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Le néolibéralisme anglo-américain des années 1980. Construction, évolution et mondialisation d’un paradigme/modèle à la fin du XXe siècle

Appel à communication

Le néolibéralisme anglo-américain des années 1980. Construction, évolution et mondialisation d’un paradigme/modèle à la fin du XXe siècle

Colloque, 15 et 16 mars 2021, Université de Tours

Date limite le lundi 02 novembre 2020

Le colloque participe d’un grand projet intitulé « Le Libéralisme dans tous ses É/états » lancé en janvier 2019 à l’Université de Tours. Il a démarré par la tenue d’un cycle de séminaires publics mensuels. Ces séminaires de recherche pluridisciplinaire ont porté sur différentes aires géographiques, chacune se voyant consacrer un semestre d’étude. Auront ainsi été explorées des dimensions du néolibéralisme au Royaume-Uni, aux États-Unis, dans l’Union Européenne et dans les Amériques. De nombreux chercheurs sont venus apporter leur éclairage sur l’éclosion du (néo)libéralisme à travers l’histoire des idées et sur l’influence qu’il a eue dans les secteurs de la banque, de la finance et du commerce, tout comme sur la transformation de l'État providence (notamment dans les domaines de la santé, du handicap et de l’éducation) ainsi que sur les institutions politiques et juridiques.

L’équipe instigatrice du projet est composée de chercheurs d’ICD (Interactions culturelles et discursives - EA 6297) et de chercheuses de l’IRJI François Rabelais (Institut de Recherche Juridique Interdisciplinaire - EA 7496).

 

 

Argumentaire

 

« Le néolibéralisme » est souvent associé aux politiques économiques appliquées au Royaume-Uni (RU), sous l’autorité de la Première ministre Margaret Thatcher, et aux États-Unis (EU), sous celle du Président Ronald Reagan. Le 4 mai dernier, quarante années se sont écoulées depuis la première élection au pouvoir de Margaret Thatcher et le début de ce qui est toujours présenté aujourd’hui comme le tournant néolibéral anglo-saxon. Le recul paraît suffisant pour mener une nouvelle analyse de l’ancrage de ce tournant dans l’histoire, du point de vue de ses origines comme de celui de l’héritage qu’il a laissé, et pour remettre en perspective ce qui fut décrit à l’époque, de part et d’autre de l’Atlantique, comme « une révolution conservatrice ».

La première ambition du colloque est donc de situer les néolibéralismes économiques, juridiques et politiques développés au RU et aux EU dans les années 1980 par rapport aux divers concepts philosophiques, historiques, sociologiques, politiques, juridiques et économiques dont ils se sont réclamés (ou non), l’idée étant de comprendre ce qui les a liés dans un paradigme/modèle anglo-américain.

Cela nous amène à remonter le temps vers d’autres formes de libéralisme. Considérer, par exemple, le « libéralisme du New Deal », appliqué aux EU dans les années 1930 par le Président américain Franklin Delano Roosevelt, et qui proposait une conception dynamique des droits fondamentaux que seul un État fédéral fort pouvait garantir, nous interpelle quant à la réappropriation idéologico-lexicale ingénieuse du terme « libéral ». Une réflexion pluridisciplinaire émerge alors sur le paradoxe du « laisser-faire » imposé par l'État et, partant, sur la place et le rôle exacts de l'État dans le néolibéralisme Reagano-Thatchérien.

D’un point de vue économique - mais non monétaire, exception notable caractéristique du néolibéralisme Thatchérien - la fin des années 1970 a été marquée, aux EU et au RU, par un profond mouvement de déréglementation initié par les gouvernements dans de nombreux secteurs comme l’énergie, le transport, le commerce extérieur et, surtout, le secteur financier. Cette déréglementation interroge quant au dogme qui l’accompagne et selon lequel déréglementation, compétitivité, croissance et stabilité ne font qu’un. L’exemple du secteur bancaire et financier, notamment, offre un cadre d’analyse propice à une réflexion globale sur les fondements et les conséquences du libéralisme. Non seulement la déréglementation financière anglo-américaine des années 1980 s’est progressivement propagée dans le reste du monde, apparaissant comme une nécessaire adaptation des structures financières de l’économie aux besoins de financement des systèmes productifs modernes, mais elle est encadrée des deux plus grandes crises financières que notre histoire ait connues, en 1929 et en 2008.

La seconde ambition du colloque est en effet d’analyser la portée de l’essaimage du néolibéralisme Reagano-Thatchérien. Il s’agit, d’une part, d’explorer la question de l’héritage laissé au RU comme aux EU et, d’autre part, d’observer la réception du paradigme/modèle hors des frontières, dans les Amériques et en Europe (États européens et Union européenne - UE), qu’elle soit sous forme d’acceptation ou de rejet. On s’interrogera notamment sur la notion de transferts transnationaux par le biais de la circulation d’idées, le rôle des think tanks et la place de la Société du Mont-Pèlerin en complétant des analyses récentes qui s’ancrent dans des perspectives et méthodologies transnationales.

