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Origines et fondements de la souveraineté
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vendredi7février2020
vendredi15mai2020

Séminaires

Origines et fondements de la souveraineté


Présentation

 

Le séminaire interdisciplinaire Société souveraineté a pour vocation d’explorer les différents aspects d’un concept politique redevenu à la mode, la souveraineté, en l’interrogeant du point de vue de sa compatibilité avec la question de l’émancipation et de la justice sociales. Comment apprécier le retour de la souveraineté dans le débat public ? Quelles demandes cela trahit-il et comment le recours à ce concept pourrait-il y répondre ?

Après une première année consacrée à la question des frontières, nous remontons le temps à la recherche des origines (historiques) et des fondements (théoriques) de la notion. De quoi au juste la souveraineté procède-t-elle ? Monde romain ? Ecclésiologie médiévale ? Droit pénal moderne ?... Par contraste avec les premières tentatives de gouvernement républicain sur notre sol, quelle forme a-t-elle prise dans la jeune démocratie américaine ?... Nous terminerons l’année par une plongée dans les racines anti-souverainistes du père de la théorie juridique moderne, l’immense et influent juriste Hans Kelsen (1881-1973).

 

Programme

 

Vendredi 7 Février 2020

 

12h00 : Souveraineté du peuple ou des gouvernants ? Le cas de la Rome antique
Isabelle Cogitore, U. Grenoble Alpes, LITT&ARTS

Ma démarche sera ici une interrogation sur les termes qui peuvent désigner la souveraineté en latin, alors même que les Romains avaient, selon la tradition, juré de ne plus avoir de rois après l’expulsion des Tarquins en 509 av. J.-C. Dans cette situation, sous la République et l’Empire, existe-t-il un vocabulaire de la souveraineté et à qui s’applique-t-il ?

Isabelle Cogitore est Professeure de langue et littérature latines, UMR 5316 Litt&Arts. Elle s’intéresse particulièrement à l’histoire des idées politiques à la fin de la République et dans les premiers siècles de l’Empire à Rome. Elle a publié Le doux nom de liberté (Bordeaux, Ausonius, 2011) ainsi que plusieurs articles sur ces sujets.

 

Vendredi 20 Mars 2020

 

12h00 : La pénalité ou la souveraine impuissance de l’État
Jérôme Ferrand, U. Grenoble Alpes, CERDAP²

 

Vendredi 3 Avril 2020

 

12h00 : Une relecture critique de l’article de Kantorowicz, “Mystères de l’Etat : un concept absolutiste et ses origines médiévales” (1955)
Michel Senellart, ENS Lyon, TRIANGLE

Ernst Kantorowicz publia, en 1955, un article resté célèbre : « Mysteries of State: An Absolutist Concept and Its Late Mediaeval Origins » (traduction française in Mourir pour la patrie, Paris, Puf, 1984, p. 75-103). Selon une opinion largement répandue, il aurait démontré, avec une éblouissante érudition, comment ce concept dérivait du transfert des qualités mystiques de l’Église médiévale à l’État moderne. C’est dans les arcana ecclesiae spirituels que les « mystères de l’État » trouveraient leur origine.

Nous nous proposons de montrer que l’objectif de Kantorowicz, dans cet article, était à la fois plus limité et plus global. L’histoire du concept, en effet, y cède la place très rapidement à des développements sur le « pontificalisme » royal et la mystique étatique, ou « théologie politique », qui s’est développée jusqu’à nos jours. L’analyse de Kantorowicz laisse ainsi le champ ouvert à une autre généalogie du concept de « mystères de l’État », à travers la littérature juridico-politique d’inspiration tacitiste et machiavélienne, aux XVIe-XVIIe siècles, ce qui conduit à réinterroger les liens, à l’âge absolutiste, entre une conception « mystique » et une conception « technique » des arcana imperii.

Michel Senellart est professeur émérite de philosophie à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon. Dernières publications :

  • « A propos des anges des nations. Le problème théologico-politique du nationalisme selon Peterson », in Ph. Büttgen et A. Rauwel (dir.), Erik Peterson, éd. de l'EHESS, 2019.
  • « A propos de Saeculum de R. Markus », Revue de l'histoire des religions, 2019.

 

Vendredi 17 Avril 2020

 

12h00 : La souveraineté chez les Fédéralistes américains
Odile Tourneux, ENS Lyon, TRIANGLE

À chacune des étapes de leur histoire, les États-Unis se sont construits en regard de la notion de souveraineté. De l’indépendance jusqu’à l’adoption de la Constitution de 1787, l’exercice de la puissance souveraine est l’un des enjeux majeurs des tractations politiques tout comme de la réflexion théorique. Au fil des événements, les acteurs et théoriciens de la vie publique américaine repensent et organisent l’exercice du pouvoir légitime. Les Fédéralistes, pères fondateurs de la République américaine, imaginent un modèle tout à fait inédit et paradoxal de souveraineté : pour s’exercer pleinement, la volonté populaire doit à la fois être une et multiple, se déployer au niveau local et au niveau fédéral. La présentation explorera les modalités d’une telle conception paradoxale de la souveraineté.

Odile Tourneux est docteure en philosophie rattachée au laboratoire Triangle (UMR-5206, Lyon).

 

Vendredi 15 Mai 2020

 

12h00 : « Il faut en finir avec la souveraineté » (H. Kelsen)
Emmanuel Pasquier, chercheur indépendant, professeur en CPGE au lycée Pothier, Orléans

 

 

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