Publications scientifiques

  • Thèse

    THESE
    Nationalisme ethnoculturel et rapport à la culture des Roms en Roumanie post-communiste et multiculturaliste, soutenue en 2013 sous la direction de Alain Babadzan présidée par Dejan Dimitrijević, membres du jury : Alain Reyniers (Rapp.), Jean-François Gossiaux (Rapp.)  

    Cette recherche analyse les processus d’identifications collectives inhérents à unnationalisme ethnoculturel ainsi que les usages sociaux et politiques de la culture et de la"tradition". Elle porte sur les Roms en Roumanie post-communiste à l'heure de l'intégrationeuropéenne. Privilégiant une étude du nationalisme en deux champs, politique et quotidien,elle procède d'un terrain multi-situé basé sur l'ethnographie de la mobilisation ethnoculturelledes Roms de Roumanie et de familles roms en Roumanie et en France.Cette thèse postule l’émergence de la nation rom sur la scène nationale roumainecomme une construction récente, intrinsèque à la modernité et au nationalisme ethnoculturelrom roumain. En cela, ce dernier est exploré autour de trois axes qui sont les trois parties dethèse. Le premier, politico-historique, interroge la cristallisation du rapport à la culture enmiroir avec l'émergence du nationalisme ethnoculturel et du contexte de changement socialpropice à son avènement (post-communisme, démocratisation et multiculturalisme). Mêlanttrajectoires sociales de militants et analyses discursives, historiques et politiques, il revient surla genèse de l'opposition entre "Roms traditionnels" et "Roms roumanisés". Le second traitedes usages politiques de la "tradition" et de la "modernité" au travers des pratiques militanteset de l’analyse du discours sur la communauté de culture : la nation rom. Il illustre le rapportmoderne à la culture. Le dernier propose une description ethnographique du fonctionnementde l'ethnicité au travers de deux lignes d'analyse. La première appréhende la réception auprèsdes Roms militants et non militants de ce processus d'identification collective à la catégorierom. La seconde rend compte des logiques de l’appartenance ethnique et sociale au quotidien.Ces trois axes visent à interroger le lien entre construction d'une identification collective et etthnogenèse.

  • Ouvrages

    Mathieu Touzeil-Divina, Clément Benelbaz, Carolina Cerda-Guzman, Mélanie Jaoul, Geneviève Koubi [et alii], Louise Michel & le(s) droit(s): actes des ateliers de Marseille du 29 mai 2021, Editions L'Epitoge / Collectif L'Unité Du Droit, 2023, Histoire(s) du Droit, 110 p.  

    Myriam Bachir, Guillaume Gourgues, Rémi Lefebvre, Jessica Sainty, Marie Acabo [et alii], Des citoyens à la conquête des villes: les listes citoyennes et participatives lors des élections municipales de 2020, CNRS Éditions, 2023, 326 p. 

    L'irruption de listes citoyennes et participatives (LCP) dans le paysage électoral constitue l'un des phénomènes notables de la campagne pour les municipales de 2020. Composées essentiellement d'individus peu habitués des instances traditionnelles de la démocratie représentative, les LCP emploient des méthodes alternatives de sélection des candidates et candidats et de construction du programme politique, en promettant d'instaurer une démocratie participative rénovée. Cet ouvrage propose un état des lieux des recherches menées en science politique sur l'émergence de ces LCP lors des élections municipales de 2020, entre analyse d'ensemble et études de cas en contexte urbain (Amiens, Lille, Marseille, Montpellier, Poitiers, Strasbourg, Toulouse) ou rural (Saillans, Crest). Il interroge leurs ambitions politiques, leur composition sociale, leur diversité. A-t-on assisté à la naissance d'un « néo-municipalisme » à la française ? Quels liens établir avec d'autres mobilisations « citoyennes » ? En essayant de répondre à ces questions, l'ouvrage ambitionne de donner des points de repère pour comprendre la suite de la trajectoire des LCP, qui mèneront nombre d'entre elles jusqu'aux élections municipales de 2026.

    La fin des indigènes en Nouvelle-Calédonie: le colonial à l'épreuve du politique 1946-1976, Karthala, 2013, Karapaa, 302 p. 

    Comment peut-on se décoloniser ? L’action politique peut-elle contribuer à une émancipation ? Peu après 1946, après plus d’un siècle de répression, de spoliations foncières et de cantonnement dans des réserves, les populations colonisées de Nouvelle-Calédonie accèdent au suffrage universel.

    Michel Miaille, Une trajectoire du politique en Mélanésie: construction identitaire et formation d'un personnel politique l'exemple Kanak de Nouvelle-Calédonie, 1946-1999, 2000, 667 p. 

Encadrement doctoral

  • Rapporteur

    Mustafa Ouseghir, Étude de parcours biographiques de jeunes radicalisés : l'analyse des processus de la radicalisation islamiste violente de jeunes pris en charge par les services de la PJJ et les mécanismes socio-éducatifs de la sortie de la radicalité violente, soutenue en 2025 à Strasbourg sous la direction de Catherine Delcroix présidée par François Héran, membres du jury : Stéphane de Tapia, Éric Marlière et Adelina Miranda   

    Cette thèse présente une étude des parcours biographiques de jeunes radicalisés suivis par des services de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) en Alsace. L’originalité de ce travail est fondée sur l’analyse des événements déterminants dans les parcours de jeunes, des conditions socio-économiques et familiales, des difficultés rencontrées au sein de leurs familles durant leur enfance, ainsi que durant le déroulement de leur scolarité. Elle accorde une attention particulière à trois études de cas analysées dans la durée. Cette recherche doctorale examine les dispositifs éducatifs mis en place par les services de la PJJ en Alsace de 2014 à 2025, en vue d’aider les jeunes djihadistes et embrigadés à sortir de leur engagement violent. Elle examine également les difficultés rencontrées par les professionnels dans le cadre de leur intervention auprès de jeunes radicalisés dans la durée. Enfin, elle analyse les effets de la prise en charge de jeunes djihadistes sur l’organisation des services de la PJJ, les pratiques des professionnels, ainsi que sur le travail de coordination avec les acteurs publics et associatifs dans le cadre d’une prise en charge « interservices ».

