Pascal Bonnard, Dorota Dakowska, Boris Gobille (dir.), Faire, défaire la démocratie : De Moscou, Bogota et Téhéran au Conseil de l’Europe, Editions Karthala, 2022, 347 p.
Cet ouvrage part d'un paradoxe d'une brûlante actualité : alors que les régimes autoritaires tendent à se durcir et que les libertés publiques sont de plus en plus remises en question dans les démocraties libérales, le formalisme démocratique (norme électorale, expression de la « société civile », dispositifs participatifs, etc.) continue d'être très largement mobilisé comme source de légitimation interne et internationale. À partir d'enquêtes menées sur les pratiques d'une grande diversité de pays (Algérie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Colombie, France, Iran, Pologne, Russie, Turquie), les contributions rassemblées ici donnent à voir comment la norme démocratique, tout en demeurant incontournable, se trouve dans bien des cas affaiblie sinon vidée de sa substance à mesure qu'elle recouvre des formes plus ou moins raffinées de surveillance et de contrôle. Apparaît ainsi le brouillage contemporain de la frontière entre autoritarisme et démocratie, auquel les démocraties et les organisations internationales prêtent parfois leur concours lorsqu'elles sont amenées à en rabattre sur leurs standards
Pascal Bonnard, Dorota Dakowska, Boris Gobille, Faire, défaire la démocratie , 2021
Cet ouvrage part d’un paradoxe d’une brûlante actualité : alors que les régimes autoritaires tendent à se durcir et que les libertés publiques sont de plus en plus remises en question dans les démocraties libérales, le formalisme démocratique (norme électorale, expression de la « société civile », dispositifs participatifs, etc.) continue d’être très largement mobilisé comme source de légitimation interne et internationale. À partir d’enquêtes menées sur les pratiques d’une grande diversité de pays (Algérie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Colombie, France, Iran, Pologne, Russie, Turquie), les contributions rassemblées ici donnent à voir comment la norme démocratique, tout en demeurant incontournable, se trouve dans bien des cas affaiblie sinon vidée de sa substance à mesure qu’elle recouvre des formes plus ou moins raffinées de surveillance et de contrôle. Apparaît ainsi le brouillage contemporain de la frontière entre autoritarisme et démocratie, auquel les démocraties et les organisations internationales prêtent parfois leur concours lorsqu’elles sont amenées à en rabattre sur leurs standards.Sommaire : Pages de début (p. 1-6)| Introduction. Au nom de la démocratie. Arènes transnationales, passeurs locaux, appropriations autoritaires (p. 7-21)| Chapitre 1. La fabrique internationale de la « démocratie » et de l’« autoritarisme » : l’Azerbaïdjan et le Bélarus au prisme du Conseil de l’Europe (p. 25-61)| Chapitre 2. Parlement démocratique ou chambre d’enregistrement ? (p. 63-89)| Chapitre 3. (Ré)interroger le rôle des droits humains en démocratie : la contribution de la Cour interaméricaine des droits de l’Homme à la démocratie colombienne (p. 91-126)| Chapitre 4. Comment la Russie dévoie l’observation électorale internationale (p. 127-155)| Chapitre 5. Circulations et appropriations de pratiques démocratiques en situation autoritaire : quel rôle pour les experts en stratégie électorale en Russie ? (p. 159-187)| Chapitre 6. La « société civile » dans l’ordre autoritaire : perspectives croisées sur le monde associatif en Russie et en Turquie (p. 189-216)| Chapitre 7. Subvertir et instrumentaliser l’action collective (p. 217-244)| Chapitre 8. Le Téhéran du futur sera participatif ! (p. 245-268)| Chapitre 9. Pluralisme limité ou démocratie militante ? Leçons du cas algérien (p. 271-295)| Chapitre 10. La crise parlementaire de décembre 2016 en Pologne (p. 297-324)| Postface. Sur les atteintes à l’État de droit dans les démocraties « consolidées » (p. 325-338)| Ont contribué à cet ouvrage (p. 339-342)| Pages de fin (p. 343-350).
Pascal Bonnard, Cécile Robert (dir.), Les professionnels des voisinages de l'Union européenne, PUF, 2020, 283 p.
Pascal Bonnard, Le gouvernement de l'ethnicité en Europe post-soviétique : minorités et pouvoir en Lettonie, Dalloz, 2013, Nouvelle Bibliothèque de Thèses, 434 p.
