samedi14janv.2012
08:0017:00
Univ. Lausanne, colloq internat.

Colloque

Univ. Lausanne, colloq internat. "Les judaïsmes dans tous leurs états aux Ier-IIIe s. (les Judéens des synagogues, les Chrétiens et les rabbins)", Lausanne, 12-14 déc 2012

Univ. Lausanne, colloq internat. "Les judaïsmes da


Information transmise par A. Gonzales:Université de LausanneColloque international
Les judaïsmes dans tous leurs états aux Ier-IIIe siècles(les Judéens des synagogues, les Chrétiens et les rabbins)
The Panoply of Judaisms in the 1st-3rd Centruries(Christians, Rabbis and Synagogues)
Lausanne12-14 décembre 2012 Organisé par Claire CLIVAZ (Université de Lausanne – IRSB) – Simon Claude MIMOUNI (Ecole Pratique des Hautes Etudes – CNRS) – Bernard POUDERON (Université de Tours – IUF) En collaboration avec
  • FEJUNIL
En collaboration avec
  • Centre national de la Recherche scientifique (CNRS)
  • École pratique des Hautes études (EPHE)
  • Fondation des études juives-Université de Lausanne (FEJUNIL)
  • Fondation nationale suisse de la science/Swiss National Science Foundation (FNS/SNF) Institut romand des sciences bibliques (IRSB)
  • Institut universitaire de France (IUF)
  • Université de Lausanne
  • Université de Tours

Avec la participation de / With : Marie-Françoise Baslez, Ra’anan Boustan, Bogdan Bucur, Claire Clivaz, José Costa, Jörg Frey, Emmanuel Friedheim, David Hamidovic, Hervé Ingelbert, Daniel Marguerat, Simon Mimouni, Ron Naiweld, Etienne Nodet, Bernard Pouderon, Annette Yoshiko Reed, Benjamin Bertho, Simon Butticaz, Charlotte Touati. Argument Les recherches historiques sur le judaïsme des premiers siècles de notre ère subissent de nombreux changements de perspectives depuis près d’une décennie. Durant longtemps, on a pensé que si le judaïsme est divers avant 70, la destruction du temple de Jérusalem en 70 a entraîné une rapide simplification du paysage, provoquant le déclin voire la disparition des sadducéens, des esséniens et des zélotes et favorisant l’ascension du mouvement des pharisiens ou des rabbins. Ce scénario est devenu de plus en plus problématique et il a été remis en cause par un certain nombre de chercheurs. Ce qu’il faut surtout retenir c’est que le judaïsme d’après 70, qui ne se réduit pas au seul mouvement rabbinique, est constitué de plusieurs variétés, mouvances majoritaires ou marginales, au point qu’on peut parler de « judaïsmes » (au pluriel) pour cette époque. Les bouleversements des recherches actuelles imposent des changements de perspectives pour toutes les formes du judaïsme : celles des mouvements rabbiniques ou des mouvements chrétiens, mais aussi pour les Judéens synagogaux. C’est en fonction de ces changements de perspectives que les organisateurs de ce colloque de caractère international se proposent de revenir sur toutes les formes de judaïsmes d’après 70, afin de faire un bilan d’étape dans une recherche performante dont les résultats sont de plus en plus abondants et évolutifs. Pour ce faire, ils ont envisagé de considérer ensemble les trois formes de judaïsmes du Ier au IIIe siècle, une période fondatrice à tout point de vue (y compris identitaire) : celles des Judéens synagogaux, des mouvements chrétiens et des mouvements rabbiniques. Puis, ils ont défini une problématique considérant non pas les origines de ces trois ensembles, qui s’ancrent de toute façon dans le judaïsme d’avant 70, mais leur développement et leur coexistence aux IIe et IIIe siècles dans l’empire romain à partir de leurs documentations respectives (« sacrées » ou « mystiques ») et de leurs caractéristiques culturelles par rapport à un environnement gréco- romain. Presentation Historical research of Judaism in the first centuries of the common era has been undergoing numerous changes in perspective for almost the past decade. For many years, it was thought that while Judaism may have been varied up to 70 CE, after the destruction of the Temple the picture quickly became more unified, with the decline and even the disappearance of the Sadducees, the Essenes and the Zealots and the rise of the Pharisee and rabbinic movements. This picture has been increasingly questioned by a certain number of scholars. What is especially important to see is that after 70 CE Judaism cannot be reduced to the rabbinic movement alone but is made up of several strands, whether mainstream or fringe, in such a way that it makes it possible to speak of Judaisms for this period. The profound change that research is currently undergoing demands a shift in thinking about all forms of Judaism, not just the rabbinic or Christian movements but also synagogue Judaism. For several centuries, both the Christians and the Rabbis ‘attempted’ to achieve a Utopian unity, as improbable as it is impossible, by defining their boundaries in terms of notions such as heresy and canon. In so doing, they each diminished the influence of synagogue Judaism and in places smoothed it over to the point of apparently effacing it forever. It is in the light of these changes in perspective that the organisers of this colloquium would like to reconsider all the forms of Judaism after 70CE, with the aim of taking stock of the increasingly numerous shifts occurring in this area of high-level research. PROGRAMME12 décembre

page4image1112 Après-midi
15h00-15h15

  • Introduction, Claire Clivaz (Université de Lausanne) – Simon C. Mimouni (École pratique des hautes études) – Bernard Pouderon (Université de Tours)
Sous la présidence de Frédéric Amsler (Université de Lausanne)

