Présentation
Depuis 1945 et son invention par Jean Dubuffet, l’Art brut s’est installé durablement dans la scène de l’art contemporain. Des musées, des grandes institutions publiques, des collectionneurs privés et des galeristes ont procédé à d’importantes acquisitions dans ce secteur, entérinant de facto l’existence d’un marché spécifique et d’une spéculation concomitante. Si le marché de l’art soulève régulièrement des questions voire des indignations quant à la répartition de la valeur, ces questions prennent un relief encore plus saillant pour ce qui concerne l’Art brut.
Composée à son origine d’œuvres récupérées auprès de psychiatres et d’institutions asilaires, la collection composée par Jean Dubuffet est de facto assise sur un énorme flou juridique, à savoir le statut des œuvres créés par des personnes privées de leur liberté d’action par l’internement et/ou par leur qualité de majeurs incapables. La patrimonialisation de cet ensemble dans une institution publique, comme c’est le cas de la collection de Dubuffet dans le musée de Lausanne, met-elle un terme à d’éventuelles revendications d’ayant droits des successeurs ? Cette question s’étend bien évidemment aux autres institutions publiques en France et ailleurs, présentant ce type d’œuvres. Comment arbitrer le conflit entre le droit spécifique des musées défini comme l’inaliénabilité des collections publiques et celui des familles et descendants de ces auteurs enfermés ? Autant de questions qui, sur le plan juridique, interpellent tant les artistes, leurs familles, les institutions publiques que le public lui-même parfois confronté, dans cette esthétique également, à la fraude artistique.
Programme
9h00 : Ouverture de la journée
Ph. Augé, Président de l’Université de Montpellier
Guylain Clamour, Doyen de la Faculté de Droit et de Science politique de Montpellier
J. Masó, Maîtresse de conférences à l’Université de Barcelone
Agnès Robin, Maîtresse de conférences à l’Université de Montpellier
Histoire et conceptions de l’Art brut
9h15 : Art brut : invention du concept et historiographie de la collection
J. Masó, Maîtresse de conférences à l’Université de Barcelone
Les expositions d’Art brut versus les expositions de travaux thérapeutiques
E. Vogman, chercheuse co-responsable du projet « Madness, Media, Milieux. Reconfiguring the Humanities in Postwar Europe », au Bauhaus-Université de Weimar
Art brut et ayant-droit : le cas d’Auguste Forestier
B. Holley, Doctorant à l’Université de Barcelone
Sociologie du marché de l’Art brut
T. Verley, Post-Docteur à l’Université Côte d’Azur
Échanges
11h00 : Pause-café
Art brut et droit privé
11h15 : Droit des personnes et Art brut
Mélanie Jaoul, Maîtresse de conférences à l’Université de Montpellier
Échanges
12h15 : Pause déjeuner
Art brut et droit privé (suite)
14h00 : Droit des successions et Art brut
Séverine Cabrillac, Professeure à l’Université de Montpellier
Droit d’auteur et Art brut
Agnès Robin, Maîtresse de conférences à l’Université de Montpellier
Échanges
15h15 : Pause-café
Art brut et droit public
15h30 : Droit du patrimoine et principes d’acquisition des œuvres
Fanny Tarlet, Professeure à l’Université de Montpellier
Droit du patrimoine et principes de restitution des œuvres
C. Herschkovitch, Avocate au Barreau de Paris
Droit pénal et Art brut : la fraude artistique
M. Le Saux, Doctorante contractuelle à l’Université de Montpellier
Échanges
17h00 : Clôture de la journée
17h30 : Visite du Musée d’Arts brut, Singulier & Autres de Montpellier
Entrée libre
Colloque organisé par le LICEM, Faculté de droit, Université de Montpellier sous la responsabilité scientifique de Joana Masó, Université de Barcelone et Agnès Robin, Université de Montpellier, en partenariat avec le Laboratoire de recherche ADH – Université de Barcelone, le Musée d’Arts Brut, Singulier & Autres – Montpellier