La 4e de couverture indique : "Le livre de Pascal Bonnard montre comment s'opèrent les mutations du clivage ethnique (qui peut ici être rapporté à d'autres situations), en relation avec d'autres clivages sociaux. En fait, l'intérêt de cette recherche est dans son potentiel de généralisation théorique. Et c'est aussi ce qui lui confère sa grande force explicative. Les logiques déconstruites autour de l'objet de l'ethnicité par l'auteur peuvent s'interpréter de manière comparable dans d'autres contextes qui n'ont rien à voir avec le post-soviétisme, d'où est absente la minorité non titulaire russe ou russophone, tout comme le facteur géopolitique de l'« étranger proche ». Cette recherche abonde en trouvailles pertinentes et en remises en cause des certitudes interprétatives préacquises"
Pascal Bonnard, Georges Mink (dir.), Le passé au présent : gisements mémoriels et actions historicisantes en Europe centrale et orientale, Michel Houdiard, 2010, 324 p.
Pascal Bonnard, Recompositions identitaires des populations non-titulaires en Lettonie: stratégies de construction et de déconstruction d'un groupe russophone, 2005, 127 p.
Pascal Bonnard, Carole Sigman, « 1989 in the East. Between Order and Subversion. Introduction », in Pascal Bonnard, Carole Sigman (dir.), 1989 in the East. Between Order and Subversion, Routledge, 2026
Pascal Bonnard, Dorota Dakowska, Boris Gobille, « Introduction. Au nom de la démocratie. Arènes transnationales, passeurs locaux, appropriations autoritaires », in Bonnard, Pascal, Dakowska, Dorota, Gobille, Boris (dir.), Faire, défaire la démocratie : de Moscou, Bogota et Téhéran au Conseil de l’Europe, Karthala, 2021, pp. 7-21
Pascal Bonnard, « Discipliner un savoir de gouvernement : la construction des études européennes en Pologne », in Larat, Fabrice, Mangenot, Michel, Schirmann, Sylvain (dir.), Les études européennes: genèses et institutionnalisation, L'Harmattan, 2018
Pascal Bonnard, « La fabrique de la politique du multilinguisme de l’UE : au-delà du récit enchanté d’une avancée démocratique », in Cailleux, Dorothée, Sakhno, Sergueï, Raviot, Jean-Robert (dir.), Situations de plurilinguisme et politiques du multilinguisme en Europe, Peter Lang, 2016, pp. 61-72
Pascal Bonnard, « Colons, minorités, immigrés... »: Une analyse des luttes de nomination des populations minoritaires consécutives au transfert du droit européen sur les minorités en Lettonie, in Paul Bauer, Christian Jacques, Mathieu Plésiat, Máté Zombory (dir.), Minorités nationales en Europe centrale. Démocratie, savoirs scientifiques et enjeux de représentation, Centre français de recherche en science sociales (CEFRES), 2011, pp. 49-70
Pascal Bonnard, « Goujon (Alexandra) – L’Ukraine, de l’indépendance à la guerre. – Paris, Le Cavalier bleu, 2023 [2021] (Idées reçues). 192 p. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2025, n°73, pp. 948-949
Pascal Bonnard, Frédéric Zalewski, « L’échec du CAEM, une histoire des rapports de pouvoir dans le monde socialiste : Entretien avec Simon Godard », Revue d’études comparatives Est-Ouest, Revue d’études comparatives Est-Ouest, 2022, n°2, pp. 111-122
Pascal Bonnard, « L'échec du CAEM, une histoire des rapports de pouvoir dans le monde socialiste : entretien avec Simon Godard », Revue d'Etudes Comparatives Est-Ouest, Presses Universitaires de France, 2022
Pascal Bonnard, Françoise Daucé, Ioulia Shukan, Kathy Rousselet, Anne Madelain [et alii], « Les traces de 1991 », Revue d'Etudes Comparatives Est-Ouest, Presses Universitaires de France, 2021, n°2
Pascal Bonnard, Cécile Robert, « Expertise et assistance technique dans les marches de l’Europe », Revue d'Etudes Comparatives Est-Ouest, PUF, 2021, n°42020, pp. 7-44
Pascal Bonnard, Cécile Robert, « Les professionnels des voisinages de l'Union européenne », Revue d'Etudes Comparatives Est-Ouest, Presses Universitaires de France, 2021, n°42020, p. 283
Pascal Bonnard, Jana Vargovčíková, « Entretien avec Georges Mink », Revue d’études comparatives Est-Ouest, Revue d’études comparatives Est-Ouest, 2019, n°2-3, pp. 215-232
Pascal Bonnard, « Maria Bigday, L’engagement intellectuel sous régime autoritaire. Les think tankers biélorusses entre expertise et dissidence : Paris, Dalloz, 2017 », Revue d’études comparatives Est-Ouest, Revue d’études comparatives Est-Ouest, 2018, n°3, pp. 130-134
Pascal Bonnard, Cécile Jouhanneau, « Governing the memories of communism in Central and Eastern Europe : policy instruments and social practices », Perspectives on European Politics and Society, Taylor & Francis (Routledge): SSH Titles, 2017, n°1, pp. 1-9