15h15-16h15

  • Marie-Françoise Baslez (Université de Paris IV-Sorbonne), La synagogue et la cité: pour une approche phénoménologique du «judaïsme synagogal» en pays grec (IIesiècle avant notre ère-IIIesiècle de notre ère)

«Judaïsme synagogal» est une expression qui, aujourd?hui, semble d?abord s?appliquer à une période chronologique, pour rendre compte d?une phase antérieure à la mise en place du judaïsme rabbinique. Mais on peut en tenter une définition structurelle à partir d?une étude phénoménologique des communautés juives antiques qui en fournissent le support documentaire. Inscriptions, sources littéraires et archéologiques sont aujourd?hui commodément rassemblées, mais les historiens de la synagogue antique l?abordent souvent comme un phénomène transitoire en utilisant comme référence le modèle du Temple tout en reconstituant son fonctionnement à partir des textes rabbiniques (Arieh Kasher, 1995). Comme le « judaïsme synagogal » est caractérisé aussi par son hellénisation, mon propos est de l?aborder à travers les interactions des synagogues avec leur environnement grec, c?est-à-dire la cité. Pour la diaspora hellénophone, un grand nombre d?inscriptions est utilisable – qu?elles aient été conservées par Flavius Josèphe ou retrouvées sur pierre – qui nous permet de saisir non pas seulement l?insertion de la communauté « à l?intérieur » de la cité à travers l?histoire des réseaux (TessaRajak, 1999 et 2003), mais tout à la fois une self-identification et une certaine perception dujudaïsme par les pouvoirs publics, qui en détermine le fonctionnement. On envisagera successivement l?inscription territoriale de la synagogue, comme lieu de réunion, lieu de prière ou lieu saint, puis l?élaboration de formes de plus en plus spécifiques d?organisation associative, qui résultent – par l?immersion puis par la différenciation – de son imbrication dans la structure communautaire de la cité. Cela permet, dans un troisième temps, d?aborder à travers une étude lexicale le déploiement du « judaïsme synagogal » entre espace public et lieu saint.

16h15-17h15

  • Étienne Nodet (École biblique et archéologique française de Jérusalem), Flavius Josèphe et la «reconstruction» du judaïsme entre 70 et 100

Flavius Josèphe s?est voulu restaurateur du judaïsme depuis Rome, mais apparemment sans succès. On esquissera quelques points : (1) les Antiquités ont été conçues comme un manuel à l?usage des Juifs du monde romain, (a) la Vie, qui en a été à l?origine un appendice justifiant cette prétention, ne raconte que d?obscurs détails locaux sans intérêt pour les Grecs, alors que la Galilée juive du temps a été de première importance (de part et d?autre du lac), (b) la fiction littéraire de s?adresser aux Grecs est la même que celle de la Lettre d’Aristée, (c) il paraphrase en grec et prolonge la Bible hébraïque (avec une certaine crainte de violer un tabou) car il n?y a pas de Bible grecque dans les bibliothèques publiques ; (2) culte, enseignement : (a) il s?est voulu pharisien, ie rattaché au parti le plus populaire depuis l?État asmonéen (héritier d?Esdras et Néhémie), mais pratique surtout l?Écriture, (b) « Dieu est parti en Italie » et il a voulu instituer la Pâque à Rome, d?où conflit avec ceux de Judée et il a bricolé le calendrier (babylonien + julien), (c) il affirme qu?un certain culte s?est rétabli à Jérusalem, avec des prêtres, il s?inspire vaguement de Philon, qui distingue la métropole (Jérusalem) de la patrie (Alexandrie ou ailleurs). Plusieurs remarques : (1) La tradition rabbinique est issue d?un croisement de pharisiens laïcs (attaches babylonienne, Hillel, Galilée) et d?esséniens peu soucieux du temple (haberim, prosélytes), sa référence est le temple d?avant Hérode : après 70, courants divers, controverses, poussées zélotes... (2) L?école dominante (R. Aqiba) a entièrement rejeté Josèphe, en particulier à cause du grec. (3) Josèphe n?a connu le christianisme (avec mélange Juifs-Grecs) qu?à Rome après 75.
17h15-18h15