L’UE, dans son ensemble, est le théâtre d’une certaine transformation juridique, comme l’illustre l’ouverture à la concurrence des industries de réseau au tournant des années 1990 initiée par la Commission européenne. Cette transformation juridique se réclame peu ou prou du (néo)libéralisme et/ou de techniques de « gouvernance » issues du monde entrepreneurial. Dans cette perspective, il s’agira d’envisager non seulement les origines et particularités de cette « gouvernance  », mais également l’impact de cette dernière sur la manière de fabriquer du droit etsur le droit qui en résulte au niveau de l’UE. Plus largement, l’articulation, au niveau des Institutions européennes, entre le libéralisme à l’anglo-saxonne et l’ordolibéralisme antérieur d’origine allemande sera interrogée. Quelles ont pu être les concrétisations politiques, juridiques ou économiques de l’ordolibéralisme au niveau européen et dans quelle mesure ces manifestations ont-elles pu être confortées, ou au contraire remises en cause, sous l’influence du néolibéralisme anglo-américain ?

Il conviendra ainsi d’apporter un éclairage scientifique sur les tourments du présent, afin de contribuer aux débats nationaux et européens qui interrogent le paradigme du libéralisme social et le penchant au nationalisme et au protectionnisme.

 

 

Axes de réflexion

La problématique globale du colloque s’articule autour de trois questions fondamentales :

  • En quoi est-il possible de parler de paradigme/modèle de néolibéralisme anglo-américain ?
  • Quelles sont les racines visibles et invisibles de ce paradigme/modèle ?
  • Quel est l’héritage laissé par ce paradigme/modèle dans les deux pays concernés et qu’en est-il d’une transmission de ce paradigme/modèle à l’échelle globale ?

 

Sous l’angle économique, pourront être explorées les relations entre néolibéralisme et libéralisation à travers un questionnement autour de la convergence vers un modèle/paradigme unique :

  • des structures financières et des modalités de financement (relation entre financiarisation et marchéisation de l’économie)
  • des formes d’organisation des systèmes bancaires et des marchés financiers
  • des formes institutionnelles de la politique monétaire
  • des politiques économiques et du rôle des finances publiques
  • du dimensionnement secteur public/secteur privé et privatisation
  • des flux économiques et du commerce international
  • des formes de gouvernement d’entreprises…

Sous l’angle juridique, les thématiques suivantes pourront être utilement abordées :

  • le droit comme moyen aux fins d'un projet libéral
  • un/des droits (néo)libéraux ? - ou les éléments juridiques de définition du (néo)libéralisme
  • la place du droit dans le projet ordolibéral
  • l’attractivité et l’essaimage du système juridique anglo-saxon
  • les résistances et/ou adaptations des systèmes juridiques anglo-saxons et continentaux face au néolibéralisme
  • les particularités juridiques du New Public Management ; l’influence du NPM sur le droit français
  • l’influence du néolibéralisme sur les droits et libertés fondamentaux
  • le rôle des juges (nationaux et/ou européens) dans la conciliation des droits et libertés fondamentaux

Plus généralement, les contributions portant sur les thématiques suivantes seront appréciées :

  • le passage du libéralisme au néolibéralisme
  • l’articulation entre libéralisme politique, économique et juridique
  • les points de divergence et convergence entre ordolibéralisme et néolibéralisme en général et dans les politiques publiques de l’UE en particulier
  • la critique du modèle (néo)libéral

 

Modalités de candidature

 

Envoi en ligne des propositions :

Seront bienvenus des chercheurs en civilisation anglophone, en histoire, en sciences économiques, en droit et science juridique, en science politique, mais aussi des sociologues ou des philosophes et, plus largement, toute personne prenant intérêt à la recherche sur le néolibéralisme anglo-américain, sa construction, son déploiement, sa réception au-delà des frontières, qu’il s’agisse d’essaimage ou de résistance.

Les propositions de communication individuelle, de 600 mots de texte hors titres, sous format Word ou Pdf, sont à télécharger ici : https://neoliberalismes.sciencesconf.org/page/soumission 

Elles doivent contenir :

  • Le titre de la communication
  • Le résumé de la communication, précisant les sources, la méthodologie ainsi que quelques orientations bibliographiques, en 300 mots maximum en français ou en anglais
  • Une brève présentation de l’auteur, en 300 mots maximum

Si la proposition est acceptée, son contenu sera utilisé pour réaliser la brochure du colloque papier et électronique du colloque.

Nous attirons votre attention sur le fait que les frais de transport et d’hébergement (hors déjeuners et dîners prévus au programme) restent à la charge des communicants qui auront été sélectionnés.

Les propositions seront examinées en double aveugle par les membres du comité de programmation scientifique présenté ci-dessus.

 

Délai :

  • Date limite de téléchargement des propositions : 2 novembre 2020
  • Notification de l’acceptation / du refus des propositions : 15 décembre 2020
  • Date limite d’envoi des textes des communications : 1er mars 2021
  • Date limite d’inscription obligatoire au colloque : 8 mars 2021

 

Publications des contributions :

Les meilleurs travaux seront sélectionnés pour parution, au choix, dans deux publications différentes.

  • L’une, majoritairement en langue française, paraîtra sous forme d’actes de colloque ;
  • L’autre, en langue anglaise, sera une véritable monographie publiée par un éditeur étranger reconnu de type Routledge et Palgrave.

 

Deux comités de lecture seront composés le moment venu, incluant le comité d’organisation ainsi que des membres du comité scientifique.



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Conférence des Doyens
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