deuxième thèse difficile à défendre concerne la légitimité de l’éventuelle plainte de l’adolescent qui, ayant subi une amélioration génétique, éprouve, de ce seul fait, un sentiment de ne pas être « l’auteur sans partage de sa propre vie ». Toutes choses égales par ailleurs, cette plainte n’est pas valide, à moins que le domaine génétique ne jouisse d’un statut privilégié.

    Speranta Dumitru, « Liberté de procréation et manipulation génétique. Pour une critique d’Habermas », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2003, n°12, pp. 31-54 

    Speranta Dumitru, « L'enseignement de l'histoire en Roumanie », Diogenes (Engl. ed.), SAGE Publications, 2002, n°2, pp. 40-46   

    Speranta Dumitru, « Savamment juste. Notes sur l'épistémologie de la position originelle », Revue de Philosophie Economique / Review of Economic Philosophy, Vrin ; De Boeck, 2002, n°1, pp. 67-84   

  • Speranta Dumitru, « Clonage », in Marzano, Michela (dir.), Dictionaire du corps, Presses Universitaires de France, 2007   

  • Speranta Dumitru, Clément Mougombili, Peut-on être contre l’immigration et pour l’héritage chrétien ?, The Conversation Media Group, 2020 

    Speranta Dumitru, Politiquement correct, le nouveau nom de la politesse ?, The Conversation Media Group, 2020   

    Speranta Dumitru, Gilet jaune ? La majorité des Français fait partie des 10 % les plus riches au monde, The Conversation Media Group, 2019   

    Speranta Dumitru, Qu’est-ce qu’un mouvement social populiste ? Comprendre les gilets jaunes, The Conversation Media Group, 2019   

    Speranta Dumitru, La France sur le point d'abolir les passeports ? Un espoir perdu, The Conversation Media Group, 2018   

    Speranta Dumitru, When world leaders thought you shouldn’t need passports or visas, 2016   

    Speranta Dumitru, Fabien Ferri, Caroline Guibet Lafaye, Karim Bouhassoun, Chronique  Philosophie morale et politique  2013-2014, Presses Universitaires de France, 2015 

    Speranta Dumitru, The Moral Development Index, 2024 

    Speranta Dumitru, Le nationalisme est-il bon pour la santé?, The Conversation Media Group, 2020   

    Speranta Dumitru, Pourquoi les migrants économiques sont des héros, 2018   

  • Speranta Dumitru, « The ethics of passport abolition in the French interwar press », Advancing Cooperation on Asylum and Migration (ACRONYM, EU), Paris, le 04 novembre 2025 

    Speranta Dumitru, « When Travelling Across Borders Meant Developing International Relations », Technologies of Migration – Migrating Technologies - 2025 SHOT Annual meeting, Luxembourg Luxembourg, le 09 octobre 2025 

    Speranta Dumitru, « Is there a conservative case for abolishing passports? », The Ethics of Migration Beyond the State, Leuven Belgium, le 13 mars 2025 

    Speranta Dumitru, « Should passports be abolished? », Citizenship and Global Inequality, Munchen, Germany Germany, le 03 février 2025 

    Speranta Dumitru, « On Passports as Obstacles to the Development of International Relations », 17th EISA Pan-European Conference on International Relations, Lille, le 27 août 2024 

    Speranta Dumitru, « Gerrymandering distributive justice », Mardi intime de la Chaire Hoover, Louvain -la-Neuve Belgium, le 07 décembre 2021 

    Speranta Dumitru, « La citoyenneté en débat(s) », le 22 novembre 2017  

    Organisé pour l’Université Sorbonne Paris Cité (USCP) par Myriam Boussahba-Bravard, Janie Pélabay, Réjane Sénac, Federico Tarragoni et Étienne Tassin

  • Speranta Dumitru, Veniard Marie, Thomas Lacroix, Podcast L'arbre et la pomme : migrants ou réfugiés ? Crise ou phénomène durable ?, 2018   

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Clément Mougombili, La liberté de circulation : justifications philosophiques d'un droit humain fondamental, thèse soutenue en 2022 à Rennes 1 en co-direction avec Jacques-Olivier Bégot présidée par Sylvie Loriaux, membres du jury : Sonny Perseil (Rapp.), Catherine Wihtol de Wenden (Rapp.)    