  • Emmanuel Friedheim (Université Bar Ilan, Israël), Sur la thèse de la paganisation des Judéens au temps de la Mishna et du Talmud: une nouvelle approche
Les historiens du judaïsme ancien pensaient précédemment qu?aux premiers siècles de l?ère commune, la menace religieuse, doctrinale et sociale, qui guettait le peuple juif était principalement celle du judéo- christianisme, lequel était considéré comme étant susceptible de miner le judaïsme en son sein même, puisqu?il en était issu. On minimisait alors les autres dangers sociaux et religieux, pour finalement les reléguer aux marges de la société juive ou encore à un lointain passé depuis longtemps évanoui. Tel fut le cas du rapport de la recherche vis-à-vis de l?idolâtrie/paganisme, dont l?attrait sur les Judéens fut considéré comme – pour ainsi dire – nul, car considéré comme en perte de vitesse et de vitalité tant au sein des Juifs que dans leur entourage non- juif. Or voilà, la recherche a récemment considérablement évolué en modifiant plusieurs paradigmes. Ainsi par exemple, s?étant rendu compte que les cultes païens étaient vigoureux, voire même en pleine recrudescence pour nombre d?entre eux, notamment pour le cas des cultes orientaux, ceci précisément aux IIIe-IVe siècles ! On affirme aujourd?hui que le paganisme perdura en terre d?Israël et dans ses environs jusqu?au VIe siècle, soit plusieurs siècles après le concile de Nicée, et qu?une (re)lecture des textes rabbiniques permet de dévoiler un autre péril, celui du paganisme à l?encontre des Juifs. Les textes, en effet, font état de Juifs à comportement polythéiste, prouvant que ce phénomène extrinsèque au judaïsme fut en réalité tout aussi menaçant qu?une intimidation intrinsèque telle que le judéo-christianisme, et peut-être même davantage! Pouvons-nous néanmoins réellement défendre la thèse de la paganisation des Judéens et ceci dans quelle proportion ? C?est là une des interrogations essentielles à laquelle on tentera de répondre lors de notre intervention.

Sous la présidence de Jacques Ehrenfreund (Université de Lausanne)Conférence d’introduction grand public à 18h30 (en collaboration avec la FEJ-UNIL)

  • Simon C. Mimouni (École pratique des hautes études), Histoire du judaïsme et du christianisme antiques Remarques épistémologiques et méthodologiques

Dans ces remarques épistémologiques et méthodologiques sur les problèmes que posent les études historiques du judaïsme et du christianisme antiques on se penche notamment sur les phénomènes de continuité et de discontinuité dont les incidences peuvent être « redoutables » dans les élaborations idéologiques contemporaines. On parle aussi des rapports entre judaïsme et christianisme à l?époque où ce dernier n?est qu?un mouvement parmi d?autres dans le cadre du premier, et des questions de légitimités qui ont débouché sur des conflits engendrant la distinction ou la séparation et la mise en place progressive de deux religions. On donne enfin de succincts éléments d?analyse sur les Judéens en Palestine et en Diaspora qui permettent de comprendre les conceptions temporelles et spatiales sur lesquelles repose l?idée même du « peuple judéen » dans l?Antiquité et du « peuple juif » aux époques postérieures.
13 décembre

Matinée9h00-10h00

  • Annette Y. Reed (University of Pennsylvania), Old Testament Pseudepigrapha and post-70 Judaism

This paper will consider whether and how materials from the so-called "OT pseudepigrapha" might be useful for reconstructing the religious landscape of post-70 Judaism. Traditionally, these and other Christian-transmitted parabiblical materials have been treated as valuable primarily as Jewish "background" for Christian Origins, and they have been presumed to reflect the diversity of Judaism prior to the destruction of the Second Temple and the rise of the Rabbis. In light of recent revisions to traditional scholarly narratives about the early rabbinic movement and late antique Judaism, on the one hand, and the Nachleben of "OT pseudepigrapha," on the other, I will revisit issues of dating and interpretation surrounding these texts.

10h00-11h00

  • David Hamidovic (Université de Lausanne), Le judaïsme synagogal à la lumière des inscriptions découvertes

Entre la période d?Alexandre le Grand au IVe siècle avant notre ère et l?époque de Muh? mmad au VII e siècle de notre ère, on dénombre plus de 3 500 inscriptions qualifiées de « juives » dans les différentes publications principes. Une majorité d?inscriptions correspond à des épitaphes. Elles demeurent une source privilégiée pour l?étude de la vie et de la pensée juives durant l?Antiquité. 70 % de ces inscriptions sont en grec alors que les 30 % d?inscriptions restantes sont en hébreu, en araméen ou en latin. Cette proportion en faveur de l?écriture grecque témoigne de l?influence de la culture hellénistique sur toute la période considérée, en Diaspora comme en Israël. Même des rabbins et leur famille font écrire les épitaphes en grec dans un haut-lieu du rabbinisme, à Beth She„arim en Galilée. Doit-on en déduire que l?écriture voire la langue sont un critère pour fonder la reconnaissance d?un courant juif ? La majorité des inscriptions en grec signifie-t-elle une plus large diffusion voire une prééminence du judaïsme dit synagogal ? Si l?on suit l?hypothèse récemment formulée de A. Edrei et D. M