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Sciences sociales en danger ?
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jeudi23juin2022
vendredi24juin2022


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Colloque

Sciences sociales en danger ?

Pratiques et savoirs de l'émancipation


Présentation

 

Une prise intellectuelle sur les conditions des pratiques de savoir est impérative, que ce soit dans les démocraties libérales ou dans les régimes autoritaires. Plus particulièrement, c'est la connaissance des faits sociaux qui est aujourd'hui sur la sellette. Sa relation à la politique est remise en question de différents côtés, et exige aujourd'hui d'être clarifiée.

Du côté des pouvoirs d'abord, où le rôle qu'on assigne aux sciences sociales alterne trop souvent entre celui de simples outils au service de finalités qui n'ont rien d'éclairé, ou d'obstacles encombrants dont il conviendrait de se débarrasser.
Du côté de ces savoirs et de leurs praticiens ensuite, trop facilement assurés de la fonction d'émancipation qu'ils remplissent, sans se demander en quoi, dans les conditions actuelles du débat politique et social, cette émancipation consiste réellement.

Si les sciences sociales sont essentielles à la vie politique, il est impératif aujourd'hui de s'efforcer de dire en quoi. Les accusations dont elles ne cessent de faire l'objet (« islamogauchisme », « wokisme », mais aussi, dans d'autres régimes que les nôtres, sédition ou trahison d'Etat), exigent que l'on reprenne le problème dans sa globalité, et que, loin de se contenter d'une attitude défensive sur ce qu'on pense être évident pour tous, on reconstruise les raisons pour lesquelles la politique moderne ne peut pas se passer des lumières des sciences sociales.

Les sciences sociales sont-elles en danger ? Quatre débats répondront à cette question.

Plusieurs chercheurs de différents centres se sont organisés en un groupe de travail à la demande de la Présidence de l'EHESS, pour décliner et analyser les dangers qu'encourent les sciences sociales aujourd'hui. Les réflexions et les travaux menés par ces derniers permettent aujourd'hui la mise en place d'un grand colloque public et ouvert à tous.

Ce comité scientifique a décidé de réunir des chercheurs d'universités et centres de recherches variés et internationaux. Parmi les établissements réunis, se trouvent l'Université libre de Berlin (Allemagne), l'EHESS, l'Institut de Technologie de la Géorgie (Etats-Unis), l'Université Emory (Etats-Unis), l'Université Paris 2 Panthéon-Assas, l'Université du Pays-Basque (Espagne), l'Université d'Athènes, l'Université Paris-Nanterre, le CNRS, l'Université de Strasbourg, l'Université libre de Bruxelles, le Hunter College (Etats-Unis), l'Université de Rutgers (Etats-Unis), l'Université de Lille.

Le colloque, à destination du grand public et du monde de le recherche, répond ainsi à la question suivante, posée à chacun des intervenants : « A quelles conditions les sciences sociales, telles que je les pratique, ont-elles l'effet émancipateur qu'elles devraient avoir ? ».

 

Programme

 

Jeudi 23 Juin

 

9h00 : Engagement dans les sciences sociales : contraintes et tensions dans le monde

Les sciences sociales, en tant que savoirs critiques et émancipateurs, sont exposées aux tensions politiques des contextes où elles se produisent.  Ces tensions varient selon les types de régimes, les régions, les conjonctures historiques ; elles se traduisent par certaines contraintes exercées sur le débat public et les conditions de la recherche et de l'enseignement. A partir d'une cartographie des situations, cette table-ronde identifie les enjeux auxquels les sciences sociales sont confrontées aujourd'hui.

 

13h00 : Pause déjeuner

 

14h30 : Les sciences sociales dans la cité : demandes publiques, contraintes, expertises

Les sciences sociales sont dans un rapport intérieur à la cité qui justifie qu'on les interroge et qui fonde un certain nombre d'attentes légitimes à leur égard, que ce soit de la part des pouvoirs publics, des différentes parties de la société civile, des médias ou de l'opinion publique au sens le plus large. Ces mêmes attentes peuvent être émancipatrices lorsqu'un échange réflexif s'engage entre ces différents acteurs. Elles peuvent aussi tourner aux injonctions, et faire naître des contraintes qui menacent le libre déploiement de cette forme de savoir. Cette table ronde réunit des chercheurs et des chercheuses dont les expériences ou les recherches propres éclairent les bénéfices, mais aussi les risques et les ambivalences associés à cette implication dans la vie citoyenne.

