Présentation de l'éditeur
À l’heure où les machines intelligentes envahissent la scène médiatique, où les transhumanistes tentent de s’affranchir des limites de l’homme, où la circulation des données personnelles sème le trouble sur l’identité humaine, où les animaux gagnent en considération et où l’on s’inquiète, en tout lieu, pour l’avenir de la planète, une question cruciale se pose en droit : la vieille distinction des personnes et des choses est-elle encore satisfaisante pour faire face aux grands défis du XXIe siècle ?
C’est à cette problématique que cette recherche entend répondre.
En faisant une large place au dialogue des discours, elle présente et analyse les désordres auxquels la distinction et ses notions se heurtent.
L’étude s’attache ainsi à montrer que la distinction des personnes et des choses est devenue le siège d’enjeux éthiques qui excèdent sa vocation technique. En réponse, elle propose d’instituer juridiquement l’humain afin de décharger la personne juridique de la charge ontologique qui pèse sur elle et de reverser les questions éthiques dans une nouvelle catégorie, radicalement irréductible à la distinction des personnes et des choses.
L’ouvrage interroge donc les frontières et encourage, plus largement, une réflexion collective sur le rapport du droit aux progrès scientifiques ainsi que sur l’importance des valeurs. Armé de la sorte, il propose de promouvoir un nouveau visage de l’humanisme, capable non seulement de contrer la réification de l’homme, mais également de répondre au mouvement d’anthropomorphisation des choses.
Prix de thèse de l’Université Jean Moulin Lyon 3
Marie Potus est maître de conférences en droit privé à l'Université Marie et Louis Pasteur (Besançon).