Cyril Magnon-Pujo, Sylvain Antichan, Seán Morris, « The social spaces of the international government of violence », Critique Internationale, Presses de Sciences Po, 2021, n°92, pp. 9-22
Cyril Magnon-Pujo, Sylvain Antichan, « The social spaces of the international government of violence », Critique internationale, Critique internationale, 2021, n°o 92, pp. 9-22
Cyril Magnon-Pujo, Sylvain Antichan, « Les espaces sociaux du gouvernement international de la violence », Critique Internationale, Presses de Sciences Po, 2021, n°92, pp. 9-22
Cyril Magnon-Pujo, Sylvain Antichan, « Le gouvernement international de la violence légitime », Critique Internationale, Presses de Sciences Po, 2021, n°92, p. 208
Cyril Magnon-Pujo, « Organiser le mercenariat par le marché ? : Du droit international à la norme managériale sur le marché de la sécurité privée », Actes de la recherche en sciences sociales, Actes de la recherche en sciences sociales, 2020, n°234, pp. 66-87
Traditionnellement pensé comme étant du ressort des États et du droit, le contrôle de la violence privée s’avère depuis 2010 prendre les formes d’un mécanisme de soft law dans la mesure où les compagnies de sécurité privée s’adaptent aujourd’hui à une certification commerciale plutôt qu’à une convention internationale de caractère obligatoire. Là où d’autres options de régulation étaient avancées, c’est en effet le principe d’une standardisation technique qui a prévalu. Au moyen d’une sociologie des normes et des relations internationales, l’article montre que c’est dans la lutte entre champs nationaux mais aussi entre secteurs sociaux que ce mécanisme s’impose. C’est en s’intéressant plus particulièrement aux agents impliqués, à leur partage d’un certain habitus juridique et à leur possession d’un capital culturel et social important, que l’on peut comprendre comment un consensus se forge entre experts du secteur privé et public, représentants des États, des compagnies de sécurité privée et des ONG. Dans la configuration de cet espace trans-sectoriel des experts du droit, émerge une politique de régulation commerciale des compagnies de sécurité privée entre concurrences et alliances qui ne sauraient se réduire à une simple lutte entre puissances étatiques.
Cyril Magnon-Pujo, « Organiser le mercenariat par le marché ? Du droit international à la norme managériale sur le marché de la sécurité privée », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, Editions du Seuil, 2020, n°234, pp. 66-87
Cyril Magnon-Pujo, « Une simple affaire de mots ? Construction d’un discours d’autolégitimation des compagnies de sécurité privée », Critique internationale, Critique internationale, 2016, n°70, pp. 137-158
Le poids du discours dans les processus de légitimation est étudié ici à partir du cas des compagnies de sécurité privée actives à l’international. Longtemps décriées parce que perçues comme une forme de mercenariat, ces compagnies sont aujourd’hui largement utilisées et reconnues en tant qu’entreprises spécialisées, privées et régulées. Fortes de cette identité nouvellement acquise, elles apparaissent désormais comme des acteurs légitimes. Il convient, dès lors, de s’interroger sur les modalités de ce processus de légitimation, en confrontant la production d’un discours sur soi de la part des compagnies de sécurité avec les manières de parler d’elles dans d’autres arènes. Cette mise en parallèle permet de faire ressortir les contraintes pesant sur la production d’un discours en matière de sécurité privée et, surtout, d’analyser les conditions de son autorité. Imposer un discours – et une identité – dans un domaine pensé comme étant du ressort de l’État ne saurait en effet se réduire à un processus d’autodéfinition.
Cyril Magnon-Pujo, « Une simple affaire de mots ? Construction d’un discours d’autolégitimation des compagnies de sécurité privée », Critique Internationale, Presses de Sciences Po, 2016, n°1
Cyril Magnon-Pujo, « Des mercenaires aux compagnies de sécurité privée : Construction et pratiques de légitimation de la violence privée commerciale dans le système international », Déviance et Société, Déviance et Société, 2013, n°37, pp. 487-508
La violence privée peut-elle être légitime ? Apparemment tautologique, cette proposition renvoie à la conception weberienne de l’État en tant qu’« entreprise politique [...] revendiquant avec succès le monopole de la contrainte physique légitime ». Elle mérite cependant une nouvelle analyse à l’aune du développement, récent, des compagnies de sécurité privée construites comme de nouveaux acteurs légitimes sur la scène internationale. Mettant en œuvre diverses formes de violence physique hors des frontières nationales, ces opérateurs privés sont en effet utilisés aujourd’hui légalement et de manière croissante, par des entreprises, des États ou des organisations internationales. Ces usages massifs et diversifiés indiquent la légitimité nouvelle d’une pratique jusqu’alors condamnée moralement et juridiquement : le mercenariat. Comment comprendre alors un tel processus de légitimation d’une activité vue comme fondamentalement régalienne, mais exercée aujourd’hui par des sous-traitants privés ? Loin d’être anecdotique, l’analyse des pratiques de légitimation mises en œuvre par cette « industrie » illustre, à travers le passage du mercenariat stigmatisé à une identité redéfinie, la question plus générale de la construction d’une norme professionnelle et sociale, mais aussi celle de sa réception et de ses limites alors qu’elle est élaborée en premier lieu par des acteurs privés et qu’elle revient sur les fondements supposés de l’État moderne.
Cyril Magnon-Pujo, « Des mercenaires aux compagnies de sécurité privée? Construction et pratiques de légitimation de la violence privée commerciale dans le système international », Déviance et Société, Médecine et Hygiène , 2013, n°4
Cyril Magnon-Pujo, « La souveraineté est-elle privatisable ? : La régulation des compagnies de sécurité privée comme renégociation des frontières de l'État », Politix, Politix, 2011, n°95, pp. 129-153
RésuméÀ partir d’une analyse des régulations mises en œuvre depuis une décennie autour des activités de violence privée, cet article se propose de revenir sur l’apparent constat de privatisation de l’État. L’usage croissant des compagnies de sécurité privée par les États traduit en effet l’extension et la normalisation de logiques marchandes comme mode de gouvernement, y compris dans la conduite de la guerre. Cependant, les limites de ce marché de la sécurité et le développement conséquent de contrôles autour de cette activité commerciale invitent à infirmer la vision d’un simple retrait de l’État. L’émergence, en trois séquences, d’une régulation où l’État se réinvestit progressivement, permet alors de constater in fine sa respécification en tant qu’autorité légitime et souveraine, au cours de ce processus de sous-traitance de la violence et de son contrôle.
Cyril Magnon-Pujo, « La souveraineté est-elle privatisable ? La régulation des compagnies de sécurité privée comme renégociation des frontières de l’État », Politix, De Boeck Supérieur, 2011, n°3