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Identité & identification par l'ADN. Enjeux sociaux des usages non médicaux des analyses génétiques

Colloque

Identité & identification par l'ADN. Enjeux sociaux des usages non médicaux des analyses génétiques

Du jeudi 11 octobre 2018 au vendredi 12 octobre 2018

Présentation

 

Si la grande majorité des études en sciences sociales dans le domaine de la génétique sont relatives à la santé, ce colloque s’en distingue par le fait qu’il concerne les usages non médicaux de l’ADN. Ceux-ci se développent depuis une vingtaine d’années, dans des domaines aussi divers que les enquêtes policières et judiciaires, les demandes de regroupement familial en cas de migration, les recherches en parenté ou l’identification de victimes. L’identification des personnes par rapprochement d’ADN a conduit notamment à la constitution de vastes fichiers dits d’empreintes génétiques qui se développent dans de nombreux pays. En outre, de nouvelles approches visent à établir des corrélations entre d’une part des séquences d’ADN, d’autre part l’origine géographique et/ou des traits caractéristiques de l’apparence physique des personnes. C’est dire qu’au-delà de l’identification des personnes, leur identité même peut se trouver influencée par ces approches qui sont au cœur des biopolitiques contemporaines. Plus généralement, les diverses techniques qui visent à l’identification des personnes agissent sur leur identité sociale. Certaines de ces techniques suscitent des débats moraux et politiques, voire des controverses, alors que d’autres n’en provoquent pas ou peu. Dans certains cas, l’ADN semble apporter des solutions à certains problèmes sociaux, alors que dans d’autres, il interroge de nouveau. Dans tous les cas, ces pratiques posent à nouveaux frais des questions classiques des sciences sociales. Elles contribuent en effet à reconfigurer un ensemble de frontières, ou pour paraphraser Ian Hacking, de « nœuds » sociaux, autrement dit de tensions résultant de tendances contradictoires : entre régimes de vérité et incertitudes, entre sécurité et liberté, entre identification et catégorisation des populations, entre souveraineté nationale et échanges internationaux.

NB : Le présentations seront faites en français ou en anglais. Une traduction simultanée sera assurée.

 

Programme

 

Jeudi 11 Octobre 2018

 

9h00 : Accueil

9h30 : Keynote

Expertise, common sense, and legal evidence : Reflections on DNA profiling controversies in the US and UK
Michael Lynch, Cornell University, USA

10h30 : Pause

 

Session 1 - Régime de vérité et incertitude

Présidente de séance : Joëlle Vailly, CNRS, France

 

10h45 : Inverting the inversion of credibility : Forensic genetics and other identification techniques in the post-PCAST era
Simon A. Cole, University of California, USA

La théorie de la preuve pénale face à l‘extension du recours à l‘ADN par les acteurs de la procédure
Pascal Beauvais, Elisabeth Fortis-Jodouin, Université PO Nanterre, France

The “technopolitics of likelihood” : the French National DNA Database (FNAEG) and the comparison of genetic profiles
Vololona Rabeharisoa, Florence Paterson, (PSL MINES ParisTech, France

12h15 : Discussion

 

12h30 : Déjeuner

 

Session 2 - Usages de l’ADN au cours des pratiques judiciaires

Présidente de séance : Florence Bellivier, Université PO Nanterre, France

 

13h30 : Displacing the gene : DNA as one among other technologies in family identification
Claudia Fonseca, Universidade Federal do Rio Grande do Sul, Brazil

Identification regimes and orders of truth : Negotiating scientific, legal and social certainties around enforced disappearance
Cath Collins, Ulster University, UK
Daniela Accatino, Universidad Austral, Chile

Utilisation de l’ADN dans les procédures pénales
Julie Leonhard, Bruno Py, Université de Lorraine, France

“Reconfiguring” the criminal trial : the role of DNA evidence
Oriola Sallavaci, Anglia Ruskin University, UK

15h30 : Discussion

15h45 : Pause

 

Session 3 - Souveraineté nationale et échange internationaux

Président de séance : Pascal Beauvais, Université PO Nanterre, France

 

16h00 : Souveraineté pénale, coopération policière et judiciaire et échanges d‘ADN
Florence Bellivier, Université PO Nanterre, France
Gaëlle Krikorian, Inserm, France
Christine Noiville, CNRS, France

Police epistemic culture and boundary work in the case of transnational DNA data exchange in the EU
Helena Machado, University of Minho, Portugal

17h00 : Discussion

17h15 : Fin de la 1ère journée

 

Vendredi 12 Octobre 2018

 

Session 4 - Sécurité publique VS libertés individuelles

Présidente de séance : Vololona Rabeharisoa, PSL MINES ParisTech, France

 

9h30 : “There’s no use for an empty database” : mandatory DNA collection in Brazilian prisons and the making of a national DNA database
Vitor Simonis Richter, Federal University of Rio Grande do Sul, Brazil

Enregistrement des profils ADN d’intervenants – enregistrement des profils ADN de condamnés : banques de données distinctes et perceptions par les intéressés
Bertrand Renard, Caroline Stappers, Inst. Nat. Criminalistique et Criminologie, Belgique

10h30 : Pause

10h45 : Usages de l‘ADN par la police. Les conditions épistémiques de l‘absence d‘un débat public
Gaëlle Krikorian, Inserm, France

Prolonging and extending suspicion. The social logics at work in police use of the French DNA database
Joëlle Vailly, CNRS, France

Striking a fair balance ? The UK national DNA database. Ten years after S & Marper
Carole McCartney, Northumbria University, UK

12h15 : Discussion

 

12h30 : Déjeuner

 

Session 5 - Phénotypage et origine des personnes

Présidente de séance : Christine Noiville, CNRS, France

 

13h30 : Written in our DNA ? Genomic ancestry testing and the reclaiming of ‘lost’ histories
Sarah Abel, University of Iceland, Iceland

Intersecting discourses of security, commerce and race. Forensic DNA phenotyping and biogeographical ancestry prediction in the German public debate
Matthias Wienroth, Newcastle University, UK
Denise Syndercombe-Court, King’s College, UK
Veronika Lipphardt, Albert-Ludwigs-Universität Freiburg, Allemagne

Views of forensic geneticists on the ethical boundaries of forensic DNA phenotyping: Enacting boundary work
Rafaela Granja, Helena Machado, University of Minho, Portugal

Revaluing race : Forensic genetics and phenotype prediction
David Skinner, Anglia Ruskin University, UK

15h30 : Discussion

15h45 : Fin du colloque

 

 

Entrée Libre - Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


EHESS - Amphithéâtre Furet
105 bd Raspail
75006 Paris

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