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Une probation à la française ? Perspectives historiques, comparatives et critiques

Journée d'étude

Une probation à la française ? Perspectives historiques, comparatives et critiques

vendredi 14 septembre 2018

Programme

 

08h45 : Accueil des participants

09h00 : Ouverture
Direction de l’administration pénitentiaire

09h15 : Propos introductif

Les enjeux contemporains de la probation
Denis Salas, magistrat, professeur de droit, président de l’Association française pour l’histoire de la justice

 

09h45 : Première session

Genèse historique et enjeux actuels du dispositif institutionnel de la probation

La probation française s’inscrit dans une longue histoire, 60 ans si on retient l’ordonnance du 23 décembre 1958 comme pierre angulaire du dispositif. Cette ordonnance instaure le juge de l’application des peines (JAP), mais également les comités de probation et d’assistance aux libérés (CPAL), qui fusionneront en 1999 avec les services socio-éducatifs en établissement pour créer les services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP). Une histoire centenaire si on choisit de remonter à la loi du 14 août 1885 sur les moyens de prévenir la récidive, qui introduit la libération conditionnelle et la création de « sociétés de patronage ».
Cette première session propose de revenir sur l’histoire institutionnelle de la probation française afin d’éclairer les contours du dispositif actuel. Si les services pénitentiaires d’insertion et de probation sont désormais bien ancrés dans le paysage de la probation, comment articulent-ils leurs missions avec celles de leurs partenaires publics et privés ? Un contrepoint sur les conséquences de la réforme du NPS (national probation service) menée au Royaume-Uni dans les années 2010 sera proposé.

Président de session : Annie Kensey, démographe, cheffe du bureau des statistiques et des études, DAP, chercheuse associée au CESDIP

Aux origines de la probation, la libération conditionnelle en France de 1885 aux années 1930
Elsa Genard, doctorante en histoire, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Retour sur 20 ans de recherche sur les agents de probation
Christian Mouhanna, sociologue, chargé de recherche au CNRS, directeur du CESDIP

Échanges avec la salle puis pause-café

La probation en Europe : statistiques pénales européennes du conseil de l’Europe
Marcelo Aebi, criminologue, Université de Lausanne

Contrepoint :

La réforme de la probation au Royaume-Uni
Lol Burke, chercheur en criminologie, Université John Moores, Liverpool
et Steve Collett, ancien directeur de la probation en Angleterre et au Pays de Galles

Échanges avec la salle

 

12h00 : Déjeuner libre

 

14h00 : Deuxième session

Les métiers de la probation : pratiques, et identités professionnelles

Depuis l’ordonnance du 23 décembre 1958, les métiers de la probation ont beaucoup évolué. La reconnaissance

progressive d’une justice de l’application des peines, la réflexion européenne sur les bonnes pratiques par le biais des règles européennes de la probation, l’évolution des missions attribuées aux services et aux agents affectent nécessairement les métiers de la probation, c’est-à-dire tout à la fois les pratiques, les responsabilités et les identités professionnelles des praticiens chargés de la mettre en œuvre.
Pour cerner les enjeux professionnels soulevés par les évolutions de ce domaine de l’action publique, nous croiserons dans cette session l’approche sociologique et le retour d’expérience de praticiens. Un contrepoint avec la Belgique enrichira les analyses.

Président de session : Yves Perrier, directeur de service pénitentiaire d’insertion et de probation honoraire

Responsabiliser et contextualiser. Les CPIP face à leurs dilemmes
Xavier de Larminat, maître de conférences en science politique, université de Rouen

La probation sous l’angle des pratiques quotidiennes
Loïc Lechon, CPIP, SPIP de Charente-Maritime
et Anne Taillefer, CPIP, SPIP de Paris

Contrepoint :

Les acteurs de la probation en Belgique
Joséphine Bastard, docteure en sciences politiques et sociales de l’université de Liège

15h45 : Échanges avec la salle puis pause-café

 

16h15 : Troisième session

Nouveaux instruments, nouvelles méthodes, nouveaux concepts : quelle philosophie d’action pour la probation ?

Aujourd’hui, environ 170 000 personnes sont suivies en milieu ouvert en France dans le cadre d’une mesure pénale ou d’une peine, principalement dans le cadre d’un sursis avec mise à l’épreuve, d’une mesure de travail d’intérêt général, d’une libération conditionnelle, d’un suivi socio-judiciaire, d’un placement sous surveillance électronique ou d’une semi-liberté.
Cette session proposera de réfléchir aux moyens élaborés pour organiser le suivi des personnes placées sous main de justice. Il s’agira de réfléchir à la création de nouvelles mesures, mais également à la mise en place de nouvelles méthodes d’intervention fondées parfois sur de nouveaux concepts (la notion de « désistance », ou encore le modèle « risques-besoins-réceptivité », etc.).
Cette session s’intéressera également aux outils d’évaluation, introduits avec un double souci de rationalisation de l’activité et de gestion des risques de récidive. Comment les acteurs du monde de la probation s’approprient-ils ces outils ? Comment comprendre les résistances qui s’expriment à leur égard ? Un contrepoint sur l’Écosse nourrira la réflexion sur ce thème.

Président de session : Paul Mbanzoulou, directeur de la recherche et de la documentation, École nationale de l’administration pénitentiaire

La prévention de la récidive ou les conflits de rationalité de la probation française
Olivier Razac, maître de conférences en philosophie, Université Grenoble Alpes

La probation du point de vue du JAP : retour d’expérience
Cécile Dangles vice-présidente chargée de l’application des peines au TGI de Lille, présidente de l’ANJAP

Contrepoint :

Les transformations de la probation en France : réflexions et leçons écossaises à l’usage de mes collègues français
John Sturgeon, enseignant en travail social, University of the West of Scotland

Échanges avec la salle

 

18h00 : Conclusion et synthèse
Marie-Sophie Devresse, professeure de criminologie, Université catholique de Louvain

18h30 : Clôture

 

 

Entrée libre et ouverte à toutes et tous dans la limite des places disponibles et sur inscription à l'adresse: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


École Nationale de la Magistrature
3 ter Quai aux fleurs
75004 Paris
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