Pascal Bonnard, Cécile Jouhanneau, « Governing the Memories of Communism in Central and Eastern Europe. Policy Instruments and Social Practices », European Politics and Society, Taylor & Francis, 2017, n°1
Pascal Bonnard, « Dorota Dakowska, Le Pouvoir des fondations : des acteurs de la politique étrangère allemande, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2014. », Revue d’études comparatives Est-Ouest, Revue d’études comparatives Est-Ouest, 2015, n°46, pp. 210-215
Pascal Bonnard, « Vadim V. Polecuk et Valerij V. Stepanov(dir.), Etniceskaja politika v stranakh Baltii [La politique ethnique dans les pays de la Baltique], Moskva, Nauka, 2013. », Revue d’études comparatives Est-Ouest, Revue d’études comparatives Est-Ouest, 2015, n°46, pp. 222-228
Pascal Bonnard, Wojciech Paweł Sosnowski, « The current evolution of Slavic languages in Central and Eastern Europe in the context of the EU multilingualism policy », Cognitive Studies = Etudes cognitives (Warsaw. Online), Instytut Slawistyki PAN, 2015, n°15
Pascal Bonnard, « Les conflits autour des minorités en Lettonie et la circulation des normes européennes : Jeux d’échelles, ressources et contraintes », Revue d’études comparatives Est-Ouest, Revue d’études comparatives Est-Ouest, 2014, n°45, pp. 275-301
La plupart des travaux scientifiques qui examinent les effets produits par le transfert de normes européennes sur les minorités en Lettonie restreignent leur analyse aux aspects juridiques de ce processus, se contentant de mesurer les changements de la législation. De fait, si la conditionnalité européenne a contribué à modifier les législations sur la citoyenneté ou sur la langue, elle a également eu d’autres conséquences. Ainsi, les luttes symboliques concernant les populations minoritaires, qui portent sur la définition de leur statut et de leur place dans la nation lettone, sont affectées. Les organisations européennes et le registre juridique sont en effet investis de manière croissante. Cependant, ces nouvelles arènes et procédures sont articulées avec les précédentes : des actions continuent à être entreprises en dehors des démarches juridiques et du cadre européen.
Pascal Bonnard, « Goujon (Alexandra) – Révolutions politiques et identitaires en Ukraine et en Biélorussie (1988-2008). – Paris, Belin, 2009 (Europes centrales). 272 p. Bibliogr. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2011, n°61, p. -
Pascal Bonnard, « Ukraine : Enjeux du débat sur le statut de la langue russe », Le Courrier des pays de l'Est, Le Courrier des pays de l'Est, 2007, n°1060, pp. 87-98
Des régions et assemblées municipales du Sud et de l’Est de
l’Ukraine, où résident en majorité des russophones, ont accordé
symboliquement début 2006 à la
langue russe le statut de langue
régionale, voire de seconde
langue d’Etat, suscitant de vifs
débats au sein de la classe politique, qui n’a pas manqué en
cette période électorale, d’instrumentaliser le thème du statut
du russe, que ce soit pour lui en
donner un ou le lui dénier farouchement. Si l’ukrainien est bien
la seule langue officielle, juridiquement, seul le Parlement peut
décider de faire du russe une
langue d’Etat, mais encore fau-drait-il que les députés votent en
ce sens à la majorité qualifiée,
hypothèse improbable, mais qui
ne manque pas d’être évoquée,
telle une menace, notamment
par le Parti des régions, dit prorusse. La situation est paradoxale à maints égards : le russe
reste la langue de toute l’activité
économique et des médias privés,
est largement utilisé dans la vie
quotidienne, au moins dans certaines régions, et demeure un
vecteur de communication entre
diverses communautés linguistiques, mais le scandale éclate
quand un ministre s’adresse en
russe aux députés de la Rada...
C’est en fait toute la définition
de la nation ukrainienne et de
son intégrité qui est en jeu, les
défenseurs de la langue d’Etat ne
manquant pas de rappeler que le
russe fut imposé au pays par
Moscou, à l’époque soviétique,
l’autre camp récusant bien sûr ce
jugement. Le constat du décalage entre le caractère souvent
très radical des prises de position
tant en faveur du russe que de
l’ukrainien et la timidité des
mesures effectivement prises en
général invitent à examiner comment la question linguistique
s’inscrit dans la conjoncture
politique et représente un enjeu
et un outil dans les luttes pour le
pouvoir, ainsi que dans les relations avec Moscou.