vendredi30nov.2012
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SEDET - Sc. Po - Centre d'Histoire, colloq

Colloque

SEDET - Sc. Po - Centre d'Histoire, colloq "Coopérants et coopération en Afrique: circulations et transferts culturels (années 1950 à nos jours)", Paris, 29-30 nov. 2012

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Information transmise par Fl. Renucci:SEDET - Sciences Po - Centre d'HistoireColloque

Coopérants et coopération en Afrique:

circulations et transferts culturels (années 1950 à nos jours)


Paris29-30 novembre 2012

PrésentationAux lendemains des indépendances en Afrique, les relations sont loin d’êtrerompues entre anciennes métropoles et colonies ; d’intenses circulations depersonnels aux compétences variées perdurent. Ainsi en France, entre 1961 et 1998, avant d’être intégré au ministère des Affaires étrangères, le ministère de laCoopération organise l’envoi de milliers d’assistants techniques et militaires d’aborddans les pays dits « du champ » - anciennes colonies françaises - puis dans d’autrespays, francophones et non francophones d’Afrique. La Grande-Bretagne mais aussides Etats non colonisateurs comme les Etats-Unis, l’URSS ou Cuba ont envoyé despersonnels travailler en Afrique dans le cadre d’accords bilatéraux.La problématique de la « coopération » émerge cependant dès avant lesindépendances : les puissances coloniales, notamment française, britannique et belge, organisent dès 1950 une Commission pour la Coopération technique au Sud du Sahara (CCTA), visant à coordonner les actions de développement en Afrique et à tisser des liens avec l’Europe naissante. Toutefois, avec les indépendances, les politiques de coopération sont surtout bilatérales. Ces quelqu es repères chronologiques invitent à considérer l’histoire de la coopération en explorant les continuités – en termes de politiques, de structures, de personnels...- en amont et en aval des indépendances, car les décolonisations constituent un processus inscrit dans la durée plus qu’une rupture brutale.
Si la sociologie et les sciences politiques se sont déjà penchées sur le cadre institutionnel, les figures et les pratiques des coopérants, l'histoire permet d’examiner à nouveaux frais cette question, en mobilisant les outils de l'historiographie transnationale et de la sociologie de la circulation des idées, en insistant sur les interactions, les médiations et les hybridations culturelles co-fabriquées par cette rencontre entre acteurs des anciennes métropoles et colonies.
Après une journée d’étude sur les coopérants en Afrique (Université Paris Diderot, décembre 2009) dans le cadre d’un groupe de recherche, le séminaire "Relations culturelles transnationales : institutions, savoirs, pratiques » du Centre d’Histoire de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris en relation avec le SEDET de Paris Diderot, a consacré sa troisième année d'existence (automne 2011) à l'étude des coopérants français en Afrique, comme situation de rencontre postcoloniale à grande échelle, des débuts de la coopération institutionnelle proprement dite dans les années 1960 aux années 1980, période la plus intense et la plus documentée pour l’instant. La France est en effet la première « exportatrice mondiale » de coopérants dans les années 1970.
Après avoir examiné au cours de ce séminaire diverses figures de coopérants (militants, experts, intellectuels critiques...) et différents champs de la coopération (culturelle, artistique, administrative, judiciaire, scientifique...), l’interrogation sera centrée dans ce colloque international des 29 et 30 novembre 2012 sur la question des circulations et des transferts culturels.
Dans cette perspective, quatre problématiques se dégagent qui organiseront les sessions de ce colloque.
1) Sens et discours de légitimation des trajectoires en coopération - portraits de groupes
La sociologie propose une approche plutôt globale de ces dizaines de milliers d'hommes et de femmes, souvent jeunes, qui s'engagèrent dans une action de coopération. Mais au nom de quoi partaient-ils ? Quelles étaient leurs motivations concrètes et symboliques et leurs attentes ? Celles-ci recoupaient-elles les discours de justification des politiques de coopération ? Ces agents, découvrant un mode de vie particulier, des formes de sociabilité spécifiques, vivaient également une forme de désocialisation par rapport à l'espace métropolitain. Dans quelle mesure la coopération, expérience unique ou répétée dans des parcours complexes, est-elle vécue ou non comme une expérience de réciprocité, de solidarité ou de participation au « développement » et prend-elle une signification politique à l’heure du relativisme culturel anthropologique mais aussi des messianismes tiers- mondistes ? Comment ces discours et leur légitimation évoluent-ils au fil des années ?
2) Sur le terrain : acteurs et interactions. Transferts culturels, recompositions, hybridations
L’interrogation souhaite se placer au cœur des transferts de savoirs et de pratiques - en postulant que se trouve en jeu bien plus qu'un simple apport de qualification professionnelle ou d'aide technique. En variant les champs d’activités professionnelles ou de loisirs (théâtre et cinéma, administration, droit, enseignement et recherche...), en examinant l’inscription dans l’espace de ces rencontres, l'analyse de cas singuliers et des interactions multiples entre coopérants et ressortissants des pays d’accueil, permettra de voir précisément comment s'énonçaient, des deux côtés, l'offre et l'appropriation de références « occidentales » ou « communistes » et africaines. Quels étaient les
obstacles – techniques, culturels... - à de tels transferts ?
3) Circulations et reformulations des pratiques et des savoirs
Le retour, souvent plusieurs fois ajourné, de l’expatrié(e) se produit néanmoins. Dans quelle mesure l’expérience à l’étranger, pour le compte d’universités ou d’organismes scientifiques, constitue-t-elle une rupture ou une parenthèse dans une trajectoire professionnelle, politique, personnelle ou une étape dans des parcours complexes? Dans quelle mesure induit-elle des circulations et des transferts en termes de méthodologies, de propositions et de références scientifiques ? Ou encore des décentrements par rapport aux paradigmes de formation et des reformulations originales des savoirs ? Quelle diffusion et quelle réception sont réservées à ces propositions « hybrides » dans les champs scientifiques des pays d’accueil et d’origine ?
4) Une dimension comparative et transnationale : la coopération venue de « l’Est »
La coopération n’est pas seulement un phénomène occidental: l’envoi de specialisty (« spécialistes ») dans des pays en développement a été encouragé par l’URSS et les démocraties populaires. Quelles ont été les spécificités de l’expérience de coopération en Afrique de techniciens venus « de l’Est », de la Chine ou de Cuba, de « pays amis » et non d’anciennes métropoles ? S’agit-t- il ‘d’un choc culturel’ comme pour certains coopérants venus du camp soviétique ou d’une expérience structurante pour la construction de l’idée de la nation comme dans le cas de Cuba ? Quelle a été la perception de ces coopérants en Afrique ?

Responsable(s)


Colloque organisé par

  • le groupe de recherche sur l'Afrique