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Droit et culture cinématographique

Droit et culture cinématographique

Auteurs :  Xavier Daverat, Gérard Bras, Antoine Chollet, Cécile Gornet, Pierre-Simon Gutman, José Moure (direction), Benoît Rivière
Spécialités :  Droit civil, Droit pénal et sciences criminelles, Justice, procès et procédure, Méthodologie et épistémologie du droit, Science politique
Niveaux :   Licence 1 | Licence 2
Date de mise à jour : mai 2022

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Le but de ce cours est d'offrir à un public de non spécialistes une première présentation du droit à partir de sources non spécifiquement juridiques : les leçons portent sur des films qui, par leurs thématiques, leurs intrigues, les parcours et les relations entre leurs personnages, mettent en jeu des questions juridiques. Il s'agit de s'appuyer sur la puissance de vulgarisation et les ressorts pédagogiques du cinéma. Les leçons, résolument ancrées dans les études cinématographiques, non seulement puisent dans les films matière à éclairer la connaissance du droit et stimuler une réflexion sur ces connaissances, mais entendent également contribuer à la formation des futurs juristes.

Les films ne sauraient pour autant être réduits à des documents supplémentaires proposés aux étudiantes et aux étudiants, que l'on se contenterait d'ajouter aux textes juridiques et aux exposés de doctrines déjà mis à leur disposition ou, comme on dit, soumis à leur étude ; pas plus qu'ils ne sauraient être réduits à des supports pédagogiques. Ces leçons entendent contribuer à la formation juridique des étudiantes et étudiants en droit tout en les rendant sensibles à ce que le cinéma, en tant que médium et art singulier, peut montrer, révéler, expliciter, des enjeux juridiques mis en scène dans les films.
De la scène judiciaire à l'écran, le passage est aisé, voire naturel, tant le procès est déjà de l'ordre de la représentation, et du spectacle. Les lois et leur application y sont mises en scène, dans un dispositif spectaculaire constitué d'une salle, d'une scène, d'orateurs en costume incarnant sinon un rôle, du moins une fonction, devant un public. À quoi s'ajoute la puissance dramatique des affaires jugées, en particulier les affaires criminelles, majoritairement représentées au cinéma.

Ce cours s'inscrit dans le cadre du projet Egalidroit porté par l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et a été réalisé sous la direction de José Moure, Professeur en études cinématographiques à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Introduction

Leçon 1 : Violence et loi dans les westerns de John Ford
Cette leçon analyse les westerns de Ford en se concentrant sur la manière dont le cinéaste met en scène les relations de la violence et de la loi, un des enjeux caractéristiques de ce genre cinématographique consacré à la Conquête de l’Ouest. Si tous les westerns articulent leurs histoires autour de l’opposition entre wilderness et civilization, structure de la frontière où se joue l’œuvre fondatrice des pionniers, tous ceux de Ford montrent que cette structure est moins une opposition frontale qu’une articulation dialectique. C’est particulièrement flagrant pour l’enjeu juridique et politique de la constitution d’une communauté, qui passe de la sauvagerie de la loi de l’Ouest à un état civil garanti par le droit.

Leçon 2 : Le procès et l’art du montage - À propos de Young Mister Lincoln de John Ford
Cette leçon se concentre sur un seul film de John Ford, qui n’est pas un western, Vers sa destinée (Young Mr. Lincoln, 1939). Voulant montrer le début de carrière du futur président, le cinéaste s’attache à sa découverte du droit et, condensant certains éléments biographiques, invente le premier procès gagné par le jeune avocat.
La dramaturgie du procès, en justice accusatoire, sert de structure à la dramaturgie du film et permet de faire réfléchir le spectateur à la nature du droit qui n’est possible qu’à la condition de s’écarter de la ligne droite de la vengeance, de prendre le temps de la réflexion, du recoupement des témoignages, parce qu’il se distingue de l’action vengeresse du justicier. Leçon de droit et leçon de cinéma se confondent ici.

Leçon 3 : Une pédagogie de la justice : Anatomy of A Murder d’Otto Preminger
Grâce à ses talents, un avocat réussira à innocenter un homme ayant tué le violeur de sa femme. En mettant en scène ce procès, Anatomy of a Murder montre la justice américaine en action, avec ses approximations, ses manœuvres et ses coups de théâtre. On découvre en fin de compte que la justice, pas davantage que la politique, ne consiste en une recherche de la vérité, mais est un affrontement réglé selon des procédures précises afin de trancher un différend.

Leçon 4 : Les mises en scène de procès dans des films hollywoodiens (1956-1962) : De quelques effets de distanciations
Cette leçon propose des analyses de mises en scène de procès représentés dans des films hollywoodiens de la fin des années 50.
A la fin des années 50, plusieurs films hollywoodiens ont mis en scène des procès. Plutôt que d’interroger la pertinence de classer ces longs-métrages dans un genre filmique particulier, celui des « films de procès », nous avons choisi de voir en quoi les choix de réalisation pour ces séquences de procès possèdent certaines caractéristiques communes à des films pourtant très différents. Il apparaît notamment que ces scènes sont surtout l’occasion, pour les réalisateurs, de créer des effets de distanciation entre les spectateurs et le film qu’ils regardent.

Leçon 5 : Représentation cinématographique des procès politiques
Cette leçon permet de faire surgir la manière dont la représentation des procès politiques montre une vision purement théâtrale et ritualisée des mécanismes de la loi, le processus légal devenant un spectacle pur, basé sur une dimension spectaculaire assumée.

Leçon 6 : Quelques discours fascistes dans le cinéma italien des « années de plomb »
Le cinéma italien a été, dès la fin des années 60 et dans les années 70, marqué par ce qu’on a nommé les « années de plomb », période de violence politique, de lutte armée de la gauche dite « extraparlementaire » et de terrorisme, qui a culminé avec l’enlèvement et l’assassinat d’Aldo Moro par les Brigades Rouges. Le fascisme est présent dans cette période, soit par nostalgie, soit par l’émergence d’une extrême droite dont on sait qu’elle a été responsable de nombre d’attentats visant à engendrer une déstabilisation du pouvoir dominé par la Démocratie chrétienne, et une reprise en main, éventuellement au travers d’un coup d’État sur le modèle de la Grèce des Colonels ou du Chili de Pinochet. Ce cours étudie cinq discours fascistes choisis tant au travers du « grand » cinéma politique caractéristique de l’époque que de films « de genre ».

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