Portail  Cours en ligne  Cours en libre accès  Grands problèmes contemporains

Grands problèmes contemporains

Grands problèmes contemporains

Auteur :  Isabelle Sommier
Spécialités :  Science politique, Sociologie et anthropologie du droit
Niveaux :   Licence 1 | Licence 2 | Licence 3 | Master 1 | Master 2
Examen & concours : CRFPA / Administratif.
Date de mise à jour : avril 2020

PrésentationPlanObjectifsPré-requis

Le cours est composé de 10 leçons :

  • introduction ;
  • Avènement et apogée de la société salariale ;
  • Des sociétés moyennisées ? ;
  • La recomposition des inégalités sociales ;
  • Les nouvelles fractures sociales ;
  • Le délitement du vivre-ensemble ;
  • La 8ème leçon sur le désenchantement démocratique envisage les conséquences des transformations sociales des dernières décennies sur le plan politique ;
  • Les deux dernières s'intéressent aux conflits sociaux, internes (leçon 9) et transnationaux (leçon 10).

Ainsi, après avoir envisagé les différents facteurs d’ordre économique et social de déstabilisation des groupes sociaux (leçons 1 à 5), le cours s’attachera dans un second temps à en éclairer quelques-unes des conséquences au cœur du débat politique sur le plan de la cohésion sociale, des solidarités intergénérationnelles et de la participation politique conventionnelle (l’acte de vote) comme non conventionnelle (les conflits).

 

 

Leçon 1 : Introduction : des sociétés en crise

Cette première leçon, introductive, vise à poser le problème qui va courir tout au long quasiment (à l’exclusion de la dernière leçon) de ce cours : la crise du lien social, déclinée sous différentes formes, consécutive au basculement de nos sociétés salariales depuis une quarantaine d’années avec le chômage de masse, de longue durée et la précarisation plus générale du salariat. Elle fournit ensuite les clefs théoriques (les représentations de la stratification sociale) et méthodologiques (l’outil statistique) essentielles pour comprendre les chapitres ultérieurs.

Leçon 2 : Avènement et apogée de la société salariale en crise

Cette leçon historique vise à retracer les grandes lignes des bouleversements que nos sociétés vont connaître à partir de la révolution industrielle, de l’extension du salariat à la construction de l’Etat social en réponse à la naissance de la question sociale, qui est d’abord la question ouvrière.

Leçon 3 : Des sociétés "moyennisées" ?

Les « Trente Glorieuses », et en particulier les années 1970, ont été celles d’une ascension sociale inédite pour les classes moyennes et populaires en termes à la fois pécuniaires avec la croissance du pouvoir d’achat, matériels avec l’accès aux biens de consommation de masse, et en termes de mobilité sociale ascendante, assurant aux enfants des conditions de vie très supérieures à celles de leurs parents. Aussi ont-elles donné lieu à des analyses saluant la fin des classes sociales et, en France, l’avènement d’une société « moyennisée ». Le retournement de conjoncture du milieu des années 1970 va toutefois enrayer ces évolutions au point que l’on puisse parler d’une repolarisation des sociétés contemporaines à la charnière du siècle.

Leçon 4 : Les métamorphoses du travail au 3ème âge du capitalisme

Le monde du travail a connu des bouleversements sans précédents au cours de ces cinquante dernières années : l ’emploi s’est féminisé, tertiarisé et urbanisé ; il est aussi devenu plus qualifié. Les contraintes associées au travail ont progressivement changé de nature avec la montée des flexibilités : moins de fatigue physique mais davantage de stress au travail. Surtout l’emploi apparaît plus « éclaté » : le règne de la grande entreprise industrielle, marquée par une organisation du travail de type fordiste ou taylorien, avec essentiellement des contrats de travail à durée indéterminée et à temps plein est aujourd’hui dépassé. On assiste à un émiettement des situations qu’il s’agisse des statuts et des situations d’activité entre l’emploi et le chômage, des durées et des rythmes de travail, des modes de rémunération ou même des unités productives.
Les transformations du travail du 3ème âge du capitalisme ont profondément déstabilisé nos sociétés fondées sur le travail. Elles ont provoqué à la fois la précarisation de ceux qui sont exclus du travail et une fragilisation générale du salariat qui n’est pas prête de s’éteindre quand on sait qu’en 2013, 86 % des contrats signés sont des CDD. En dix ans, le nombre de CDD de moins d'un mois a plus que doublé. Or, plus de 25 % des nouveaux inscrits à Pôle emploi sortent d'un CDD, contre moins de 3 % d'un CDI.

Leçon 5 : La recomposition des inégalités sociales

A l'aube du XXIème siècle, la question des inégalités est revenue au cœur des débats scientifiques et politiques. La croissance des inégalités de revenus est éclatante depuis vingt ans. Les inégalités de patrimoine sont plus grandes encore. Mais elles ne doivent pas occulter d’autres formes d’inégalités qui se maintiennent malgré des progrès : les inégalités entre les sexes, et les inégalités sociales face à la santé et aux loisirs.