18h30 : Fin de la 1ère journée

 

 

Vendredi 24 Juin

 

9h00 : Identités : objectivation, déconstruction et adresse

La fonction émancipatrice des sciences sociales les place dans un rapport à la fois essentiel et complexe aux identités individuelles et collectives de tout type. Par les procédures d'objectivation qu'ils mettent en œuvre, ces savoirs participent des pratiques réflexives par lesquelles les groupes se constituent et prennent conscience d'eux-mêmes, mais elles éclairent aussi les dynamiques d'individualisation qui les traversent, les conflits identitaires qui s'y accusent, les résistances et obstacles que rencontrent les identités nouvelles qui se construisent. Ce rapport analytique et critique aux identités représente aujourd'hui l'un des lieux polémiques les plus vifs, où le régime de connaissance des sciences sociales comme leur portée politique sont mis à rude épreuve.  Cette table ronde décrit la façon dont ce lieu se configure, et peut être réinvesti en honorant les critères de scientificité propres aux sciences sociales.

 

13h00 : Pause déjeuner

 

14h30 : Autorité et autonomie des sciences sociales : construire une communauté de pairs

Si les connaissances produites par les sciences sociales peuvent jouir d'autorité dans l'opinion, c'est qu'elles se soumettent à des règles méthodologiques, à des modes d'administration de la preuve et de validation des énoncés qui valent pour l'ensemble de la profession. Ces critères sont définis de façon autonome, tout comme l'est l'évaluation de leur mis en œuvre par domaine de spécialité. Cette évaluation n'en est pas moins publique, sujette comme telle à la controverse et à la contestation. Dans la situation actuelle, la discussion publique a néanmoins pris des formes très radicales, allant parfois jusqu'au refus de scientificité. Mais surtout, c'est au sein même de la corporation savante que de tels conflits se sont accusés. Se pose alors la question, au sein des sciences sociales, de la construction et de l'autorégulation des communautés de pairs. C'est ce problème que cette dernière table ronde aborde : les pratiques des savoirs de l'émancipation et les règles qu'elles s'appliquent à elles-mêmes doivent être réfléchies aujourd'hui à nouveaux frais.

18h30 : Clôture

 

Les intervenantes & intervenants :
Cengiz Aktar, Politiste et professeur invité à l'Université d'Athènes
Valentin Behr, Politiste et chercheur résident à l'Institut d'études avancées de Paris
Barbara Cassin, Philologue et philosophe, médaille d'or du CNRS et membre de l'Académie française
Jean-Louis Fabiani, Sociologue, il a été directeur d'études à l'EHESS et est Professor of Sociology à Central European University à Vienne
Eloi Ficquet, Anthropologue et historien et maître de conférences de l'EHESS
Judith Friedlander, Professeure émérite d'Anthropologie ancienne doyenne des facultés des sciences sociales à SUNY Purchase, la New School et Hunter College (CUNY)
Catherine Gousseff, Historienne et directrice de recherche au CNRS
Olivier Jouanjan, Juriste et professeur de droit public à l'Université Paris-Panthéon-Assas
Nikolay Koposov, Historien et professeur à l'Institut de Technologie de la Géorgie (Atlanta, Etats-Unis) et à l'Université d'Emory
Smaïn Laacher, Sociologue et professeur à l'Université de Strasbourg
Justine Lacroix, Professeure de théorie politique à l'Université libre de Bruxelles
Marie Laudier-Fouladi, Sociologue et démographe et directrice de recherche au CNRS/EHESS
Cyril Lemieux, Sociologue et directeur d'études à l'EHESS
Dominique Linhardt, Sociologue, chargé de recherche au CNRS
Nadia Marzouki, Politiste et chargée de recherche au CNRS
Jennifer Mittelstadt, Professeure d'histoire à l'Université Rutgers
André Orlean, Economiste, directeur d'études de l'EHESS et directeur de recherches émérite au CNRS
José Maria Portillo Valdés, Professeur d'histoire contemporaine à l'Université du Pays Basque en Espagne et a également enseigné aux Etats-Unis, au Mexique et en Colombie
Jean-Yves Pranchère, Professeur de théorie politique à l'Université libre de Bruxelles
Janika Spannagel, Politiste, chercheuse affiliée à la Freie Universität Berlin et au cluster d'excellence SCRIPTS
Sylvie Steinberg, Historienne et directrice d'études à l'EHESS
Ewa Tartakowsky, Sociologue, chargée de recherche au CNRS, membre de l'ISP
Cédric Terzi, Sociologue, maître de conférences en Information et communication à l'Université de Lille
Jean-Philippe Uzel, Professeur d'histoire de l'art à l'Université du Québec à Montréal
Sebastian Veg, Historien, directeur d'études à l'EHESS et professeur honoraire à l'Université de Hong Kong
Lionel Zevounou, Juriste et maître de conférences en droit public à l'Université Paris Nanterre

 

Gratuit, 4 débats, bilingue ; possibilité de venir à toute ou partie des table-ronde organisées

En savoir plus sur le colloque : https://www.ehess.fr/fr/colloque-sciences-sociales-en-danger

Inscription : https://www.ehess.fr/fr/inscription-colloque-%C2%AB-sciences-sociales-en-danger-pratiques-et-savoirs-l%C3%A9mancipation-%C2%BB


Organisé par l'EHESS


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