  • Membre du jury

    Sabrina Urbani, La France et le Piémont : une volonté partagée de transmettre une mémoire commune, soutenue en 2019 à Montpellier 3 sous la direction de Isabelle Felici présidée par Anne Morelli, membres du jury : Alessandro Giacone (Rapp.)  

    La proximité géographique favorisant les échanges de toutes natures, la France et le Piémont entretiennent depuis toujours des rapports privilégiés qui, au fil du temps, ont progressivement développé chez les populations concernées un sentiment d’appartenance à une même communauté. C’est la raison pour laquelle la grande majorité des Piémontais a choisi la France comme pays d’accueil au XIXe siècle lorsque la situation économique et démographique de l’Italie s’est aggravée. La mémoire collective franco-piémontaise déjà bien ancrée s’en est trouvée renforcée. Les liens que les immigrés piémontais et leurs descendants entretiennent avec leur culture d’origine ou celle de leurs ancêtres diffèrent selon les individus et dépendent de la manière dont le déracinement est vécu, de l’accueil reçu en France ainsi que de l’intégration au sein de la société française. L’intérêt porté au passé migratoire est également très variable. Certains s’en préoccupent peu tandis que d’autres cultivent leurs liens avec le passé car ils y voient le moyen de renforcer leur identité personnelle. Au niveau individuel et familial, la mémoire se transmet par le maintien des liens avec la terre des origines. Il peut s’agir par exemple de la langue des ascendants, du maintien des échanges, des témoignages écrits, de la littérature, des films ou bien encore des chansons. Au niveau collectif, la transmission de la mémoire est assurée par la coopération transfrontalière, les associations et les jumelages. Aujourd’hui encore, les échanges entre la France et le Piémont restent nombreux et permettent la consolidation et la perpétuation des mémoires individuelles, familiales et collectives. En interaction constante, ces mémoires se renforcent mutuellement. Mon travail entend montrer que la mémoire du passé se transmet, volontairement ou non, d’une génération à la suivante. Il s’agit parfois d’un legs tout juste perceptible et difficilement descriptible mais qui n’en demeure pas moins bien présent.

    Caroline Graille, Des Militants aux Professionnels de la Culture : les représentations de l'identité kanak en Nouvelle-Calédonie (1975-2015), soutenue en 2015 à Montpellier 3 sous la direction de Alain Babadzan présidée par Frédéric Rognon, membres du jury : Denis Monnerie (Rapp.), Marc Kurt Tabani   

    Symbole de la « renaissance culturelle kanak », le festival d’arts mélanésiens de Nouvelle-Calédonie, Mélanésia 2000, vient de fêter en 2015 son quarantième anniversaire. Cette manifestation a vraisemblablement constitué le ferment culturaliste de la revendication nationaliste qui, dans les années 1980, parvint à ériger la coutume en symbole unificateur du peuple kanak, contre le statu quo colonial. Engagée depuis plus de deux décennies dans un processus de décolonisation – dont l’issue politique et institutionnelle demeure incertaine –, la Nouvelle-Calédonie connaît les effets d’une politique de rééquilibrage au profit du peuple autochtone, notamment sous la forme d’une valorisation sans précédent de l’identité culturelle kanak, d’une sauvegarde des patrimoines traditionnels matériel et immatériel, et d’une action soutenue en faveur du développement culturel et de la création artistique à dimension océanienne.Il convient de retracer la genèse de cette « renaissance identitaire », à la lumière des débats épistémologiques qui ont agité l’anthropologie océaniste de l’époque, notamment autour des questions de la (ré)invention des traditions, et de leur utilisation à des fins de conscientisation identitaire et de mobilisation politique. Plus encore, le travail des sciences sociales – et de l’anthropologie en particulier – permet d’inscrire dans une perspective historique le processus, toujours en cours, d’édification des cultures en tant qu’identités collectives objectivées, données à voir, et sanctifiées (ou non) par une reconnaissance officielle et une inscription à l’intérieur de l’espace public. Avec l’émergence d’un nouveau champ social, qui prend en charge cette « gestion du symbolique » (Dubois, 1999), une recherche ethnographique menée auprès des acteurs sociaux permet de montrer en quoi les représentations de l’identité kanak, qui furent longtemps l’apanage de militants autochtones et d’intellectuels engagés, incombent désormais à une catégorie constituée de professionnels de la culture, de l’art, et du patrimoine.Au final, cette étude largement rétrospective entend contribuer à une compréhension à la fois épistémologique et sociologique du changement social et culturel en Nouvelle-Calédonie, depuis la conversion d’une crispation identitaire nationaliste (1975-1988) jusqu’au projet multiculturel d’une « communauté de destin » induit par la mise en œuvre de l’accord de Nouméa (1998-2018).