    Cette thèse propose une analyse philosophique de la liberté de circulation en tant que droit humain fondamental. Inscrit dans la Déclaration universelle des droits humains, le droit de « quitter tout pays, y compris le sien » peine à être reconnu comme fondamental, y compris au sein des démocraties libérales. Lorsque son importance est reconnue, elle est justifiée par des intérêts spécifiques — par exemple, économiques ou démographiques — que la migration devrait servir. L’idée que défend cette thèse est que la liberté de circulation possède une valeur intrinsèque, c’est-à-dire indépendante des intérêts spécifiques qu’elle peut servir. L’argument est ici divisé en deux parties. Dans la première partie, on mobilise l’histoire des idées politiques pour montrer pourquoi la liberté de circulation a été vue comme un droit naturel. Durant trois siècles, les philosophes — de Francisco de Vitoria à Emmanuel Kant, en passant par Hugo Grotius et John Locke — ont puisé, dans la théologie et le droit, des arguments montrant l’importance du droit d’aller et venir. Pourquoi la valeur de la liberté de circulation est-elle moins défendue à notre époque ? La seconde partie de la thèse est consacrée aux critiques contemporaines d’un droit humain à la libre circulation. Si les arguments fondés sur la souveraineté ou la culture nationale sont souvent mobilisés contre l’immigration, l’argument socio-économique est parfois utilisé en faveur de la libre circulation. Cependant, conditionner la liberté à sa valeur économique, c’est méconnaître son caractère fondamental. Cette thèse soutient que la valeur de la liberté de circulation est indépendante des actions spécifiques au travers desquelles elle s’exerce.

  • Jacqueline Bobeche, Exo-financement et projets de développement, quels types de formalisation ? : Analyse de projets financés par les diasporas ivoiriennes, maliennes, sénégalaises, thèse soutenue en 2021 à Paris HESAM sous la direction de Sonny Perseil présidée par Karim Medjad, membres du jury : Catherine Wihtol de Wenden (Rapp.), Benoît Pigé (Rapp.)      

    Cette thèse vise à analyser et à démontrer "l’exo-financement", c'est-à-dire les transferts de fonds par les migrants et les diasporas, comme une contribution essentielle au développement de leurs pays d'origine ; et ce, au regard de l'aide publique au développement. En d'autres termes, il s'agit de répondre à la question suivante : "l'exo-financement" constitue-t-il aussi une « diplomatie » du développement ? Nos travaux de recherche ont été basés sur des enquêtes, entretiens avec des associations de diasporas et des investigations sur le terrain et sur l’exploitation de bases de données. Le corpus sur lequel repose notre analyse a été constitué à partir des rapports d'évaluation de projets financés par l'aide publique au développement. Ceci nous a permis d'identifier un certain nombre de projets et d’investissements réalisés par les migrants et les diasporas dans leurs pays d'origine au regard des projets d'aide publique au développement, spécifiquement, en Afrique de l’Ouest, ainsi que de répondre, arguments et preuves à l’appui, par l’affirmative.

    José Álvarez Sánchez, Repenser la responsabilité lors de la mondialisation : vers une conception de la méta-responsabilité, thèse soutenue en 2017 à Sorbonne Paris Cité sous la direction de Corine Pelluchon présidée par Emmanuel Picavet, membres du jury : Patrick Savidan (Rapp.), Robert Howse      

