Présentation de l’éditeur
La rationalité postmoderne est en rupture avec la rationalité des Anciens, avec le monde gréco-romain. Les facteurs qui sont en cause relèvent tant de la vision existentielle des hommes que de l’évolution et du progrès de la science.
La rationalité classique venait de l’interrogation : ti to ôn ? Qu’est-ce que l’être qui concerne toutes les choses animées et tous les phénomènes, les choses qui se manifestent et se disent de plusieurs façons ? La rationalité des Anciens tournait autour de l’entéléchie impliquant les finalités inhérentes à chaque chose. Avant l’étude des phénomènes, les Anciens remontaient à l’explication de l’être.
La rationalité postmoderne s’inscrit cependant dans un autre registre. Le questionnement philosophique est suscité à partir des savoirs scientifiques et technologiques, au fur et à mesure de leurs progrès. Le monde post-moderne ne se rapporte plus au questionnement de l’être. La postmodernité tend à déconstruire les fondements de l’ordre classique (l’éthique, le droit, les coutumes sociétales, les institutions politiques…), pour refaire un nouveau monde sans attaches au passé.
Stamatios Tzitzis, ancien directeur adjoint de l’Institut de criminologie et de droit pénal de l’Université Panthéon-Assas et directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), s’est distingué en France et à l’étranger par ses travaux sur la théorie et la philosophie du droit et la philosophie pénale. Plusieurs de ses travaux sont traduits en grec, en allemand, en anglais, en espagnol, en portugais, en italien et en chinois. Il enseigne aujourd’hui à l’Institut de criminologie et de droit pénal et à l’Institut catholique de Paris.