Leçon 6 : Les nouvelles fractures sociales

Dans Le Destin des générations paru en 2002 aux PUF, le sociologue Louis Chauvel fut le premier à pointer du doigt une fracture majeure de la société française, désormais supérieure à ses yeux à celle entre les classes sociales : la fracture générationnelle. Le dernier quart du XXème siècle a en effet vu des écarts croissants se creuser entre les générations nées avant 1955 (ceux que Chauvel appelle les « insiders », car bien intégrés) et celles venues au monde après 1955 (les « outsiders »), au point que, pour la première fois en temps de paix, la situation de la génération suivante est plus difficile que celle de ses parents, ce qui est tout à fait inédit et particulièrement douloureusement ressenti. Les jeunes sont, plus que les autres, touchés par les difficultés d’accès à un emploi et à un logement, ils sont aussi davantage soumis à la précarisation du travail. Et ce malgré un niveau de qualification très supérieur à leurs aînés. Au sentiment d’un ascenseur social désormais en panne s’ajoute ainsi un désenchantement à l’égard de l’école républicaine qui semble ne plus (ou très mal) jouer son rôle intégrateur.

Leçon 7 : Le délitement du vivre-ensemble

La question du multiculturalisme, au sens de la coexistence de différentes cultures au sein d’une même société, est devenue depuis les années 1980 un enjeu croissant du débat politique en France, en même temps que s’exprimaient des craintes grandissantes sur, à la fois, la mondialisation et les migrations. Et son succès si l’on peut parler ainsi n’est sans doute pas étranger à l’éclipse du paradigme des classes sociales. Elle renvoie de façon immédiate à la fragmentation culturelle et aux discriminations ethniques. Mais la hiérarchie sociale se décline aussi dans une hiérarchie spatiale, et le mal-vivre frappe d’abord des espaces territoriaux sinistrés, faisant de la question sociale aussi une question urbaine.

Leçon 8 : Le désenchantement démocratique

Cette leçon s'attache à la crise de la représentation politique que l'on peut observer d'une part dans la défiance croissante à l'égard des partis de gouvernement et le développement corollaire des partis dits anti-système ; d'autre part dans la hausse des formes de non-participation électorale (vote blanc, non-inscription sur les listes électorales, abstention). On peut voir qu'elle touche particulièrement les catégories populaires qui, de plus en plus invisibilisées dans l'espace public, tendent à s'auto-exclure du débat par le retrait de la vie civique.

Leçon 9 : Le conflit du travail en berne

Les conflits sociaux ont connu de profondes mutations au cours des dernières décennies, avec un déclin des grèves et une désyndicalisation majeure.
Acteurs centraux des relations professionnelles et prototypes des groupes d’intérêts, les syndicats apparaissent partout fortement déstabilisés depuis plusieurs décennies, mais peut-être plus en France qu’ailleurs. A la crise quantitative affectant leurs rangs, qui témoigne de réelles difficultés d’adaptation aux mutations du salariat post-fordiste (voir leçon 4), s’ajoute une perte de confiance à leur égard, voire une défiance cependant moindre que pour les partis politiques.

Leçon 10 : L'Etat aux prises avec les relations internationales

La mondialisation est évidemment un phénomène ancien, mais c'est véritablement avec l'effondrement de l'URSS et la fin du monde bipolaire que le mot, traduction française de l'anglais globalization, fait véritablement son entrée sur la scène publique. Croissant, ce processus tend à remettre en cause « la conception traditionnelle de la société définie comme un ensemble de rapports sociaux territorialement circonscrits par des frontières nationales ». Nous l’envisagerons dans cette dernière leçon sur le seul plan de la conflictualité portée par des acteurs transnationaux légaux ou non qui peuvent remettre en question des choix politiques (exemple de la contestation de la mondialisation) ou s'attaquer frontalement à l'Etat au point de le mettre en défaut dans sa fonction sécuritaire.

Ce cours sur les « Grands problèmes contemporains » vise à donner des éléments de lecture aux interrogations croissantes sur le lien social qui se font jour dans les sociétés démocratiques occidentales depuis ce que j’appellerai le basculement de la société salariale (dont l’apogée se situe dans les années 1950) que l’on connaît à partir du choc pétrolier de 1973. Il a une double ambition :

  • historique : rendre compte de la naissance et de l’épuisement d’un modèle faisant du travail le pivot des relations sociales (du lien social aux sociabilités en passant par les rapports sociaux), modèle sur lequel se sont construites nos sociétés à partir de la fin du XIXème siècle (d’où un plan chronologique) ;
  • sociologique : éclairer les différentes facettes de ces transformations par des recherches qualitatives et surtout quantitatives, l’ensemble de la période envisagée étant aussi caractérisée par l’affirmation croissante, tant d’un point de vue académique que politique, des outils statistiques comme représentation du monde social et comme instrument de pouvoir.

 

 

Une bonne culture générale est requise, notamment sur le plan historique, ainsi qu'une certaine curiosité pour la chose publique. Il est ainsi recommandé de s'informer et de suivre l'actualité.

Quelques connaissances de base en statistiques sont utiles. On peut pour s'y familiariser aller sur le site Apprendre avec l'INSEE dont sont tirés quelques exercices proposés.

Cours sur le même sujet

Enjeux politiques de la mondialisation

Enjeux politiques de la mondialisation

A partir d’une analyse des dynamiques de mondialisation des vingt dernières années (développement des échanges transnationaux, élargissement des...

Culture générale

Culture générale

Ce cours comporte dix leçons (l’égalité homme/femme, les discriminations, les rapports religion/société, la citoyenneté, de la démocratie à la...

L'UNJF est soutenu par

Conférence des Doyens
Université numérique juridique Francophone
Avec le soutien de l'Académie des Sciences Morales et Politiques
Avec le soutien du Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation.
Copyright © 2021 Portail Universitaire du droit - Tous droits réservés
Une réalisation Consultech