Présentation
"L’art nous protège en nous permettant de voir plus loin et autrement. C’est un bien précieux, « commun » s’il en est, un patrimoine à sauvegarder, non seulement par les traces laissées par le passé, mais tout autant comme un domaine vivant et en perpétuelle évolution.
Il devrait échapper aux fourches caudines d’une commercialisation à outrance, marque délétère de notre époque mais, sauf à être naïf, on sait qu’il n’en est rien et, quel que soit le domaine artistique (faut-il pour cela s’arrêter au classement officiel des arts ?), par son essence profonde, sa vocation à être un pur objet de désir marque de l’irrationalité de l’esprit humain, il faut protéger l’art car il nous ramène tout simplement à l’humaine condition.
Le délitement du droit international dans le tunnel que nous traversons rend encore plus important de s’en évader par l’art. Il ne s’agit nullement de débats futiles réservés à une élite bien-pensante, mais il s’agit, tout au contraire, de contrecarrer les velléités belliqueuses et outrancières en rappelant que l’art appartient à tous et qu’il n’est pas réductible à un objet aux mains de nationalismes d’un autre temps. Au fond, l’art sous toutes ses formes échappe toujours à un cadenassage absolu. Il a toujours été et reste un des principaux axes de résistance contre les absolutismes."
Avant-propos