Présentation de l'éditeur
Les chiffres contenus dans les statistiques sont des productions politiques et culturelles autant que des résultats arithmétiques. Ils présentent des faits, mais restituent également une certaine vision du monde. Ils servent à classer, prouver, gouverner et, dans les empires coloniaux en particulier, à dominer.
Cet ouvrage, qui rassemble des communications de deux colloques internationaux, a pour objectif de déconstruire les données statistiques produites pour le gouvernement des colonies. À partir d’études de cas au Sénégal, à Madagascar, au Cameroun, en Algérie, en Guadeloupe, à Marseille et au Congo belge, ces textes montrent ce que certaines statistiques cachent : les rapports de force, les inégalités, les injustices, les invisibles.
Ouvrage publié avec le soutien du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), du laboratoire IRHiS, de l’université de Lille et de l’ANR Cocole ANR-21-CE41-0012.
Emmanuelle Sibeud est professeure d’histoire contemporaine à l’université Paris 8 et chercheuse associée à l’IDHE.S (UMR 8533). Elle travaille sur la production des savoirs coloniaux, sur les réseaux humanitaires en Afrique dans la première moitié du xxe siècle et sur les logiques de racialisation dans l’Empire colonial français.
Béatrice Touchelay est professeure d’histoire contemporaine à l’université de Lille et chercheuse associée à l’IRHiS (UMR 8529). Elle est spécialiste de l’approche critique des chiffres, statistiques et comptables.