    Les domaines de la philosophie et de la théorie politique ont connu un certain nombre de changements au cours des quarante dernières années. L'un attire notre attention tout particulièrement ; le basculement d'un point de vue national, cristallisé par le contrat social rawlsien, vers un point de vue non-national. En effet, plusieurs penseurs abordent un ensemble de phénomènes considérés comme nouveaux, tels que les traités de libre commerce et l'économie globale, les entreprises et les institutions supra et transnationales, l'immigration et les contrôles frontaliers etc. Ces changements sont intéressants puisqu'ils obéissent, principalement, à une évolution majeure du terrain politique et social que l'on appelle mondialisation. Les théoriciens travaillant dans le domaine de la justice globale semblent s'adresser à deux questions différentes mais reliées. La première concerne la justice globale : dans quelle mesure et pourquoi l'ordre mondial est-il juste ou injuste ? Qu'est-ce qu'un ordre global juste ? La deuxième est dans un sens corollaire à la première, et concerne la responsabilité : qui devrait être blâmé ou digne d'éloge pour l'ordre mondial ? Est-ce que les citoyens sont responsables de l'ordre mondial ? Qui devrait redresser ses éventuelles conséquences injustes ? Face à l'économie mondialisée et aux institutions politiques et économiques internationales et trans-nationales, cette interrogation devient légitime et nécessaire : suis-je responsable à l'égard des travailleurs des sweat shop lorsque j'achète des habits à Auchan ou bien à l'égard des caféiculteurs très mal payés lorsque je prends un capuccino dans un café Starbucks ? Est-ce que les citoyens sont responsables des traités de libre commerce que leurs gouvernements signent ? Ces questions sur la responsabilité des individus dans le contexte de la mondialisation seront l'enjeu de ce travail de recherche. Nous interrogerons plus exactement la responsabilité d'un agent lorsqu'il fait partie d'un chaîne causale complexe, lorsqu'il participe d'une injustice structurelle. Ainsi, il ne s'agit pas seulement d'une chaîne causale, mais de connexions qui sont l'issue d'un changement des modes de productions, de consommation et de la concurrence dans un marché mondialisé. Plus important encore, il ne s'agit pas simplement de la responsabilité individuelle mais plutôt de la responsabilité individuelle en tant que citoyen, et donc d'une responsabilité politique. Elle peut certes être individuelle, mais nous devons tenir compte du fait qu'elle doit être pensée en tant que responsabilité politique, et pas uniquement morale, puisque l'individu et ses actions sont déterminés par des communautés politiques dans lesquelles il participe, ou dans lesquelles il est représenté. Ainsi, la mondialisation nous invite à repenser la responsabilité individuelle pour pouvoir rendre compte des intuitions morales et politiques qui guident une bonne partie du champ de la justice globale. Pour cela, nous verrons dans un premier temps la manière dont les théories de la justice globale essaient de répondre à ce défit. Grâce à cela nous dégagerons l'hypothèse qui nous guidera, l'idée que dans la mondialisation, un agent peut être responsable, avec d'autres, des raisons pour lesquelles il n'est pas considéré comme responsable. C'est-à-dire qu'il sera méta-responsable. Dans un second temps, nous essaierons de déterminer un model de responsabilité individuelle, et de comprendre comment la responsabilité est attribuée. Ensuite, nous essaierons de formuler une manière de concevoir la responsabilité politique. Grâce à ces deux éléments, la responsabilité individuelle et la responsabilité politique, nous pourrons parvenir à formuler une conception de la méta-responsabilité comme forme de penser l'agentivité traversée par la mondialisation.

    Armelle Nicolas-Robin, Le don d'organes : toujours plus! Toujours mieux ?Application de la théorie morale conséquentialiste à la pratique du prélèvement d'organes, thèse soutenue en 2016 à Université ParisSaclay ComUE sous la direction de Emmanuel Hirsch et Philippe Steiner présidée par Didier Houssin, membres du jury : Sadek Beloucif (Rapp.), Ali Benmakhlouf (Rapp.)      

    La transplantation d'un organe peut s’avérer être le traitement de dernier recours en cas de dysfonctionnement terminal. Mais le nombre de greffons proposés à la transplantation ne suffit pas à satisfaire le nombre croissant de demandes. Des solutions alternatives sont proposées pour tenter de réduire cet écart. Certaines d'entre elles peuvent heurter les principes philosophiques fondateurs de cette activité médicale, qui constituent prioritairement le socle d'une éthique de conviction.Limité à la transmission d'un organe prélevé sur une personne décédée, ce travail de thèse propose une exploration raisonnée de certains éléments principiels, tels que le consentement, la gratuité et la "règle du donneur mort". Dans un second temps, il présente une lecture critique de certaines solutions nouvellement proposées, éclairée par une vision conforme à une éthique de responsabilité.